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L’océan trop loin mais l'amitié

Quelle bonne blague ! Aujourd’hui le voisin de notre amie est venu trouvé François pour lui dire que la police était passé dans le quartier hier soir, vers 23h. Nous n’étions pas couchés, nous refaisions le monde tous les trois, s’il y avait eu quelque chose nous l’aurions entendu. Cette nouvelle m’a interpellée : « Pourquoi la police est-elle venue ? » C’est un François hilare qui me répond : « On les a appelés pour leur signaler… un loup dans la rue ! »

Un loup ? Notre loup pardi ! Notre loup que nous avions laissé près du camion pour la nuit ! Mais le plus drôle dans toute cette histoire, c’est que la police n’a pas osé cogné à la porte de notre amie, non-non-non, le loup en question leur faisait trop peur !

Alors oui, notre beau Jedi ne jappe pas, ne grogne quasiment jamais, mais à présent nous en sommes certains : il est très dissuasif. Nous n’avons pas de soucis à nous faire ! (et dire que je trouvais qu’il souriait de trop, pour un chien de garde ^^)

Saint Malo et l'océan
Nous sommes passés près de Saint-Malo mais c’était presque horrible. Trop de monde, partout, avec la conscience que chacun de nos gestes était un geste de trop. Impossible de laisser un pipi derrière un arbre, nous étions sûrs qu’une cinquantaine d’autres suivraient. Impossible de laisser une poubelle dans un container, ils étaient déjà pleins. Impossible de chiper de l’eau à un cimetière, tous les camping-cars passaient par là déjà. La mer était belle, mais Jedi ne pouvait pas profiter de la côte, interdite aux canidés. Nous sommes partis, en espérant trouver un peu de mer plus loin, plus accessible, plus libre, en se disant : il faudra revenir à la basse saison.

Nous avons présenté l’océan à la petite loutre, elle a eu l’air de le trouver normal. Normal, normal, tout est normal avec elle ! Rien ne la surprend ou quoi ? Non mais l’océan quand même ! L’océan !

J’ai revu à Saint-Malo une tour dans laquelle j’étais montée avec ma classe de collège. C’était un voyage scolaire, nous avions papoté avec mes amies pendant tout le trajet, (j’avais des amies cette année-là, c’était incroyable !), et nous avions visité la ville intra-muros. Sur les remparts, nous nous sommes arrêtés pour observer la vue. Je dis à l’une de mes amies :
« Alors, tu es contente de voir la mer pour la première fois ?
- Non, je suis un peu déçue que nous ne l’ayons pas déjà vue…
- Quoi ? Mais qu’est-ce que tu me dis ?? L’océan c’est… c’est… ÇA !! »
Fallait me voir insister, là, mais là devant toi ! Fallait la voir plisser les yeux vers l’océan, où Céline tu dis ? Mais LAÀ voyons !!!! Et puis la magie a fait son oeuvre. Ses yeux se sont écarquillés. Elle venait de voir l’océan. Il était marrée haute, la mer était juste en dessous de nous. Mais il fallait la voir.

Ce n’est ici que la baie du Mont Saint Michel, mais quand même :-)

J’ai eu la même difficulté pour montrer l’océan à quelqu’un qui ne l’avait jamais vu. Il venait du Québec, il avait déjà vu la Terre mais jamais de ce côté-ci du monde. Et je lui montrais, je lui montrais, il ne voyait pas. Son cerveau ne disait pas Tiens, et si c’était cette grande nappe pâle que ton amie appelle depuis le début la mer, hein, qu’est-ce que tu en dis ? Non, ça ne venait pas. Et pour moi, dans l’autre sens, il me montrait la baie du Saint-Laurent, immense, je voyais juste un champ de blé fauché. (Non mais quelle idée !) Avant de comprendre. Que c’était grandiose.

Enfin, l’océan quoi. Et la loutre qui trouve ça normal…

Nous avons fait un château de sable. Nous lui avons dit viens on range, les vagues vont nous rattraper. Elle me répondait très sûre d’elle que mais non Maman regarde et qu’il fallait bien que je me rende compte que la mer était loin et que nous, nous étions bien trop hauts pour elle. Alors l’Explorateur a dessiné quatre bandes dans le sable. 4 - 3 - 2 - 1. « Et 0, c’est ton château… ! » Ah ah ! Elle faisait sa maligne l’adorable avec sa logique imparable… Et puis les vagues se sont approchés. « Alors, qu’en dis-tu ? » Pff… Pas de réaction de sa part.

Et la vague a léché le 4. Nous avons plié les serviettes. La vague, sans qu’on s’en aperçoive a fait disparaitre le 3. La loutre a commencé a ramassé ses affaires… La mer s’est étalée sur le 2. La loutre a voulu nous poser quelques questions quand la vague a coulé le long du 1.
« La mer est là Mamaaaan !!!! »

Schlouuuffff… Plus de chateau.

Voilà, j’ai eu mes yeux écarquillés. La loutre a rencontré la puissance de l’océan.

Plus rien n’était normal. Le lendemain, elle a refusé de prendre son gouter sur le sable sec. « La vague va venir maman ! » L’océan était loin, mais déjà trop grand pour elle.

L’hospitalité
Nous avons donc fuit Saint-Malo pour courir vers un ami. C’est Youyou, un ami de François mais… Oh ! Quelle hospitalité ! Su casa es mi casa… ! C’était formidable ! Le droit d’être soi, chez quelqu’un d’autre. L’impression de ne jamais gêner. Comme si la maison, son quotidien, sa vie, était suffisamment inébranlable pour qu’on puisse arriver à cent et que tout aille bien quand même pour lui. L’hospitalité est une force.

Un barbecue, un beau matin, l’envie de rester plusieurs jours, le droit de demeurer ici, le camion qui finalement a campé devant son garage. Ce n’était pas tout à fait prévu comme ça, il habitait loin de la mer quand même, mais l’amitié le valait bien. La sienne : pour sûr !

