Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

dimanche, avril 23, 2017

Loutre : « Maman ! Les enfants playmobiles conduisent la voiture ! »
Maman : « Ah bon ? Ils n'ont pas leur permis ! Il faut qu'ils attendent d'être adulte pour ça ! »
Loutre, des trémolos dans la voix : « Mais maman… Les playmobiles, ça ne grandit jamais… ! »

Les playmobiles ne grandissent jamais !

vendredi, avril 21, 2017

 Comme à notre habitude, nous vous faisons part du résumé de notre semaine dernière. Ce fut une semaine un peu spéciale pour nous puisque la Loutre était inscrite à un stage de cirque dans la commune de Clermont l'Hérault. Nous sommes donc restés toute la semaine au bord du lac du Salagou.
Aujourd’hui la Loutre commence son stage de cirque et nous, nos matinées sans enfant, comme à l’époque... Pour cette première journée nous avons visité Clermont-l’Hérault. Et ben c’est pas jojo... Le centre-ville n’est pas vraiment hyper actif et pas vraiment joli non plus. De nombreux appartements sont à vendre et ne donne pas envie d’investir dans l’immobilier. Mais bon ça nous a quand même occupés. À sa sortie du cirque la Loutre n’a rien voulu nous raconter : « en premier on rentre, ensuite on mange et après je vous raconte ! »
Dans l’après-midi un popo réhaussé s’arrête devant notre parking (c’étais vraiment NOTRE parking, personne ne s’y est garé de la semaine). C’est un couple hollandais qui vit dans son t3 avec leur fils de 2 ans depuis septembre et qui est très sympa. Tellement sympa qu’on les invite à dîner. Hormis le fait qu’ils n’aient pas de chien, ils sont tout comme nous ! Nous passons la soirée ensemble autour d’un repas partagé fantastique pendant que les enfants se marrent dans l’herbe. Cette rencontre est l’une des meilleurs que nous ayons eu jusqu’à présent*.

--* Céline ajoute ici : Cette rencontre a été faite en grande partie en anglais, je suis bien moins à l'aise que François dans cette langue, j'étais parfois un peu à côté des discutions. Ceci dit j'approuve, ils étaient vraiment très sympa !
Trapèze pour la Loutre, tour à vélo pour nous. C’est notre dernier jour avec nos amis itinérants. Cette fois ce sont eux qui nous invitent à manger. Nous venons avec notre ratatouille et ils nous reçoivent avec une soupe de lentille génialissime ! Une fois encore nous partirons à la tombée de la nuit avec le regret de quitter une si bonne compagnie et la joie d’avoir croisé leur chemin.
Petite course, on trouve une jolie robe sur le marché pour le mariage de Juin et on part déjeuner avec Pascal. En rentrant de la piscine notre Louloute à l’air fatiguée. On finit la soirée à l’aire de jeu.
La Loutre est toute kaput, ses moniteurs de cirque sont prévenus. Bilan, elle a roupillé toute la matinée sur un tapis. De notre côté on a fait quelques emplettes à vélo. Notre Louloute dort en début d’aprèm et se couche bien tôt. Demain pour son dernier jour elle sera en super forme !
Céline dit au revoir à notre Loutre avant que je la dépose à son covoiturage (elle va passer le week-end avec ses copines) et je rejoins notre petite qui va, pendant une heure, m’expliquer comment on fait du cirque ! Je m’amuse beaucoup, la Loutre aussi. Elle me tient la main pour que je traverse le fil suspendu, me montre comment monter sur les boules et me coache pour le trapèze. Je crois que j’ai fait un bon élève, elle était très contente de moi. Ensuite nous nous sommes mis en route vers Nîmes (Caveirac plus exactement). Un petit coin tranquille nous y attendait.
On part faire de l’escalade sur la falaise de l’autre côté de la rivière. C’est toute une aventure ! La Loutre à son sac, de l’eau, des pommes, son baudrier, la totale quoi ! Comme d’habitude il faut accepter de tout installer, tout équiper, tout expliquer alors que notre vadrouilleuse va grimper la voie en 30 s, redescendre et demander à rentrer au camion. Notre Loutre elle adore grimper avec une corde mais une fois qu’elle est arrivée en haut pour elle s’est gagné, maintenant on peut rentrer.

En rentrant au camion un monsieur sympa nous explique que si on reste là pour la nuit ça va nous faire drôles parce que demain matin ils lâchent des taureaux jusqu’au village.

Fort de cette information, je nous trouve un petit coin un peu plus loin, toujours aussi beau et même un peu plus calme.
Ce matin il y a des taureaux qui fulminent dans un camion. On entend leur cloches et une vingtaine de cavaliers les attendent de pied ferme pour les guider jusqu’au coeur du village. Notre louloute préfère monter dans le porte-koala, Jedi n’en mène pas large non plus. Le premier lâché se passe en un éclair. Trois masses noires et cornues s’échappent flanquées de leurs cavaliers. Passé les vingt premiers mètres, leur allure ralentit et nous les rejoignons. Nous nous arrêtons à mi-chemin pour le deuxième lâché. Ici des jeunes tentent de faire une sorte de barrage en nappe de papier pour le convoi cornu. Par prudence nous nous sommes mis sur le côté. Cette fois les taureaux ne se sont pas calmés et c’est une vague de chevaux les contenant qui s’avance vers nous. Le problème c’est que face au barrage, ils préfèrent prendre un autre chemin et décident de nous foncer dessus pour le contourner. Avec Jedi et la Loutre, on passe entre deux chevaux, on se planque de justesse derrière un arbre et on laisse passer la vague cornue. Je suis bien content d’avoir pris la Loutre dans mon dos !

jeudi, avril 20, 2017

Ce n'était pas nécessairement voulu, mais il faut bien dire qu'on cumule
1/ La loutre est fille unique ;
2/ Elle est non scolarisée ;
3/ Elle vit sur les routes ;
4/ Ses parents ne travaillent pas ou peu.

Au final, nous ne pourrons pas y échapper, elle aura une petite enfance à part. A part parce que, c'est mathématique, il y a peu de chance qu'elle rencontre un jour une personne ayant eu une enfance similaire, parce qu'il y a peu de chance que quelqu'un d'autre comprenne ce qu'elle a vécu, qu'un professionnel de l'humain se soit penché sur ce que peut produire ce genre de circonstances. Nous ne savons pas. Je n'ai encore rencontré personne qui sait. Nous avançons à l'aveuglette, souriant gentiment à ceux qui nous prodiguent leurs conseils, contrefaits nécessairement parce que toujours basés sur leur propre enfance ou leur propre enfant, qui ne ressemblent en rien à ce que connait l'Adorable. Personne n'envisage une telle situation lorsqu'il parle de l'enfant. Nous avançons sans modèle, sans référent, conscient qu'il est primordial que nous soyons alertes et attentifs.

Pour certains, les solutions sont toutes trouvées : il lui faut un frère ou une soeur, il faut qu'elle aille à l'école ou il faut que ses parents se sédentarisent au plus vite. Pour nous cependant il est hors de question de croire qu'on ne peut que foirer une éducation dans ces conditions. Je crois qu'il n'y a aucune raison que la norme —ou toute tentative de rapprochement— fonctionne mieux qu'un autre mode de vie. La norme est plus documentée, cela est certain, mais malgré tout le recul dont elle peut faire preuve, elle comporte elle aussi des désavantages majeurs. Ainsi donc, il est hors de question pour nous de changer les choses sous prétexte que personne ne sait. Nous allons éduquer la Loutre de cette façon, et nous ferons aussi bien que nous en sommes capables.

Si nous devions récapituler la situation de l'Adorable, voici ce que nous dirions :

C'est une enfant parmi les adultes.