Et puis une journée à regarder Netflix chez lui —c’est de la folie ce truc ! Je ne connaissais que de nom, n’étant pas très portée ni sur les séries ni sur les films. Mathilda (Roald Dahl, à relire maintenant — tout comme le Petit Prince) Jackpot (bof… il manque trop à ce film pour me transporter) Crazy Stupide Love (c’était mieux !) et In your eyes (un beau coup de coeur ! Quelle émotion !). Aussi Yes Man (bien connu, même de moi) et Zootopia (que tout le monde connait peut-être). Dans ma vraie vie, je n’aurais jamais le temps pour tout ça. Mais comment font les gens ?

Quelque jour à vivre avec des amis. Youyou a une amoureuse très chouette, ce fut un très joyeux week-end. A se balader ensembles*. A faire des hamburgers d’anniversaire, en robe d’anniversaire qui est en fait une robe de mariage qu’il ne fallait surtout pas tâcher, à se voir offrir une tomate d’anniversaire et… un pomelo d’anniversaire parce que le comique de répétition marche toujours très bien ! A boire du vin, très bon, trop bon pour moi qui a toujours peur de l’addiction comme de la folie. J’ai pu être chez lui ce que je voulais tant faire chez moi. Finalement très peu de personnes en ont profité, j’avais l’impression de me rattraper. Savoir très bien accueillir, être très bien accueilli. L’idée est presque la même.

*Je tiens à ce s.

Puis, nous nous sommes rendus dans une autre ville, chez une autre amie. Peut-être l’une des meilleures amies de ma belle-maman. Et puis, avec ce genre de personne, prête à être bien avec tous ceux qui le veulent bien aussi, vos amis sont mes amis et tous les amis de mes amis sont les bienvenues !

En fait, j’avais tant besoin de cela. De l’amitié. De l’hospitalité. De bonheur d’être avec les autres. De parler de tout. Pas de commérage. Rien qui ne ronge les âmes. Et pourtant de la sincérité. J’ai bien senti combien ma peur naturelle du rejet s’est peu à peu amincie. Et j’ai pleinement respiré.

Joli buisson à Sablé sur Sarthes.

Nous avons, cette semaine, fait peu de tourisme. Parcouru peu de kilomètres. Dormi bien tard. Jamais —ou presque— écrit. Et on fait venir la police dans la rue.

Ce serait trop long…


Il s’est écoulé une semaine sans que je ne la sente passer… et puis cette semaine, cette semaine que je n’ai pas sentie passer j’aurais dû pourtant : j’ai l’impression que nous sommes partis depuis un ou deux mois déjà. Alors je suis étonnée que nous n’ayons pas encore touché l’océan. En un ou deux mois, ça devrait se faire quand même, atteindre l’Atlantique ! Je dis même à François : « On se traîne un peu, tu ne trouves pas ? On ne va jamais y arriver tu crois… ? » Et puis les dates sont formelles, les feux d’artifices à l’horizon nous l’ont bien démontré. Nous ne sommes partis que depuis deux semaines.

Ce ne sont pas les idées qui me manquent. Je pourrais écrire un article par jour, si j’en éprouvais le temps. Mais écrire ici réclame un engagement que je n’ai pas. Je me suis posée la question suivante : est-ce que cela vaut-il le coup, d’écrire ? Faut-il vraiment que je note toutes mes idées ? Pourquoi ne puis-je pas rester allongée sur les pierres à me demander pourquoi les nuages ne sont-ils pas bleus ? Mais c’est une chose que j’avais largement sous-estimé : l’humain doit faire. Et c’est une drôle de sensation d’être pris comme ça par ce besoin. Le besoin de faire. D’exhausser. J’ai cherché partout autour de moi de quoi faire. J’ai cuisiné —je vous en reparlerai— j’ai discuté du problème avec François —qui s’est empressé, dès mon plat avalé, d’aller grimper— et j’ai soudain pris conscience que si j’écrivais, c’est principalement parce que je ne savais faire que cela.

Je vous donne la recette à la fin de l’article :-)

Alors me voilà à écrire ici, en attendant de savoir écrire ailleurs. Je voudrais si fort savoir faire autre chose. J’apprends. Mais rien ne vient. C’est agaçant. Ecrire, comme cela se fait-ce ? Je n’ai jamais appris et pourtant je n’ai pas ce sentiment rageant d’être insatisfaite de mes faits.


Il y a eu la mort, tout d’abord, et encore pour nous puisque les deux mamies de l’Explorateur nous ont quitté l’une après l’autre, à quelques jours seulement d’intervalle. Mamyvette que je croyais à plusieurs reprises pouvoir revoir sur sa chaise, à discuter avec les cousines ; et Mamie Thérèse que nous avions vu la veille de son grand départ et qui, le jour de son enterrement, m’a parue déjà si loin de nous. L’une était pressée de s’envoler loin de la Terre et des peurs qui la harcelaient, tandis que l’autre nous chatouillait encore la conscience, quelques jours même après qu’elle soit (soit disant) partie. C’est curieux comme chacune a choisi sa mort, si différente l’une de l’autre.

Bien souvent je pense à ma propre Mamie, qui est installée en maison de retraite depuis trois mois déjà, depuis que ses jambes ne veulent plus la porter. Il est difficile pour moi de la savoir là-bas… Et je m’en veux bien souvent de ne pas avoir changé mes projets, peut-être mis ma vie entre parenthèse, pour lui épargner cet endroit si déprimant. Ma Mamie n’a pas la philosophie de ce genre de lieu. Les jeux de société, les activités manuelles, tout ça… La colonie de vacances, c’est pas son affaire. Ma Mamie se retient de déprimer, juste par amour pour ses enfants. Entrer dans cette maison de retraite, c’est faire un code pour passer la porte, être surpris à l’entrée par l’odeur de l’urine, entendre dans le couloir une femme supplier toute la journée « Aidez moi… S’il vous plait, aidez moi… » comme le cri de toutes les personnes qui, comme ma Mamie, seraient capables de tout faire pour être ailleurs. Cette femme qui supplie, je ne comprends pas que personne ne va l’aider. Je fais mine, comme chacun, de ne pas l’entendre alors que depuis trois mois au moins elle chuchote sans arrêt en disant cela « Aidez moi… S’il vous plait, aidez moi… ».

Ne plus dire « C’est fini » à la loutre qui s’empresse de vous rappeler que non,
Mamie Coeur et Mamie Poule ne sont pas malades.

Je me demande si j’aurais le droit moi aussi de vieillir. Mais il y a la vieillesse, ses vieilleries (les douleurs, le corps qui ralentie), et surtout cette chose affreuse qui est de s’éloigner petit à petit de soi-même et de ceux qu'on a aimés. Je ne peux plus rien faire, me dit ma Mamie, je ne peux plus le dire à personne, et je n’ai plus l’esprit à chercher ailleurs que ce que j’étais. Et je vois dans ses yeux, faute de pouvoir le vivre avec mes cellules trop jeunes, toute la tristesse que cela procure. Je lui caresse le bras, je lui souris, et je l’écoute encore et encore car il n’y a plus que cela qui la soulage de toutes ses douleurs.


La solitude me touche, car elle me rappelle une parcelle non négligeable de ma personnalité. Je ne sais pas vraiment si je suis si différente des uns ou des autres mais je remarque bien souvent que lorsque les gens cherchent à me connaitre, ils ne vont jamais là où je suis. Il y a quelques jours, un ami de François me posait quelques questions, pour avoir des nouvelles, pour me faire la discussion, par gentillesse, c’est certain, et j’ai apprécié son geste. Même si, même si tout ce qu’il me disait, ou me demandait, était si loin de moi que je ne savais pas quoi lui dire en retour. J’aurais peut-être dû faire des grands signes, pour attirer son attention, « Coucou, je suis là ! Regarde à gauche ! A gauche je-te-dis ! » mais même cela, je ne savais pas comment m’y prendre. Alors nous sommes restés ainsi, côte à côte, lui me regardant là où je n’étais pas, lui caché derrière ses barrières de questions fusant vers l’eau —nous étions au bord de l’Allier— et la solitude entre nous. Qui me tenait la main.

Ce n’est pourtant pas le bazar dans ma tête, on devrait pouvoir m’y trouver…

Je pensais aux centrales nucléaires, et la peur la terreur contre laquelle je lutte, de ces centrales nucléaires tellement folles et nous tellement fous de les laisser ronronner comme ça autour de nous… Et ces déchets qu’on laisse comme ça, pour un nombre d’années non négligeables —veuillez accepter mes euphémismes, je ne veux pas déclencher cette panique en écrivant pour vous— et ces centrales qu’on construit encore même en France, je suis dégoutée. Enfin, je pensais à cela et je me disais : la folie, je n’en suis pas si loin. A combien en suis-je ? Et je disais à François : « La folie me taraude. » Ce n’est pas la première fois que je lui dis, mais cette fois il m’a répondu : « Je sais Céline, je sais que tu as en toi une forte propension à la folie… » Cela fait drôle de l’entendre dire. Cela devient vrai. Mais tout le mal que cela lui ferait, j’ai raison de me retenir encore. Donc, pour les centrales je ne me battrais pas, je n’en serais pas capable, mais si vous pouviez faire un geste… pour moi ?


Nous avons été au zoo de Beauval. C’est un zoo magnifique, même si je suis toujours réticente à voir ainsi les animaux. Ils n’ont plus l’odeur de l’état sauvage. Il leur manque cette aura et je reste mal à l’aise. Nous y avons cependant vu des spectacles incroyables et j’ai pleuré. J’ai pleuré de voir l’envol des oiseaux, les aras, qui en groupe pair toujours, s’envolaient au dessus des arbres. Les chouettes, sans bruit, nous aurions pu même ne pas les voir. Les vautours, si grands, si majestueux. J’ai pleuré de voir les otaries et leurs dresseurs si intensément dans le jeu. J’ai pensé à Jedi et toute l’énergie qu’il met à jouer avec moi pour obtenir un bâton de bois… J’ai pleuré de voir tant d’espèce en voie d’extinction, voire de disparition. Et je savais qu’il y en avait tant encore que je ne verrais jamais dans un zoo. Les insectes. Les animaux marins. Et j’ai pleuré de voir le panda.

Alors pour le panda, il faut que j’écrive un paragraphe rien que pour lui. Le panda, c’est de la folie. Imaginez un carnivore bien têtu qui n’a décidé de se nourrir que de bambou —les plus logiques me diront : qu’il n’est donc plus carnivore mais bambouvore, et je leurs répondrais c’est exact mais… La digestion n’étant pas facile, il faut toujours qu’il mange une grande quantité de bambous. C’est une chance pour lui : le bambou pousse vite, et toute l’année. Sauf environ tous les dix ans, quand il fleurit et meurt… Là, le panda ce gros malin doit migrer. Mais ce n’est pas tout : madame panda n’est fertile que trois jours par an ! On peut difficilement faire mieux niveau vulnérabilité. Un, je ne mange qu’un seul aliment et deux j’ai peu de chance de me reproduire.

Pas facile de prendre en photo ce grand panda qui se cache…

La nature n’est pas bien faite : elle est magnifique ! C’est cela qui m’a touché pendant la visite du parc de Beauval. La gratitude. La gratitude me fait pleurer.