Nous avons beau squatter les aires de jeux autant que possible, visiter les LAEP dès leur ouverture, nous rapprocher des familles avec des enfants au premier regard, c'est un fait indéniable : notre fille vit au milieu des adultes. Dès trois ans, les enfants sont parqués des journées entières dans les écoles, ils sont totalement absents du paysage social. Il n'y a que la Loutre qui se promène sur ce terrain complètement libéré de la présence de sa génération. Elle vivra parmi une société qui est encore invisible, qui grandit loin de sa propre vie.

Elle et la société

Sauf que voilà, la société qui attend notre Loutre adulte ne sera pas constitué que de ses enfants élevés entre eux, il y aura aussi tous les adultes déjà présents aujourd'hui, juste un peu plus vieillis. C'est avec ces personnes-ci que vit notre Loutre. Ces personnes ne ressemblent en rien aux enfants. Elles ne jouent pas, ou peu. Elles travaillent souvent. Elles sont responsables de leur propre vie. Elles parlent correctement. Elles savent lire et écrire. Elles font leur propre choix. Non, elles ne ressemblent en rien aux enfants.

A tout ça, je dirais qu'il en ressort évidemment du bon, et du moins bon. Les personnes qui l'entourent font preuve de capacités intellectuelles bien supérieures à celles d'un enfant de trois ans, notre Loutre ne peut jamais se reposer sur ses lauriers auprès d'eux. L'Adorable est indéniablement tirée vers le haut. Par exemple, elle fait de grands progrès au niveau du langage (ce qui est plutôt son point faible je crois) et il est évident que ses capacités physiques et sa motricité sont fortement stimulées.

A côté de cela, il me semble que c'est une enfant très sécurisée. Par là j'entends qu'elle est tenue à l'écart des interactions nuisibles ou toxiques, de l'enfant pénible et de l'adulte violent. Les personnes qui l'entourent savent qu'elles ont affaire à une petite fille, ils sont à l'écoute et sont prêts à prendre soin d'elle. Notre Loutre fait donc preuve d'une belle confiance en elle. Je suis ceci dit attentive au fait qu'il est à présent important qu'elle prenne peu à peu conscience de ses propres forces et faiblesses (sociales, physiques et intellectuelles) et les distinguent des personnes bienveillantes qui l'entourent. Est-elle capable d'aborder quelqu'un sans notre secours ? Jusqu'où va son autonomie ?

La Loutre joue bien souvent seule, elle rêve bien souvent seule, elle est ce petit nuage d'innocence au milieu de ce monde trop sérieux. Très sérieux, oui, pour une enfant si jeune, même si notre vie est quand même plutôt cool. Nous devons nous rappeler que nous avons une toute petite parmi nous, qui a des besoins spécifiques. Un câlin parfois, une explication supplémentaire pour comprendre une situation, un jeu simple à partager avec nous…
Au final, je ne saurai jamais départager ce qui appartient à sa personnalité et ce qui viendra de son éducation. (la Loutre est-elle HPI elle aussi ? pourquoi est-elle si attentive ? d'où lui viennent ses capacités physiques ?) Je crois de mon côté que l'environnement amplifie ou réduit les caractéristiques personnelles mais ne les invente ou ne les détruit pas. Par exemple, ma fille est bronzée, oui elle vit à l'extérieur ce qui lui permet de bronzer plus vite mais si elle avait eu la peau blanche, même après 12 h par jour sous le soleil, elle n'aurait pas bronzé pour autant. Ou alors, souvent sceptique face à ce que l'on dit, dans un environnement qui admet aisément qu'on remette en question les règles établies, il est évident qu'elle n'est jamais remise à sa place sur ça.

Elle et ses parents

Nous sommes deux adultes pour une seule enfant. Ainsi, notre besoin réel d'attention est réduit. Nous connaissons bien notre sujet (même si, il est vrai, un enfant se redécouvre tous les jours tellement il change) et le partage des taches est plutôt easy. Le danger pour nous et de ne pas centrer notre attention et nos attentes exclusivement sur elle. Nous devons faire la part des choses entre sa vie et la notre, trouver le juste espace pour notre couple et les adultes que nous sommes. Comme il n'est pas question de faire vivre cette enfant dans le monde des adultes comme si elle en était un, nous ne devons pas vivre dans son monde d'enfant comme si nous y avions une place. Il n'y a rien pour départager matériellement nos vies, pas d'école, pas de travail à proprement parlé pour nous, pas de frère et soeur, nous devons alors conceptualiser toutes les distinctions et les faire naître par l'intelligence, parce que nous n'avons que cela.

Face à un enfant, il est important de lui faire comprendre que notre vie ne dépend pas de la sienne, et que la sienne ne dépend pas de la notre non plus, avec tout le relatif que cela comporte et sur lequel chacun peut jouer. L'interdépendance au sein d'une famille ou de la société est une information à travailler et modeler. Par exemple, il est évident que notre Loutre dépend matériellement de ce que nous voulons bien lui offrir. Le camion n'est pas à elle. Il lui faut notre accord pour qu'un fruit ou une tablette de chocolat atterrisse au fond du charriot. Nous décidons de l'heure du coucher, de celle des repas, et de notre itinéraire. Nous ne lui cachons pas cependant que cette dépendance n'est ni absolue dans le temps (plus tard, adulte, elle le sera beaucoup moins), ni résolument rigide (elle a quand même dans une certaine mesure voix au chapitre). De plus, cette dépendance est contextuelle. Par exemple, puisque notre Loutre s'interroge régulièrement sur la mort, nous avons abordé le problème de nos propres fins : que se passe-t-il sans maman, sans papa, sans Jedi ?
Réfléchir ainsi en famille nous permet de mettre en avant la place que nous offrons à l'amour. Oui, nous nous aimons François et moi, d'amour, et nous aimons notre Loutre, d'amour aussi très probablement. Cet amour cependant ne s'appuie pas sur ce que l'Adorable est capable de faire (oui, si tu te trompes en comptant jusqu'à dix, ma louloute, je t'aime toujours), il ne faut pas lui faire craindre la déception. Voilà qu'elles sont mes préoccupations en terme d'éducation, bien plus que la lecture ou les mathématiques, ou les noms des arbres et le pluriel de cheval et la femelle du cerf…

Moi parent, je réfléchis surtout à la place donnée à l'attachement, à la dépendance, à l'amour et à la déception.

Elle et vous

Pour tenter de donner un sens véritable à cet article, je vais ici parler de vous. Oui, il y a toujours quelque chose d'intéressant à prendre en compte, une personnalité ou une histoire particulière, lorsqu'on réfléchie à la vie. Voir en face sa propre réalité et savoir la reconnaître et la comprendre est une expérience de vie formidable. C'est une oeuvre pour l'intelligence et la paix. Là où l'on vous a appris à voir des contraintes, des erreurs, ou même des obstacles, apprenez aujourd'hui à voir des expériences, des richesses et des opportunités.

Nous, oui nous, nous devons continuellement faire cet effort d'observation et de compréhension pour vivre intelligemment parce que rien (aucun livre, aucun exemple) ne nous permet de l'apprendre autrement. Mais vous, vous, VOUS avez aussi cette obligation même si vous n'êtes pas hors-normes, même si tout se passe comme prévu, vous ne pouvez pas vous dire « Ouf, c'est bon » et vous reposez sur vos lauriers. Rien n'est absolu, rien n'est gagné d'avance. Nos enfants, nos compagnons et nos compagnes, nos amis, tous ont besoin de ces réflexions.