Et puis nous avons visité la jolie ville de Sablé et son petit air marin d’avant l’heure. Nous avons constaté que l’adorable parlait avec l’accent traînant et particulièrement énervant des bébés : « Mamaaaaan… Je peux prendre de l’eaaaauuuu… ? » Mais d’où cela lui vient-il ?? Vous avez eu ça avec vos enfants, vous aussi ? Ca a duré ?

On s’y croirait déjà, non, à l’Océan ?

J’ai coupé les cheveux de l’Explorateur. Ses dreads ne rentraient plus dans le casque, il avait chaud, elles n’étaient pas faciles à coiffer… alors, j’ai pu tout couper ! Le voilà avec des cheveux courts à se rappeler toutes les deux minutes « A oui, je n’ai plus les cheveux longs… Mes doigts tripotes le vide… » et oui, quand on a des tics ^^ Je le trouve tellement beau en ce moment. Sa peau devient bronze sous le soleil. Ses muscles se refont sur les pierres des falaises. Son sourire devient franc et ses yeux gagnent en sérénité.

On pourrait croire à une pub pour parfum.

Et puis j’ai revu cette fleur que j’avais tant tenté de couper un jour où j’étais trop petite pour avoir des souvenirs. Cela faisait longtemps que je la cherchais. Une grande fleur bleue, avec des épines (j’avais essayé de me protéger les mains avec du papier toilette pour la prendre), et dont la tige est très épaisse. J’ai cru longtemps l’avoir rêvée, même si je la cherchais mine de rien continuellement. Et je l’ai revue aujourd’hui même. Donc, je me souvenais, je n’étais pas trop jeune pour cela ! Et le moro-sphinx que j’ai cru avoir manqué est quand même sur la photo ! Que de surprise ! Quelle magie est-ce d’attraper, d’écrire, de décrire ce que l’on ne peut pas voir, ce que l’on ne connait pas, comme cette petite toile d’araignée dévoilée par l’objectif.

Beau petit colibri sur une fleur sortie de mes rêves d’enfance.

Je suis contente des photos que j’ai réussies à composer !

Il faudrait aussi que je vous parle du plaisir d’être torse-nu parfois, sous la chaleur, de ne pas sentir cette pression, que tout est sexuel chez la femme. Il faudrait que je vous parle du plaisir de rencontrer d’autres personnes, avec l’esprit large, capable de vous voir même si vous n’êtes pas là où vous semblez être. Il faudrait que je vous parle du plaisir de voir les chiens jouer librement. Il faudrait que je vous parle du plaisir de laisser ma fille marcher devant elle, sur un chemin qui n’appartient qu’à elle, tellement capable de tout, en fait, déjà. 

Seins nus, s’épanouir comme cette marguerite qui la tige coupée baigne dans l’eau.

Il faudrait que je vous parle du plaisir de se sentir libre, de toucher du bout des doigts la plénitude. C’était presque un devoir, ça devient notre vraie vie, même si nous n’avons pas encore tout.


Et ma soupe, pour finir, cette soupe que j’ai faite pour faire, pour exister en tant qu’humaine mais ce plat si vite avalé qu’il a fallu que j’écrive… Elle n’est pas particulièrement originale, mais elle mérite d’être largement diffusée, avec toutes les variantes que tous veulent bien y mettre !

Pas facile de faire de belles photos culinaires…

Il faut découper deux carottes en petits dés et y ajouter deux oignons rouges émincés.
Faire fristouiller tout cela dans deux cuillères à soupe d’huile de coco.
Vider dans le mélange une belle boite de pois chiche, ajouter les épices.
Pour les épices, il faut du parfumé et du chaud. Je mets un mélange qu’on m’a ramené des Indes avec du paprika, de l’ail semoule et de la coriandre moulue.
Vider une seconde boite, de tomates concassées cette fois-ci.
On peut ajouter un peu d’eau, un petit bouillon pour ceux qui ne craignent pas les exhausteurs de goût.
Et puis, c’est très important : une petite botte de coriandre fraîche coupée grossièrement.

Le résultat est grandiose, mais il ne vous retiendra pas d’écrire ensuite, c’est évident. Vous pouvez défouler votre besoin de créer dans les commentaires sous cet article, il n’y a aucun soucis. :-)

Récit d'une finale en famille

Pour le plaisir de raconter…

Un peu coupés du monde, les gars (nous) réalisent en allumant la télé chez Grand-Papi Gaston : c'est ce soir déjà la finale de l'euro ! Et il y a la France ! Oui, la France joue en finale, il parait qu'elle est sympa cette équipe de France —faut-il être sympa pour gagner ?— et puisqu'on est ressemblés ce soir pour la fin d'une autre Grand-Mamie encore, on décide de laisser la TV allumée pendant le repas. J'explique deux-trois règles de bases à la loutre.

Moi : Il y a deux équipes. La France en bleu, le Portugal en rouge.
L’adorable : Pourquoi en rouge ?
Moi : C’est la couleur des maillots. Elles vont essayer de rentrer le ballon dans les buts avec les pieds.
L’adorable : Pourquoi ?
Moi : Bon… pour gagner le match. On espère que la France va gagner alors on les encourage comme ça : Allez les bleus ! D’accord ?
L’adorable : Pourquoi on les encourage ?
Moi : Pour participer à notre façon… enfin, tu as fini avec tes questions ? Tu as compris ?
L'adorable : Ok, j'ai tout compris.
Moi : Parfait !

Le match commence. La loutre et son papa regardent sur le canapé pendant que Mamie Coeur et moi mettons la table. Grand-Papi Gaston s'installe. Le tonton s'assoit dos à la TV parce que ça le fait rire. On dit Allez à table ! et on coupe le son.


Le tonton entre plusieurs plats nous demandent : « Il se passe quelque chose ? » On répond tout (ils courent vite quand même ! C’est de la folie !) et rien à la fois (le score reste collé à 0-0, le foot c’est souvent long à démarrer) et le repas continue. On parle de Grand-Mamie, un peu les larmes aux yeux, on dit Allez les bleus pour chasser tout ça des visages et soudain…

Allez les rouges !