Si un jour vous manquez d'eau pour faire votre vaisselle (je ne vous le souhaite pas, hein, je joue simplement à imagine que…) ne vous dites pas : c'est mission impossible. Ne vous dites pas qu'il vous fait nécessairement trouver de l'eau quelque part. Ne vous dites pas qu'il faudra nécessairement manger dans des assiettes sales. Ne vous dites pas que faire la vaisselle est absurde et que les hommes du paléolithique s'en sortaient bien sans. Non, réfléchissez, avec votre coeur, avec votre âme, avec toutes vos connaissances et votre esprit et alors vous saurez la faire, cette vaisselle avec 25 cL d'eau, vous saurez. Même si vous ne manquez, au final, jamais d'eau. Même si votre enfant va à l'école. Même si vous n'avez pas d'enfant. Toutes vos questions et toutes les réponses que vous trouverez feront que vous ne passerez pas à côté des choses.

Ensuite, parce que votre travail ne s'arrêtera pas là, tournez-vous vers vos voisins et vers moi et dites : j'avais une vaisselle à faire avec 25 cL d'eau et voici ce que cela m'a appris de la Vie. Vous me parlerez de comment vous avez utilisé votre éponge, de quel savon vous avez choisi et moi j'entendrai parler du Soleil et de la sensibilité de la Vie. Parce que là, aujourd'hui, je vous ai parlé de l'éducation de notre Loutre, atypique dans les circonstances, ce n'est pas ce que vous devez y lire. Non, vous, vous devez y trouver un remède pour ne plus gaspiller votre eau lorsque vous vous rendez aux toilettes, ou lorsque vous faites la vaisselle. C'est ce que la Loutre me dit chaque jour dans son regard. Elle me dit : « Tu as peur pour moi parce que je ne vais pas jouer avec les autres enfants. Mais ce n'est pas ça que tu vois. Quand je me tiens ainsi à l'écart, tu y vois ta propre vie et la mienne, et tout l'espace qui les sépare et sur lequel les sourires que tu m'envoies ne peuvent rien…

Je sais que nous ne pouvons au fond qu'être autodidactes dans l'apprentissage de nos propres gestes. »

jeudi, avril 13, 2017

On est arrivé (grâce à Céline) dans un vrai petit coin de paradis. Je me la coule douce, la Loutre joue avec les fourmis et Céline profite du soleil pour mettre le nez dans le moteur.
Alors c’est quoi le problème ? Ça vient du calage de la pompe à injection ou bien c’est un problème électrique. En tout cas ça ne tourne pas rond et elle veut savoir pourquoi !
C’est l’affrontement ! Ce camion/salle de classe et trop petit pour nous deux. La Loutre veut apprendre à lire et elle n’aura qu’un enseignant pour ça. Le premier qui lui apprendra S - A - SA gagnera le droit de lui apprendre le reste de la lecture : que le meilleur gagne !
Aujourd’hui je veux grimper à Claret mais je n’ai pas prévenu grand monde. Céline me dépose avec Jedi au pied de la falaise et j’attends de voir si quelqu’un vient pour grimper avec lui. Il fait beau, les oiseaux font des acrobaties, les faucons font des aller-retour à leur nid et j’ai emporté Le Vol de l’Aigle de Jiddu Krishnamurti. Personne ne viendra troubler notre calme (hormis le gyrobroyeur dans les vignes du dessous). Si vous ne connaissez pas Krishnamurti, lisez-le impérativement ! 10 min de lecture entraîne 1h de réflexion et d’introspection. À 14h Céline me récupère pour les accompagner au LAEP.
Aujourd’hui c’est sûr, on va s’entraîner dur ! Je suis au pied de la falaise dès le petit matin. Je m’échauffe, je m’étire, je suis près. Objectif de la séance : faire comme si on était en grande voie dur et enchaîner plusieurs 7 d’affilés. L’idée est simple, on part de Jolie Bouse et on va jusqu’à Voodoo. Sauf qu’en fait Jolie Bouse est une grosse bouse et que les pas de bloc de départ nous fusillent les bras. Après trois voies, j’abandonne dans King of Bongo sans la finir. Avec Simon on se concerte et on décide d’aller boire un chocolat chaud (plan approuvé par la Loutre/koala qui redescend de son arbre à l’annonce du programme). On retourne ensuite à notre coin de paradis, on fait de la slackline et on se détend en somme. J’en profite pour repérer les voies du Verdon qui peuvent rentrer dans la liste. Je crois que je vais faire une liste spéciale Catsoyannis (nom d’un équipeur de voies géniales).
Wouhou la Reine du Pacifique est parmi nous pour le week-end ! On est super content de la revoir. Tellement content qu’on oublie de se coucher ! 
Heureux hasard, notre Reine du Pacifique fait de l’escalade et le Joncas est à deux pas de chez nous. Je ne suis jamais passé par le haut, c’est l’occasion d’essayer. Jedi n’apprécie pas trop les descentes en rappel mais la loutre se régale. On arrive au fond de notre canyon, on installe le hamac, on sort les pommes et le chocolat : la séance va être intense… On se décide quand même à grimper. La Reine fait une première voie suivie par Céline (ce qui ravira notre invitée), elle continue avec une autre un poil plus dur et elle finit même par faire un 6a en fissure. Pas mal pour quelqu’un qui ne voit pas souvent du caillou !
On finit notre journée par un petit bain dans l’Hérault sur un coin de plage tranquille.
L’amoureux de la Reine à la fâcheuse manie de tomber des falaises (sans corde). On part voir le village de Saint Guilhem et on en profite pour voir d’où il pourrait sauter et surtout où il pourrait atterrir.
La plage du Pont du Diable nous tend les bras lorsque nous rentrons. On va s’y baigner à la grande surprise des autres touristes. Il faut dire que l’eau atteint à peine les 15 °C. C’est l’heure de se quitter mais les filles ne sont même pas tristes. Elles se revoient dans une semaine pour un week-end entre copines. Le top quoi ! 

mercredi, avril 12, 2017

Ma fille est exceptionnelle.
Oh, je ne doute pas que vos enfants le sont aussi. Cela n’empiète rien sur l’exceptionnalité de ma fille ! et vice-versa.
Ma fille est exceptionnelle. Vous voulez un exemple ? Le voici.

Je suis quelqu’un de très étourdi et j’ai de plus un pouvoir magique vraiment enquiquinant. Regardez donc plutôt : je fais disparaître les objets. J’ai quelque chose dans la main… je n’y pense plus une seconde ou deux seulement… et l’objet disparaît définitivement ! Définitivement, vraiment. Vous pouvez tout ranger, déménager, refaire tous mes gestes derrière moi, vous ne remettrez jamais la main dessus. L’objet n’est plus.

Ma fille n’a pas la même intelligence que moi. Là où je fais preuve d’une concentration hors du commun, elle est capable d’une attention extraordinaire. Mon intelligence exclut pour être incisive, la sienne inclut pour tout savoir. Autrement dit, rien ne lui échappe. Même les forces invisibles qui jouent aux farces et attrapes avec le monde ne lui sont pas inconnues, si bien que lorsque mon pouvoir magique se met en route, elle est capable de le déjouer avant qu’il ne soit trop tard.

Par exemple, l’autre jour François rangeait ses affaires d’escalade. La Loutre le regardait faire en silence et moi je menais mes activités. Soudain, François se rend compte qu’il lui manque son rouleau de strap. Il commence à le chercher partout. Il retourne les baudriers et les cordes, se demande s’il ne l’a pas déjà glissé par erreur dans le placard… et commence à m’interroger. L’ai-je touché ? Je ne sais pas. Me suis intéressée au rouleau ? Oui, je me souviens bien de l’avoir vu. Je crains que mon pouvoir n’ait encore frappé. Nous entendons pourtant une petite voix fluette qui dit : « Il est dans la caisse des animaux. » Nous n’y faisons pas trop attention au début et la petite voix se répète. « Il est dans ma caisse de jeux. » Je demande à François de se taire. Nous comprenons enfin notre loutre.

« Essaie, dis-je à François, notre louloute voit tout. » François regarde dans la caisse. Le strap se trouvait bien juste au-dessus de sa tête, dans le placard du haut, dans la caisse des animaux. Elle n’avait pas été sortie pendant que François rangeait. L’Adorable n’avait touché à rien. Le strap y était cependant (ce qui est déjà merveilleux) mais notre loutre le savait (et ça, c’est absolument exceptionnel) ! Elle a vu faire les choses là où nous demeurons aveugles.

Nous utilisons cette petite très attentive comme aide mémoire. S’il y a quelque chose à ne pas oublier (prendre les gilets jaunes avant de partir, par exemple), nous lui en faisons part. Ce système est également capable de s’autodéclencher. Il n’est pas rare d’entendre notre adorable nous rappeler quelque chose que nous avons omis de réaliser comme prévu. Il n’est alors pas malin de changer le programme de la journée sans la prévenir, les rappels de ce petit être s’allumeront alors à répétition au point de vous faire croire à un dysfonctionnement. Il est dans ce cas indispensable de rallumer sa propre mémoire pour comprendre les dires de l’Adorable.
Cette attention n’est pas tous les jours évidente à gérer. Elle ne sait pas que nous ne voyons pas autant de choses qu’elle et je dois souvent faire preuve d’une intuition extrême pour la comprendre et surtout pour donner suite à ses questions qui sont exigences. Les réponses « Je ne sais pas, je n’ai pas vu » ne sont pas admises. Nous devons voir le nid en haut de l’arbre, la coquille d’œuf au milieu du parking et cette voiture rouge suspecte de l’autre côté du magasin parce que dix minutes plus tard, puisqu'après avoir épuisé les questionnements qui font suite à notre visite dans la supérette, il faudra interpréter celles de la sortie du parking.

À la manière d’un psychomagazine, je vous propose ici un test pour repérer les enfants majoritairement dans l’attention.

!…•…! Super Test !…•…!

  1. Bébé, il ne se cognait jamais aux coins de table et ne trébuchait pas sur les obstacles au sol parce qu’il les voyait. 
  2. Avant trois ans, il ne réussit pas les puzzles mais repère aisément les détails sur les pièces. 
  3. Avant quatre ans, en voiture, il est capable de reconnaître les lieux où vous êtes déjà passés plusieurs semaines auparavant et vous rappeler une anecdote à propos. 
  4. Ses questions proviennent autant des choses qu’il voit que des choses qu’il sent ou entend. Ses sens semblent tournés dans toutes les directions. 
  5. Au milieu d’une troupe d’enfants qui jouent, il est capable de vous parler d’une scène repérée à l’autre bout du terrain de jeux. Dans un capharnaüm, il entend même un son très faible. 
  6. Alors qu’il est censé être pris dans une activité, il répond à une remarque qui ne lui est pas nécessairement adressée.
Si votre enfant confirme cinq ou la totalité de ces points, il n’y a aucun doute : il est dans l’attention. Que faire alors ? Si vous êtes aussi étourdis et magiques que moi, n’hésitez pas à utiliser votre petit être pour conjurer le sort. =)

dimanche, avril 09, 2017

« On va à la piscine ? me demande la Loutre
— Oui, on y va demain.
— Oh super ! Je suis trop contente ! Je vais chercher mon maillot de bain…
— Attends louloute, j'ai bien dit demain. On y va DEMAIN.
— Mais hier tu avais dit que demain c'était aujourd'hui !!! … ?? »

Hier tu avais dit que demain c'était aujourd'hui !

mardi, avril 04, 2017

Dans les théories du complot, il y en a une catégorie qui nous fait bien marrer à chaque fois avec l’Explorateur, c’est celle des technologies révolutionnaires. Souvent à base de plasma, de fusion d’atomes ou d’énergie naturelle venue de l’espace et de la gravité… Toujours gardées secrètes par les grandes puissances qui ne veulent voir s’écrouler le pétrole et la fission nucléaire… Quelques fois distribuées gratuitement vers les pays défavorisés (c’est trop sympa!)… La NASA fait des recherches secrètes dessus… MAIS! Un chercheur plein de talent et de générosité distribue les plans gratuitement —on ne sait pas où, mais on a les photos de ses prototypes— et vous vend des cellules en état de marche pour, allez c’est pas cher du tout, 700 € frais de port compris.

Parce qu’on est des scientifiques qui ont tout gobé de ce que l’école leur a appris, incapables d’ôter les œillères qu’on a appliquées sur nos yeux, on n’entrave que pouic à leurs explications. Nous avions fait quelques recherches il y a quelque temps sur la très célèbre fusion froide, mais c’est avec le Magrav, développé par la fondation Keshe, que je vais rigoler aujourd’hui.
Ça envoie du pâté, ne trouvez-vous pas ?
Qu’est-ce que le Magrav? C’est un système qui reproduit le mouvement gravitationnel naturel des étoiles dans une bouteille en plastique. Sauf que, évidemment, ce ne sont pas les étoiles qui tournent dans votre bouteille mais juste des atomes de jus de citron et de carbonate de phosphate. Voilà un lien vers la recette, je n’ai pas tout retenu malheureusement. Pour moi, c’est juste une grosse pile. Enfin, si cette recette produit bien de l’électricité, hein, entendons-nous bien ^^ Sauf que non. Parce que truc-bizarre-incompréhensible-qui-n’explique-rien : ici on produit une affluence d’atomes alors que dans une pile, non. Ou l’inverse. Fin bref. On pige rien.

Et c’est bien ça qui nous fait bien marrer avec François. On n’y comprend toujours que dalle à ces théories. C’est bien là le principe je crois. Tout est construit de manière à nous faire miroiter une explication claire du principe. Ça prend bien 4 ou 5 paragraphes où ils —ceux qui ont compris le truc— ont le temps de vous présenter le revirement dans l’histoire de l’humanité que cette découverte augure. Puis, quand vous êtes bien chauds, ils se lancent. Atomes par là, plasma par ici, rappels qu’on a transmis les plans gratuitement aux ambassades africaines (quels pays d’Afrique? pfft, l’Afrique de façon globale, hein, on se comprend? — NON!), gravité qui tourne de façon cyclique par magie, petit aparté sur Dieudonné (qu’est-ce qu’il vient à voir là-dedans celui-là?), on t’explique pourquoi le Magrav fonctionne parce qu’il a une influence sur TOUT l’environnement (histoire qu’à force d’élargir ton cerveau, il explose), et voilà! C’est simple, non? Tu as compris? Tu peux le construire chez toi dans ta cuisine? Non? Alors achète-le et économise 90 % d’énergie grâce à notre cellule toute prête. Je ne te rappelle pas le prix, tu as bien dû le retenir…

C’est ça qui me fait tant rire quand je lis ce genre de texte : ils mélangent tout, mais alors tout de chez tout. On dirait pourtant que c’est clair comme de l’eau de roche dans leur tête, ils ont l’air d’être à l’aise avec leurs pensées, mais quand je les lis j’ai l’impression qu’ils voient les choses de façon tellement laaaarge… De la même façon que fonctionne le Magrav, tiens! Je vous copie ici un petit exemple pris sur le site fondationkeshe.blogspot.fr qui vous explique ce qu’est le plasma :
Le plasma se trouve partout autour de nous - dans l’air, nos corps, autour de la planète et dans l’espace. À travers les nano-revêtements, cette énergie débordante est alors convertie en énergie utilisable qui peut alimenter des appareils à la maison. Tout comme ramener chez eux un nouveau chiot, nous avons besoin de former l’unité d’alimentation Magravs pour satisfaire nos besoins en énergie, ainsi que pour nous entraîner à comprendre le système. Il ne suffit pas de brancher et de jouer. Il est plug and play inter - VOUS êtes 1 part de toute connexion! Il est temps pour l’humanité de renouer avec le monde du plasma énergique! Par conséquent, il est crucial de nano-coter tous les fils progressivement et systématiquement à travers le Power Unit Magravs. Il est important de se rappeler qu’une fois l’unité Magravs est connectée et allumée, il ne faut plus éteindre ou débrancher l’appareil à partir de là. IL FAUT continuer à fonctionner en continu pour qu’il fonctionne efficacement.
Comment parler de nano-trucs, d’adoption de chien, du fait que dans l’univers tout est relié en quelques phrases… Et ça, c’est censé être cohérent?