Un traitre dans les rangs ? L’adorable ! L’adorable n’en démord pas et dit très très nettement et sûre d’elle Allez les rouges ! Mamie Coeur rigole et lui explique que les rouges c’est les Portugais, qu’on ne veut pas qu’ils gagnent, non pas eux, même s’ils sont presque français en fin de compte, ou que les français sont presque portugais… enfin bref, c’est fraternel mais on dit quand même allez les bleus, allez les bleus.

Mais non. Elle pleure presque de ne voir aucun soutien à table. Allez les rouges et puis c’est tout. Je la console, je dis qu’elle choisit l’équipe qu’elle veut. Son papa lui demande pourquoi (tendre vengeance des pourquoi !! ahah) elle préfère les rouges ?

L’adorable : Eldo s’est fait mal au genou.

Euh… Oui, c’est vrai, c’est triste… Bon, d’accord. Tu peux dire Allez les rouges si tu veux.

Le repas se termine. On allume le son. La loutre va se coucher. Le temps s’écoule, le match s’intensifie. 0-0 encore. Les joueurs se fatiguent. La nuit est tombée derrière la fenêtre mais pas sur le stade. Ca m’a toujours paru étrange cette lumière crue et puissante sur les stades, pendant qu’autour de moi la soirée fait son office.

Moi : Dites, le match est bien à Paris ? En direct ?
Eux : Mais oui Céline !!
Moi : Ah… C’est quand même un peu fou.

Et l’équipe Portugaise triche par deux fois. Un joueur fait semblant de se prendre un coup de genou dans la tête et je suis un poil choquée quand même. Il doit avoir l’habitude des ballons, même en pleine vitesse, et savoir faire la différence, non ? Et les voilà qui réclament un coup franc, profitant du manque de visibilité des arbitres ! Là, ça devient de trop, surtout que le compteur s’affolent, que le stade et les spectateurs aussi… C’est dangereux. Et ouf ! Le ballon ne passe pas, le match en aurait été gâché.

Je sais plus exactement dans quel ordre, mais il y a une coupure entre les deux temps additionnels. Grand-Papi Gaston change soudainement de chaîne.

Nous : Eh ! Mais laisse la 6 !
Grand-Papi : Ah ? Quoi ?
Nous : Le match !
Grand-Papi : Mais il est fini le match !
Nous : Mais non, y’a encore 0-0, ça peut pas être fini !
Grand-Papi : Ah bon ? C’est que je m’en contrefiche moi…

Ouf, le match revient à l’écran.


Et sans crier gare, avant même que les commentateurs ne se mettent à parler plus vite et plus fort pour marquer l’instant… J’ai l’impression qu’ils agissent comme moi à la pêche. Je dirige mon bouchon avec le bout de ma cane, pour simuler la touche, histoire de faire venir le poisson. Les commentateurs se mettent à crier dès que le ballon s’approche des buts —et des gardiens, n’oublions pas cet obstacles de taille— pour ensuite reprendre leur calme comme si de rien n’était… Alors sans crier gare, le Portugal marque son but.

1-0. Et voilà. Les rouges ont gagné. Et puis les joueurs étaient vraiment épuisés. Ils ont fait ce qu’ils ont pu pour faire durer le match jusqu’au bout.

Les bleus ont pleuré, oubliant qu’ils étaient quand même seconds et qu’ils avaient battu un taqué d’équipes pour arriver jusqu’ici (enfin ça, il semblerait que ça ne compte pas) et les rouges étaient heureux comme tout avec leur toute petite coupe pendant qu’un énorme trophée trônait au milieu du stade.

François : Cette coupe là n’entre pas dans leur bus Céline, c’est pour ça…

J’admire son intelligence, lui sait répondre à mes questions.

Puis nous allons nous coucher, j’avais hâte d’être le matin pour annoncer la bonne nouvelle à l’adorable : les rouges ont gagné.

Voilà, j’ai vu un match de foot et c’était une belle soirée.

Gagner de la place

La place disponible… Une évidence et une source de réflexion permanente. Nos contraintes sont conséquentes. Nous sommes quatre dans le petit camion. Il faut que chacun ait sa place, que l’on soit à l’arrêt ou en route, quel que soit le temps, quelle que soit notre activité. Il faut aussi que l’espace soit facile à vivre, que l’on n’ait pas besoin de tout déménager à chaque fois que l’on désire cuisiner ou dormir. Il faut que chacun se sente bien, et pour cela il n’y a pas besoin de tergiverser cent mille ans, ça passe nécessairement par une économie de place et d’objets à posséder.

A l’heure où je vous écris, cela fait déjà plus de deux mois que nous vivons dans le camion et une semaine à peine que nous avons quitté notre port de départ —mais une semaine qui s’est inscrite comme un mois complet dans ma mémoire tellement elle fut intense. Durant tout ce temps, ce ne sont pas vraiment des solutions que nous avons éprouvées mais davantage une façon nouvelle de penser l’outil et la possession. Nous n’avons rien inventé de miraculeux, nous ne vivons pas non plus comme des spartiates. De notre point de vue, notre façon de faire est vraiment tout confort car nous avons simplement, et en toute modestie, sélectionné ce dont nous avions besoin et nous l’avons fait entrer dans l’espace qui nous était alloué.

J'aime visiter les vieilles fermes, on y trouve des merveilles

Il y a dans nos affaires des choses qui étonnent. Mon ordinateur. Notre petite « box » internet. Une belle collection de nounours. Une petite plante. Parce qu’elles ne correspondent pas à l’idée que l’on se fait habituellement de l’austérité. Mais voyez-vous, c’est une conviction politique chez moi : l’austérité n’a pas de sens. C’est la mesure qui compte. Il faut précisément savoir de quoi l’on a besoin pour être bien chez soi et en soi, et puis le garder ou trouver ailleurs de quoi combler ce besoin.