J’ai bien ri en lisant qu’un site très sérieux qui a pour vocation de nous faire découvrir tous les complots cachés sur Terre (stopmensonges) avait lancé une grande campagne de financement pour s’acheter l’un de ses engins et enfin savoir si ça marche vraiment ou pas!!! Ouh ouh! C’est super intéressant, ça, ne trouvez-vous pas?

Vu que la petite quête a été lancée l’année dernière, nous avons pu avoir connaissance de toute l’histoire ce soir. Je vous récapitule ce que nos recherches nous ont appris :
  • La campagne a bien fonctionné : ils ont réussi à récolter bien plus d’argent que nécessaire! (ahah! ils n’ont pas arrêté les donneurs une fois qu’ils avaient reçu assez d’argent, les malins! Ça me fait penser aux pratiques de la Croix-Rouge américaine à Haïti)
  • Ils ont donc effectué plusieurs tests avec des multimètres. Test numéro 3 : ils obtiennent une intensité normale (normale de quoi? ça, personne ne le dit ^^) de 0,8 mA! Le pied!!
  • En fait non, ils avouent, ça ne marche pas. On s’était trompé. Mais même là, ils sont incapables de faire des phrases claires. En fait ils n'avouent rien.
  • Et puis c’était eux les arnaqueurs en fait. Ils ont gagné de l’argent avec leur compagne et maintenant ils font croire à tout le monde que c’est le Dr Keshe l’arnaqueur.
  • Cette année, Magrav devient Power Plasma Unit (PPU) parce qu’avec toutes ses histoires d’arnaque, la marque a pris un coup, je pense, et les gens s’embrouillent. Et ce n’est surtout pas ce qu’ils veulent, que les gens s’embrouillent.
Comme quoi, je crois qu’on n’a pas fini d’en entendre parler!

Je me demande à présent si Google n’est pas une multinationale mais en réalité une multinuversale. Le moteur de recherche fonctionne dans plusieurs univers parallèles et parfois, il couaque, et nous permet de lire les pages d’un univers qui ne nous appartient pas. Disons que dans cet autre univers, la physique est telle que le Magrav fonctionne, ou du moins qu’il y a des chances qu’il fonctionne. Le Dr Keshe développe sa machine et est très enthousiaste. Il fait des conférences sur son travail. Les robots de Google référencent sa vidéo mais dans leur base de données, une erreur se glisse! Il pense que cette vidéo a les autorisations requises pour être vue dans notre univers. Des gens tombent dessus, sont convaincus par le Dr. Evidemment, puisque le docteur ne ment pas vu que dans SON univers ça peut marcher. Personne ne peut les démentir. Le Dr commence à commercialiser son truc et… il se passe plein de trucs pas cool pour lui dans son univers. Des gens de notre univers qui suivent l’histoire de près croient encore que ça se passe chez eux tout ça… Ils arrivent même à passer commande du truc! Mais vu que les transporteurs ne peuvent pas passer d’un univers à l’autre, l’argent se perd. On croit à une arnaque, mais non. Il y a une explication LOGIQUE.

Enfin, c’est la seule explication plausible que je vois à toute cette affaire. J’ai beaucoup de difficulté pour imaginer tout le mal que peuvent produire dans un esprit humain les bavures de la multinuversale Google. Leur univers devient d’un coup si compliqué… (sauf l’Afrique, hein, ce super connu État continent!) Pas facile de faire rentrer dans un cerveau un truc à la fois complètement impossible mais soutenu par des résultats, des chercheurs respectables et des usines qui en fabriquent déjà des millions. Les neurones se mélangent les pinceaux, un chiot par là pour consolider une connexion (il fait comme il peut, pardonnons-leur), même un ostéopathe s’y met, quelques nano-particules parce que c’est un produit miracle (enfin, il paraît).

Et je lis ceci sur la doc officielle du Magrav :
Une des idées fausses est que toute réduction de la consommation d’énergie peut être vue par un mesureur de puissance fixé à la prise du mur où l’unité Magravs est branchée ou derrière le principal compteur électrique. Ce n’est pas le cas parce que l’énergie du plasma Ne peut pas être mesurée avec les compteurs classiques que nous utilisons aujourd’hui.  
À présent c’est clair : même EDF ne verra pas que vous faites des économies sur votre électricité parce que votre compteur n’y verra que du feu. En fait, vous ne ferez qu’économiser l’énergie du monde parallèle du Dr Keshe. C’est une machination de ce monde parallèle contre le nôtre. Avec leur engin, on leur refile notre jus et eux, ils regardent la télé et passent l’aspirateur gratos… CQFD, j’ai tout compris.
en fait, c'est une entreprise hyper-sexiste qui refuse même de reconnaître les noms communs féminins.
ou bien, dans cet univers parallèle les femmes n'existent pas.
ce qui expliquerait beaucoup de choses.
Mais en fait, ce n’est peut-être pas si anodin que ça. Tout juste l’année dernière, j’avais un ami pourtant ingénieur comme moi pourtant intelligent comme moi qui s’était rapproché d’un truc dans le genre développé secrètement par la NASA avec plein d’usines nouvelles en Afrique (je dis ça au pif, les pays et moi ça fait deux) et qu’ils recherchent des jeunes ingénieurs comme lui pour faire fortune en important la technologie révolutionnaire en France. Il m’en avait parlé avec des étoiles dans les yeux, le cœur qui bat fort, et je n’avais pas eu le courage de lui parler de la fusion froide (peut-être que François l’avait fait?) tout en souhaitant très fort pour lui que son histoire magnifique meure rapidement dans l’œuf.

C’est flippant tout ça, n’est-ce pas?

Style : Voie équipée
Dénivelé de difficulté : 230 m
Longueurs : 7
Cotation : ED+ 7a/6c/7a/7a/7b+(+)/7a/6c+
Le cirque du bout du monde.
Courir 10km c’est dur mais pas trop. Courir quatre fois 10km c’est faire quatre fois un truc dur mais pas trop. Donc globalement, courir un marathon ça ne doit pas être trop compliqué. Vous voyez un peu où est l’erreur de logique… ? Une grande voie c’est un peu comme un marathon, on peut savoir passer un 7a, ça ne veut pas dire qu’on peut en enchaîner 5 à la suite. Cette voie je vais la raconter (en partie) mais pas la cocher dans ma liste (pour l’instant). Déjà parce qu’on n’a pas réussi à la finir et ensuite parce qu’on s’est littéralement fait moufler (c’est-à-dire que les mecs qui étaient en haut nous ont remonté grâce à leur corde et qu’on a fait qu’effleurer les prises au passage) sur la dernière longueur.
C’est encore une face nord, encore une voie d’Arno Catzeflis et le topo est sur le site de Scalata Nature.
L'itinéraire de Calibre 12.

L0

Pascal, qui préfère largement faire de la couenne (des voies d’une seule longueur), est chaud pour venir avec moi en grande voie mais il n’est libre que le week-end. Ça fait une semaine que je guette la météo pour voir s’il est envisageable de faire Calibre douze ce week-end. Il a plu une bonne partie de la journée de samedi. Avec Pascal on se dit qu’on ira au pied de la voie et qu’on avisera sur place. Pour le dimanche il n’annonce pas de pluie mais pas de soleil non plus et pas mal de vent. En plus je sais qu’on ne sera pas seul : Simon, mon partenaire de la Walker des Garrigues a prévu de la faire le même jour. Il ne voit pas d’inconvénient à ce qu’on soit 2 cordées dans la voie. Il est super efficace niveau manips de cordes, ce sera sûrement lui et son co-équipier qui partiront en premier.
Le matin du dimanche il fait grand soleil, le caillou à l’air sec, ça devrait être jouable. Je retrouve Simon au Pont du Diable, il me prête des cordes, on discute un peu, eux aussi vont tenter le coup aujourd’hui. Pascal me rejoint, on se met en route, la matinée est vraiment belle, ça s’annonce bien. On rentre dans le cirque de Saint-Guilhem et là on se prend une grosse rafale de vent. Bon, il y aura du vent, dommage. Sur la face nord on distingue déjà Simon et son compagnon de cordée, Tom, qui est déjà au crux de la première longueur, ça n’a pas l’air évident.
Simon et Tom dans L1.

L1

On a rejoint Simon et Tom au pied de la voie. Tom n’a pas réussi le crux du premier 7a, c’est Simon qui s’y colle. Il tente plusieurs trucs mais n’arrive pas à passer. Il reste pas mal de longueurs derrière, il se trouve donc un autre chemin en passant par un arbre pour rejoindre le relais.
Il est pas loin de 11h30 et c’est au tour de Pascal de partir. Même galère dans le crux mais il finit par passer et me prévient qu’il y a un pas dur. En le rejoignant je constate qu’un maillon rapide a été laissé dans le toit du crux. Une cordée s’est lancée dans cette voie et a décidé d’abandonné dès la première longueur, ça fait pas rêver pour la suite de la voie… Le sac pèse une tonne dans le surplomb mais ça passe. Pour les autres longueurs, le sac suivra sur un autre brin de corde.

L2

Pascal qui était en tête dedans n’a pas apprécié la fragilité du rocher et il a serré les prises trois fois plus qu’à la normale. Cette longueur en 6c est assez agréable pour moi qui suis en second, d’autant que je n’ai plus le sac à tracter.
Pascal réfléchi un peu dans le 6c de L2.

L3

Il n’y a plus de soleil et le vent est toujours aussi froid. Pascal part dans ce 7a présentant deux ressauts. Au bout de quelques mètres il se rend compte qu’il est passé à côté d’un des points (déjà pas très nombreux). Soit il fait exprès de tomber pour recommencer en passant au bon endroit, soit il tente de traverser pour rejoindre le point et prend le risque de tomber, soit, encore, il décide de sauter ce point et de rejoindre le suivant (et là il n’a plus le droit de tomber du tout…). Il se lance vers le point suivant, plus de 10m dans du 7 avec en prime du rocher plutôt fragile, ça va qu’il est solide le gars ! Je le retrouve au relais (sans passer ni par le même chemin ni par les mêmes questions existentielles), il est un peu dégoûté. En plus d’être risqué, son passage était moins beau et plus fatigant que l’original.
On profite d’être sur une super terrasse herbeuse pour casser la croûte. Pendant qu’on mange on entend des hurlements et des bruits de dégaines qui claquent : Simon est dans le 7b+ et ça n’a pas l’air facile. On est bien installé mais on est gelé.

L4

Je suis bien content de partir en premier, je suis congelé ! Cette longueur en 7a est plutôt sympa mais quelques prises me restent dans les mains. Je suis loin de faire l’enchaînement, la fatigue commence à se faire sentir et je grimpe entre les points en me reposant à chaque dégaine. Quand j’arrive au relais Simon est toujours en train de lutter avec le 7b+, il parle des possibilités de réchappe avec Tom. Ce dernier est complètement congelé, il assure depuis une bonne heure, il se met à pleuvoir… ça commence vraiment à sentir la loose cette journée.
On dirait presque qu'on s'amuse non ? 

L5 de Simon

Simon prend la plume pour nous raconter son ascension de la cinquième longueur.


Bonjour bonjour ^^ Bon j'en profite pour laisser un ((petit)) commentaire sur cette voie.
Bon pour ma part j'ai fait toute la tête et donc le fameux 7b+(+++++++++++++++++++). Dans un premier temps faut savoir deux choses : j'y ai passé 1h35, dans cette longueur, et ce fût un combat de dingue. Voici mon récit.

Je pars du relai par la gauche après avoir mis le premier point tranquille (ça fait plaisir un bon point de renvoi). Là, je commence déjà réfléchir à comment je monte pour mettre le point sous le surplomb. En fait, en ne me mélangeant pas les mains ça va ça passe. Bon ce surplomb me laisse songeur (gauche ou droite?) perso, je me mets 10 cm au dessus du point posé sur un crochet (de merde !!) pour regarder. Finalement je pars à droite en prenant une succession de petites réglettes pas trop bonnes mais ça monte. J'arrive vers l'inversée pour le clippage et là, ben c'est la merde!!! 

Normalement je pose mon crochet et quand je repars il tombe tout seul et reste pendu par son leech. Ben là, vu que c'est pas mon crochet habitue,l il est resté dans son trou... Deux pensées: je lâche tout donc facteur deux sur crochet = plus de crochet et un gros mouv bloc à refaire??? Euh… non merci ! Je dé-escalade et décroche mon crochet et remonte à l'inverse et clip avec bonheur !!!!

Devant moi, un mur noir avec une prise un peu pourrie pour la main droite. J'essaie, je monte, choppe des réglettes plutôt correctes à gauche sauf une mouillée. La galère ! Pas de quoi monter clipper et moi qui espérais un truc correct ! Ben hop je m'envole !!!

J'y retourne 2-3 fois, puis Tom Guérin me dit « pédale » pour chopper le truc de droite. Pas mal mais bon faut grimper quand même et surtout prendre les même petites réglettes ! Et là miracle, la réglette mouillée ne l'est plus !!! En fait, en la prenant, j'ai écrasé un peu d'herbe et rendu glissante la prise, elle n'était pas mouillée. A force d'y monter je l'ai séchée, alors je continue vite vite vite car je suis dobbé depuis environ deux longueurs. Je mets la main gauche dans un trou, bien sûr pas de bac mais bien rentrée et bien sur les pieds, je clippe. Ouf ! Je pense que cela va se calmer.

Ben comment dire euh… Début de la débandade !!!!! je monte, ouïe ! Plus rien dans les bras, je vole. Je vole encore. J'y retourne, je monte avec toute la hargne possible jusqu'au point au niveau des épaules. Je suis mort je tiens rien, mais je suis haut aussi et j'ai peur. Je veux pas tomber ! Je cherche désespérément un bac tout en sentant le vide qui commence à me tirer de plus en plus fort. Je suis tellement mort que lâcher une prise pour clipper est impossible. D'un coup le vide s'énerve et m'arrache du rocher.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHH!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

10m plus bas, après avoir vu passé 3 points à 180m du sol, je m'arrête avec ma corde en tapant la fesse gauche.
Bon fini les conneries, on sort l'artillerie lourde, les deux crochets et les pédales qui vont avec. Ben le problème du dévers avec des plats c'est que les crochets tiennent pas. Je monte avec et donc je m'envole !! Dobbé et artif sur dur… plus Tom qui est rincé depuis la première longueur… le bilan commence à être bien noir... Et je le vois le PU***N d'arbre de sortie !

Je repars en artif, je coince le crochet dans une lunule… BOUM ! La lunule pète et je vole. Tom, le pauvre, qui devait souffrir du froid, commence à me parler de réchappe... Bon je mets un dernier essai en libre, je pars. Et je pars avec une prise ! Ça compte pas comme une essai j'ai fait 75 cm !