Il n’y a pas une journée qui a plus de valeur qu’une autre. Il n’y a que des journées rythmées par une terre qui tourne sur elle-même (demandez donc des explications à l’adorable si cette notion vous pose problème, elle se fera un plaisir de vous l’expliquer ^^) et changer quoi que ce soit dans une vie ne changera rien au temps qu’il est ainsi donné à chacun. Il n’y a pas un objet qui, à priori, a plus de valeur qu’un autre. Ce qu’il faut, c’est remplir entièrement chaque seconde, chaque poussière, d’une essence qui marquera durablement votre être.

Et de ça, avec notre petite histoire de camion, de voyage et de partage, nous y sommes contraints par la force des choses…

Maintenant, passons à nos petits exemples du quotidien. Si suite à cet article vous avez des questions à propos de notre organisation, n’hésitez pas, nous vous y répondrons avec grand plaisir !

Il existe déjà dans le commerce tout un tas de solutions très pratiques pour gagner de la place. Il y a par exemple des objets pliants, et nous avons fait l’acquisition d’une bassine et d’un saladier qui acceptent de s’aplatir lorsqu’il est l’heure d’être rangé. Nos casseroles et nos poêles s’emboitent les unes dans les autres et partagent toutes une seule poignée. Nous sommes vraiment très contents de ces différents achats. Ils nous facilitent grandement la vie.

Et dire que j'ai oublié de parler de lui… !
A côté de cela, nous avons utilisé un rond en bois de 15 mm pour couper un rouleau à pâtisserie extra-mince tout juste à la taille de notre tiroir. Et il pâtisse à la perfection, je vous assure !

Pour les vêtements, nous avons opté pour des tissus techniques : légers, qui sèchent rapidement et qui prennent très peu de place une fois pliés. De mon côté, j’ai fait attention à choisir des hauts et des bas à multiples compatibilités. Il était hors de question de promener partout une jupe ou un pull qui ne pouvait se mettre qu’avec un seul type de T-shirt ou de chaussures.

On peut être aussi malins que possible, ou s’acheter tous les objets techniques du commerce, il arrive toujours un moment où il faut penser à limiter l’équipement en lui-même.

Nous avons plusieurs objets ayant chacun plusieurs utilités. Le gain de place est évident. Plutôt que d’avoir un truc pour ça, un autre pour ci et un dernier pour cela, tout est ressemblé en un seul instrument ! On oublie l’hyper spécificité au profil de l’hyper disponibilité.

Le plus bel exemple que nous ayons trouvé jusqu’ici est sans hésitation le savon de Marseille. Voyant que tous les trucs nettoyants du commerce avaient grosso-modo la même composition (sodium laureth sulfate…) je me disais bien qu’il ne devait pas être aberrant d’avoir un seul produit pour le corps, les cheveux, la vaisselle et le linge. Il nous fallait de plus un produit suffisamment respectueux de l’environnement pour nous permettre de jeter un peu d’eau savonneuse dans la nature. Et pour moi qui ai les cheveux assez longs : un produit sain qui n’agresse pas la peau afin de ne pas avoir les cheveux gras au bout d’une seule journée… Et je peux vous dire que j’ai cherché un moment, car autre contrainte —et pas des moindres lorsqu’on n’a pas d’adresse : il fallait que je trouve ce produit miracle dans le commerce environnant.

J’ai fait les rayons savons et shampoings, j’en ai écumé des étiquettes… Rien RIEN de satisfaisant !

Mais par hasard, en passant dans un rayon lessive à Autun, que vois-je ? Un véritable savon de Marseille. Ca aurait pu être un autre savon d’une autre ville à savon, le principal pour nous était qu’il soit pur, sans ajout de glycérine ou de parfum et dans le commerce nous n’avons pour le moment trouvé que celui-là. Je vérifie la composition : elle était satisfaisante. Je teste sur mon corps, un régal. Je teste sur mes cheveux, il se rince à la perfection. Je teste sur le linge, les tâches résiduelles disparaissent. Je le teste en produit vaisselle dans une casserole : c’est parfait ! La petite loutre teste à son tour le savon, elle qui n’aime pas particulièrement se laver, la voilà ravie d’avoir un produit qui lave sans avoir besoin de trop frotter et qui se rince dès le premier filet d’eau.

Et oui, il a été TRANCHÉ !

Exit shampoing, savons et compagnie. Le cube de savon de Marseille coupé en deux pour entrer dans la boîte, et ça roule. Même Otto a profité d’un petit nettoyage avec ce savon miracle :-)

Rien de bien sorcier remarquez, mais nous sommes heureux comme des Papes avec notre trouvaille.
Et cet exemple illustre bien le concept d’hyper disponibilité. Pour avoir un produit qui nous convienne, il faut qu’il soit assez réfléchi pour faire son job (la saponification, c’est quand même pas à la portée du premier venu) et assez peu complexifié pour qu’il puisse être polyvalent.

Et on continue à chercher ce genre de produit, parce que c’est un fait assez rigolo : on est entouré de produits à réputation hyper spécifiques. Il suffit de regarder les shampoings proposés. Pour cheveux secs. Pour cheveux normaux. Pour cheveux normaux, non mais oh ! Il faut un shampoing spécial pour tignasse normale ?! Enfin… Quand j’ai parlé de mon super savon à tout faire à ma maman, elle a eu un peu de mal à me croire. Et il est bien meilleur que tous les autres produits spécifiques que nous avions testés jusqu’ici. Comme quoi, il y a peut-être un truc absurde dans cette histoire. Je dis ça, je dis rien…

Pour gagner en place, nous avons également changé notre façon de prévoir. On ne pense plus « au cas où » mais davantage à ce qui est indispensable. Et faire la différence est assez simple, il suffit de se poser la question suivante : si je ne l’ai pas, ai-je une manière de faire sans ?