Je reste suspendu, je ferme les yeux, me calme, et réfléchis à ce que je dois faire... Je repars, je tiens les plats, j'arrive là où les pieds sont durs à utiliser et les mains mauvaises. Je change de tactique et tente une pince main droite CRAC ! Elle verrouille à ma grande surprise (mais avec une joie immense !), je la regarde 1/10 de seconde, surpris, en ne pouvant m'empêcher de me dire que les heures avec Mathieu Besnard ont payé sur cette pince ! Et je monte main gauche sur un nouveau plats plus à gauche mais du coup mieux sur les pieds, PAF ! Il tient avec un peu de coincement de doigt en supplément. Je choppe une dégaine de manière précipitée, mais précise, et je clippe ce satané point qui m'a tant mis dans le dur. Nom de Dieu je suis passé !

Tom me crie que j'ai eu raison de m'acharner. Cela me fait du bien et je me dis qu'il a été super. Assurage parfait, patience énorme, j'étais content d'être avec lui. Bon c'est pas fini. Un arbre intermédiaire, je m'y vache pour regarder la suite.

MAIS NON c'est pas vrai ! Ça m'a l'air lisse de chez lisse ! Je regarde gauche-droite ??!! Je suis perplexe. JE suis explosé physiquement et maintenant, sérieusement entamé mentalement. Bon je mets un point sur l'arbre et tente un coup. Les bras tiennent, je monte donc, trouve les prises, j'arrive main gauche sur le bac pour clipper. Et là horreur, je suis tellement mort que même ça, je n'y arrive plus !!! Je vérifie mes pieds, pied gauche à plats sur rien, pied droite dans un micro truc pourri mais ça tient, mais pour combien de temps... ? Je redescends mes bras sur des petites réglettes et commence un long, long, très long travail de délayage... Mon second se demande ce que je fous et pourquoi je la clippe pas... ! A chaque tentative pour remonter mes bras sur le bac, rien ne serre dans mes doigts... Je redescends et délaye, j'ai encore peur de la chute et mes jambes battent la mesure donnée par mon coeur... Je délaye, je délaye, et d'un coup après 5-10 min sous ce point, ma main gauche tient. Je ramène la droite et clippe en libre, sinon croix de fer pour se tenir au point !

Cinq minutes avant le sommet, ça va le faire !!!!! Je vois une fissure et décide de profiter des mes derniers fragments de moral et de pseudo-forces pour monter vite.

Le point suivant part à droite dans un truc moche. Je décide de ne pas le prendre. Au pire, ça fera le même engagement que les points d'avant. Je monte en suivant la fissure et des bacs sur lesquels je mets tout mon poids en sachant qu'ils ne demandent qu'à descendre. Je suis de nouveau mort de chez mort, mais je suis à un mètre de l'arbre de fin !!!!!!! Je décide de me coincer pour ne pas forcer, je trouve un vague dièdre dans lequel je coince mon avant bras droit, main d'un côté, et je ramène le coude de l'autre pour le coincement. Je monte les pieds très haut sur ma gauche pour être presque horizontal. Je m'enroule sur le bras droit et jette le gauche sur l'arbre. Je suis sauvé !

Je monte contre cet arbre, pose une sangle et sors enfin sur le plateau. J'ai envie de pleurer.

Je déambule 10 secondes en me demandant sur quels arbres faire un relai, puis je trouve le vrai et m'y vache. Sur ce, je fais monter Tom en le mouflant mais je suis tellement mort qu'il ne s'en apercevra que quand je lui dirais. Le reste, et nos deux autres mouflages (parce que j'étais pas assez mort comme ça), sont dans la suite écrite par François.

On a eu de la chance et surtout moi ! Mais ça aurait pu mal se finir. Pour moi cette voie est un 7c/7c+ , 7a+/7b obligatoire. À vous de voir !

L5

Simon parvient enfin à passer ! Il atteint le relais et Tom peut enfin partir de son frigo. Pascal arrive au même moment. On s’installe « confortablement » et après un petit repos il se lance dans le 7b+ permettant d’atteindre le sommet de la première falaise. Au deuxième point il m’avoue être complètement pété. Il se prend but sur but dans le premier toit. Quand il arrive enfin à passer (par la gauche pour ceux qui auront envie de s’y risquer) il n’a plus de jus pour la suite. Heureusement pour nous, Simon et Tom ont galeré aussi pour passer cette longueur et au lieu de se tailler et de nous laisser dans notre merdier, ils nous font une proposition salvatrice : « ça vous dit qu’on vous balance un bout de corde? » Pascal a beaucoup de volonté mais une fois cette proposition faite, impossible de refuser, il fait trop froid, on est trop fatigué, on veut trop sortir d’ici ! Il tente tout de même de grimper en s’aidant simplement de la corde mais la voie est déversante et il finit par se faire moufler jusqu’en haut (et dire qu'il déteste la moulinette, il est servi). 

Pascal il est fort, il y a une semaine il a enchaîné un 8a, là il bloc dans un 7b+, c’est louche... Dans ma tête je rajoute quelques + à la cotation.

Je suis frigorifié sur ma vire, j’attend qu’on me crie « quand tu veux ! ». Assez bêtement, je suis assez confiant, il me semble avoir pas mal d’énergie encore. Je me lance et là mon bras droit se tétanise complètement, une grosse crampe m’empêche d’ouvrir et fermer correctement la main droite : en fait, ça va être galère. J’attaque à fond et à ma grande surprise je passe le toit du premier coup, je sens que la corde est bien tendue, je suis séché. Je lâche les prises me croyant sorti d’affaire et avec l’élasticité de la corde me retrouve… sous le toit, dans le vide. Je sais comment remonter sur une corde en théorie comme en pratique, sauf que j’ai débranché mon cerveau et que je n’ai qu’une idée en tête, rattraper la paroi tant que j’ai de l’élan et continuer à grimper. Heureusement j’ai un crochet tout neuf. Je m’en sers pour me recoller à la paroi et me reposer avant de repartir. Ravi des prouesses de mon nouveau jouet, je tente de l’utiliser de nouveau pour progresser.

On m’a appris à utiliser ces objets la semaine dernière et ça m’a bien plu. On m’a dit qu’il ne faut jamais regarder le crochet qu’on a posé pour ne pas se le prendre dans la figure s’il lâche. Ça m’a fait rire parce qu’on croirait qu’il s’agit d’une superstition respectée par tous les grimpeurs d’artif : « si tu le regardes, c’est là qu’il part ! » Maintenant que j’ai le diamant “Black Diamond” imprimé sur le nez, je ne rigole plus (et je ne regarde plus mon crochet, promis).

Malgré cette petite déconvenue (je suis de nouveau dans le vide et cette fois j’ai mal au nez en plus), mon crochet me ramène sur la paroi et c’est finalement à la force des doigts que je réussis à passer ce petit toit (plutôt par la droite en ce qui me concerne). Pour la suite je ferai quelques mouvements désespérés, pendus au bout de ma corde mais pour l’essentiel c’est le mouflage des gars en haut qui me permettra d’atteindre le sommet.  

L6-L7

Et voici le morceau pas fini. Deux longueurs seulement mais deux de trop.
On est rincé et on a qu’une envie, se tirer d’ici. On est gelé à bout de force et il est déjà 19h. Tant pis pour les 2 dernières longueurs, on rentre chez nous par le GR. Simon et Tom avaient prévu de faire les rappels pour redescendre mais vu le vent ils feront peut-être fait le tour à pied aussi. On est tous les deux mort et je crois que j’ai vacciné Pascal des grandes voies pour un moment ! Le soir même je me dis que plus jamais je n’y retournerai et pourtant aujourd’hui je viens à penser que dans de meilleurs conditions… en connaissant la voie et ses pièges… en partant avec l’idée de faire un 7c plutôt qu’un 7b en cinquième longueur… peut-être que ça se retenterait bien… peut-être… ?
A la descente on a quand même pris le temps d'aller au belvédère pour admirer la vue tranquillement.

lundi, avril 03, 2017

Surprise ! Aujourd'hui c'est moi —Céline— qui prends la plume pour vous faire le bilan de notre semaine. Accrochez-vous, j'ai fait le plein de photos !
François tous les matins résume la journée de la veille avec un petit dessin.
Et aussi j'ai eu une super nouvelle idée pour mettre en valeur les petits dessins de François : j'ai découpé notre semainier pour faire les titres de ce billet ! C'est-y pas super clair comme ça ?
Pour perpétuer la tradition, je commence avec la journée de lundi ! Nous avons décidé de nous lancer dans la vidange d'Otto. Nous devions la faire tous les 7500 km (les pros recommandent cette périodicité) et nous avions parcouru plus de 11 000 km ! Il était temps…
Nous avons commandé trois filtres sur internet, un peu au pif : filtre à air, filtre à gasoil et filtre à huile. Deux des filtres convenaient parfaitement, mais le filtre a gasoil reçu ne ressemblait pas, mais alors pas du tout, à celui installé sur notre combi ! Dommage ! Celui-ci retournera à son magasin et je ferai plus attention la prochaine fois.
La vidange a été épique. Epique parce qu'il ne fallait surtout pas en mettre —de l'huile— partout et que c'était gras, noir comme pas permis, hyper tachant, et je ne sais pas quels esprits malins l'habitaient mais elle n'avait qu'une envie : courir sur nos doigts et surtout ne pas être contenue. Après moulte effort, l'huile usagée a finalement fini au fond d'un bidon et l'huile propre a tourné bien comme il faut dans le moteur de notre camion. Ce fut donc une réussite ! Et nous, apprentis bricoleurs, étions fiers comme des paons.
Direction la falaise du Boffi, pour ses belles voies de grimpe et les vues au dessus de Millau.
Ici, les gens ont planté une belle forêt de pins. Et les chenilles processionnaires y ont vu un spot de choix ! Le sol, je n'exagère pas, était jonché de chenilles processionnaires ! Elles avançaient toute en ligne (je ne vous apprends rien je crois) sur des mètres et des mètres et formaient des boules grouillantes pour s'enfoncer dans le sol (vous le saviez ça ?). L'air était rempli de leur pics urticants. Pas besoin de les toucher, il suffisait de marcher sur les chemins pour sentir leur piqure sur les mains, le cou, le ventre…
Nous nous sommes grattés plusieurs jours de suite !
François tente malgré tout un beau 8a dans une grotte. Cela faisait un moment que je ne l'avais pas observé grimper. C'était impressionnant ! La difficulté se sentait autant que la force et la précision qu'il appliquait dans ses mouvements.
J'ai particulièrement aimé me promener le long des falaises et la marche d'approche en randonnée alpine. Et regarder les craves à bec rouge faire leurs acrobaties devant la grotte juste au dessus de mes yeux.
Nous avons fait route à travers les Cévennes et nous voici de retour au dessus de Lodève. Un peu d'escalade pour François et la Loutre (surtout du hamac pour cette dernière, si j'ai bien compris leur journée) et moi je ne sais plus trop ce que j'ai fait… ah oui ! La vaisselle ! 
…Ce qui m'a permis de découvrir (ou re-découvrir, cela m'a rappelé un vague souvenir) que le savon de Marseille et le curcuma permettent d'obtenir une belle couleur rose ! Dingue, n'est-ce pas ? J'ai alors inventé une sorte de peinture magique. Je vous explique le principe :
Sur une feuille, faire un dessin secret à l'aide d'un morceau de savon de Marseille taillé en conséquence. Puis, mélanger dans un récipient de l'eau et du curcuma en haute dose. Avec un pinceau, repasser le dessin fait au savon de Marseille et… il apparait en rouge !
Il parait que les mauvais moments deviennent de belles leçons. Voilà. CQFD. J'ai compris. Vaisselle = mauvais moment. Curcuma + savon = belle découverte sur la vie (oui-oui, la vie, j'assume ^^)
François s'écorche le pied. La séance d'escalade s'écourte. On se dirige vers un beau spot pour passer la nuit qu'une autochtone nous a désigné.
Le spot qu'on nous avait indiqué la veille était vraiment superbe ! C'était une belle prairie, avec un petit étang au bout. Personne, absolument personne ne le fréquentait, mis à part un monsieur qui y a promené son chien une 20' de minutes et un petit groupe de promeneur qui sont passés de l'autre côté. Il n'y avait pas un bruit de voiture. Que le silence des oiseaux, des insects et des petits nuages maritimes au dessus de nos têtes. Un son reposant comme jamais.
Après une petite ballade sur un GR pour rejoindre les blocs de Lodève —et le labyrinthe en cailloux que notre Loutre adore parcourir en famille (c'est important)— le maire du village vient nous trouver pour nous dire que nous devons quitter notre lieu idyllique. Le village tolère une nuit sur leur lieu paradisiaque, mais pas deux. Nous sommes bien déçus. Un peu étonné qu'on nous repousse d'un lieu qui n'était habité que par nous… Je me demande bien qui, ou quoi, nous gênions au point de nous demander de partir !
Enfin, nous partons pour le parking du pont du Diable de St Guilhem encore gratuit une petite journée.
Nous visitons ce jour-ci le village de St Guilhem le Désert. Puisque tous les parkings y sont payants, nous décidons de le rejoindre à vélo (pour la Loutre et moi) et à pied-patte (pour François et Jedi). Nous traversons le village jusqu'au cirque du bout du monde. François ne quitte pas des yeux la voie “Calibre 12” qu'il espère gravir au cours du week-end.
La Loutre refuse de faire demi-tour avant une petite baignade. François et moi, qui sommes de vrais Rahabadja, refusons de nous mouiller les pieds mais l'Adorable n'a pas peur. Elle retire ses chaussures, ses chaussettes, son pantalon et sa culotte et c'est parti pour une belle séance de pataugeoire dans le ruisseau ! Nous nous amusons bien en la voyant faire.
Samedi, c'est le premier. Ca veut dire nouveau budget pour nous ! Qu'on explose dès le premier jour, donc, avec du nouveau matériel pour François, de beaux légumes et de nouveaux cahiers pour la Loutre. On est tout content avec nos nouvelles affaires.
Le parking est devenu payant entre temps. Nous trouvons donc un nouveau campement au bord de l'Hérault. La prairie est magnifique, nous avons pour voisines les vaches les plus heureuses de la Terre. (je jalouse leur pré ! Au bord de l'Hérault, valloné à la perfection, avec de beaux feuillus et une herbe verte resplendissante, j'y construirai bien ma maison) Elles viennent nous tenir compagnie pendant la soirée, nous offrant un diner-musical avec leurs cloches. Très sympa. Notre Loup a moins apprécié, il n'était pas hyper confiant.
La météo est à peu près clémente, François part avec son compagnon de grimpe pour Calibre 12 ! La Loutre et moi restons au camion. En voyant les bourrasques, la petite pluie, le froid ambiant, je suis un peu inquiète pour François et son copain. Surtout que Calibre 12 est en face nord !
La journée passe. Nous trouvons pendant notre randonnée un nouveau jeu pour Jedi qui le secoue de toutes ses forces tellement il est heureux que nous pensions à lui. L'Adorable s'entraîne à freiner avec sa draisienne “pour quand elle aura un vélo à pédales”. La nuit arrive. Nous n'avons toujours pas nouvelles de notre explorateur. Je suis un peu inquiète. Je le suis toujours quand il part en grande voie. Et puis il nous téléphone !
Voilà, ce fut un petit flop pour cette calibre 12. Trop dur. Trop froid. Trop long. Notre Explorateur est exténué et téléphone à sa maman avant de s'endormir. C'est choux ^^
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