A l'oeuvre notre super mini rouleau à pâtisserie

C’est ainsi que nous avons doucement éliminé des objets de nos listes, adapté de nouvelles choses en mode hyper disponibilité et, surtout, fait le compte de nos besoins quotidiens. Vous allez voir qu’on ne fait ici rien d’extraordinaire, on développe simplement nos idées en fonction des besoins. Allez, un petit exemple rigolo :
Avant, quand je faisais la vaisselle, dans un bac je lavais, dans l’autre je rinçais et puis j’avais un rail pour laisser sécher la vaisselle. Je vois alors que dans le camion il me faudra un petit rail pour faire sécher la vaisselle après l’avoir nettoyée. Mais une fois qu’il est installé sur le plan de travail, où s’égoutte l’eau ? Il faut donc faire une rigole jusqu’à l’évier, ou bien —super idée !— l’installer au dessus de l’évier. Soit. Quand il est installé, il n’y a plus de place sur le plan de travail, ou alors je ne peux plus tirer l’eau de l’évier. Ce n’est pas très pratique. Alors il faut aussi agrandir le plan de travail. Mais il n’y a plus de place dans le salon pour la cabane de Jedi du coup. On achète une cabane plus petite pour le lou-loup ? On invente un système pour décaler la porte du camion et ainsi agrandir notre espace principal ?

Euh… N’est-il pas plus simple d’essuyer la vaisselle dès qu’elle est propre pour la ranger immédiatement ? Alors il faut qu’on trouve un essuie pratique !

Voilà, je ne dénigre pas mon besoin (faire sécher la vaisselle) je lui trouve juste une manière d’exister cohérente avec mon environnement.

Voilà comment un rail à vaisselle volumineux devient un petit chiffon en microfibre, rangé entre les tasses pour éviter qu’elles s’entrechoquent lors des trajets. Rien de révolutionnaire, mais lorsqu’on fait peu à peu cette réflexion pour toutes nos possessions, on gagne une place monstre.

Pour finir, je ne sais pas vraiment comment finir cet article. Il y a tellement de choses à dire, et à la fois je pense vous avoir transmis ici suffisamment d’infos à propos de notre façon de choisir nos objets. 

Très bientôt, je vous parlerai de notre façon de cuisiner et d’utiliser notre salle de bain. Il y a là beaucoup de petites astuces amusantes à partager ! (genre : comment faire caca dans 5 m2 d’espace à vivre ?)

Les Coccolithes


Ça vous impressionne pas tout ça, la taille, la forme… C’est incroyable ! Et ce n’est que du calcaire en plus ! Pourquoi ici et pas là, pourtant juste à côte ?


Le calcaire est formé par la sédimentation. Des coquillages et des coquillages…
et des coquillages…

  

Non, vous y croyez, vous ?
Avec leur QI de bigorneaux, ils ont construits ÇA ??
Et il faut s’imaginer les moyens de l’époque ! (peut-être Crétacé… il y a 140 millions d’années ~)

 

Et après il y en a encore qui doutent d’une visite extraterrestre… Evidemment qu’ils ont été aidés !

On ne change pas de vie

J’avais dit, il n’y a pas si longtemps « un jour, on changera de vie ». Ce jour est arrivé et lorsque je regarde nos photos du début d’année, lorsque je vois sur l’écran ma fille jouer dans l’appartement, ou Jedi dormir sur le tapis du salon, j’ai l’impression de ne plus reconnaître les lieux déjà. On ne change pas de vie en un jour. François a raison sur ce point : on ne change pas de vie tout court, c’est la vie qui suit son cours.

Je disais que je serai assise sur un fauteuil, que François nous servirait des bananes-pancakes. Le fauteuil a déménagé depuis longtemps et mes cheveux ont bien poussé depuis le temps. Je ne les ai pas coupé, juste 5 cm par ci par là pour les garder beaux, et malgré tout lorsque je me suis assise sur la route —parce que oui, la route a remplacé mon fauteuil— ils n’ont pas touché le sol. Et pourtant ils n’ont pas touché le sol, et pourtant nous savions quand même que c’était le moment.

Nous voilà arrivés au premier jour de ce que nous avons appelé jusqu'au bout « l'année prochaine ». Nous partons, j'ai l'impression d'avoir oublié quelque chose derrière moi tandis que François a le sentiment inverse : il croit qu'on court après quelque chose loin devant nous. 

Qui a déjà campé sur une piste de décollage ?

Cela me fait tout drôle de partir sans penser à faire mon sac. N'ai-je pas oublié ma brosse à dents ? La petite loutre a-t-elle assez de vêtements de rechange ? Et puis je me rends compte que je ne réalise pas vraiment —et qu'y a-t-il à réaliser ?— et je me dis : au fait ma poulette, tu as toute ta maison avec toi ! Tu bouges, mais tout bouge avec toi ! J'expérimente à fond les notions de la relativité du temps. Enfin, enfin, j'ai l'impression d'être synchronisée avec mon environnement. C'est reposant.

Pour l’instant, on a juste l’impression d’être en vacances. Il nous reste encore quelques papiers à remplir pour que tout soit effectif mais… nous remettons ça à la semaine prochaine. Nous faisons un peu d'escalade, nous nous blessons un peu (surtout François ^^), et nous nous disons ce n'est pas grave aujourd'hui il pleut et demain il fera beau et tout ira mieux. Alors je prends le temps de vous écrire cet article sous l'averse, pendant que la loutre fait sa sieste et que l'Explorateur essaie de se dérouiller le cou.

Afin de limiter au mieux les kilomètres parcourus en camion, nous avons pris nos vélos pour les courses de ce midi. Nous tournions dans Baume-les-Dames jusqu'à trouver une petite boutique de commerce local. J'avais des remembrances de Grenoble et surtout surtout je me sentais légère, le sac de nourriture sur le dos et la route descendante sous mes roues. Mon frein arrière est décharné, c'est à réparer au plus vite mais en attendant cela me faisait une excuse pour aller bien plus rapidement qu'il n'est raisonnable.

Nous avons dit au revoir aux amis tandis que d'autres nous retrouve sur site. C'est agréable même si la phrase du « moi je ne pourrais pas » revient trop souvent à mon goût dans les bouches de chacun. C'est comme de parler de la pluie qui tombe sur nos têtes, on ne se connait jamais assez pour véritablement en discuter. Je ne sais pas très bien encore si moi-même je pourrais, les choses se font d'elles-même tout comptes faits.

C'est assez rare pour que je le chronique : cette nuit j'ai rêvé d'un rêve parlé. Un philosophe discutait de la valeur omniprésente de la réalité. Nous croyons tous à la réalité, disait-il dans mon rêve, c'est elle qui dirige nos choix et qui est au centre de notre monde. Il continuait ainsi son discourt : « Mais il y a des gens qui n'ont pas cette croyance, pour qui une photo ne montre rien de réel, pour qui ce n'est pas la mort qui tue mais rien qu'une pensée. Ces gens là ne croient pas en la réalité, ils croient en l’existence. » Dans mon rêve je pleurais car je sentais qu'on parlait ainsi intimement de moi. C'est quelque chose à laquelle je commence à penser sérieusement. Et si tout cela me paraissait plus facile parce que je ne crois pas en la réalité ? Et si ma valeur centrale était en fait l'existence ? C'est un changement de perspective difficile à comprendre mais je crois toucher là un truc important. Ca expliquerait pourquoi nous ne changeons finalement pas de vie.

Sur ce, la pluie a cessé. L'adorable n'a pas fini sa sieste mais l'air de l'extérieur me manque. Bonne route à vous ! N'hésitez pas à visiter la nouvelle page du blog intitulée « Carte interactive » pour suivre notre parcours.

Je ne lui apprends rien…

Depuis le début je sais bien que ma fille a une drôle façon d'apprendre. Par drôle j'entends qui me surprend, non pas qui sort de l'ordinaire. J'extrapole et je me dis que tous les enfants apprennent de cette façon, c'est juste qu'on ne m'y avait pas préparée.

Très concrètement, elle apprend par bonds. Un jour elle ne sait pas. Quelques jours plus tard, elle sait tout comme une évidence. Les couleurs, un jour elle n'en connait aucune —mais bon je lui ai quand même montrer l'arc-en-ciel— et deux semaines plus tard, elle les connait toutes, comme ça d'un coup, sans en reparler avec moi avant. A sa demande, je m'amuse à lui écrire les jolis mots de MAMAN, PAPA, LOUTRE, MAMIE, … J'ai beau lui montrer maintes et maintes fois, elle n'en reconnait jamais aucun (ou alors, c'est un coup de pot en sa faveur), je laisse tomber l’idée pendant plusieurs jours. Et puis soudain, à la fin du dîner, elle nous dit : « Je vais chercher les dettes. » Les dettes ? Qu'est-ce que c'est que les dettes ? Elle revient toute joyeuse avec les lettres magnétiques qu'elle avait reçues à Noël, nous les collons ensemble sur le frigo* et je remarque alors qu'elle en connait déjà quatre !

Et puis le M, le « Mmm… Maman ! » comme dit l’adorable, elle le voit partout. Sur mon clavier, dans le petit serpent que je dessine à la peinture… oui, quand on retourne la feuille, ça fait bien un M… sur une conserve de marmelade. Enfin : partout ! Elle avait eu plusieurs mois auparavant un même coup de génie pour le deux. Le 2, le 2 l’avait frappée peu avant ses deux ans. Comme s’il flottait dans les airs. Là maman, deux dames. Voyez ici deux femmes qui marchent côte à côte dans la gare. Là maman, deux chiens. Là maman, deux chaises. Là maman, deux arbres… Les paires lui sautaient aux yeux.

Partie de pêche avec sa canne à pêche qu’elle a faite elle-même.

Et puis le trois ? Bah le 3, rien. Jusqu’à ce que j’ai l’idée de le construire à partir du 2. Trois, c’est deux plus un, et puisque le deux elle adore et le un la rend un peu triste… « Oh maman, eugade, il est tout seul, elle est où sa maman ? » Je crois que ça vient doucement. Elle compte un peu : « un, deux, trois, ça fait trois ! » mais le problème quand on avance à coup de coups de génie c’est que la maman qui est en face a un peu de mal à avoir confiance. Coup de génitera ou coup de génitera pas ? Et si elle faisait tous mais vraiment tous ses apprentissages de cette façon ? Ce serait franchement formidable. C’est magnifique de voir la compréhension apparaitre comme ça, sans effort, comme si de rien n’était, en parfaite autonomie. Mais toujours cette question affreuse : et si ça ne le faisait pas ?

Et puis j’ai mes petits coups de flip. Comme la petite loutre ne prend plus de poids, la petite loutre n’apprend plus de mots. Elle progresse, c’est sûr, sa prononciation, sa syntaxe, ça devient bon. Mais le vocabulaire, bah dès qu’elle oublie un truc je m’inquiète. Les animaux d’Afrique, oui, elle a oublié le rhinocéros et la girafe il n’y a pas si longtemps —finalement nous en avons rencontrés pleins, ça va mieux, ouf ! et puis les légumes… Je suis bien consciente qu’il est normal d’oublier, et je ne lui en veux absolument pas et d’ailleurs je pense que la loutre le sait bien parce qu’elle n’hésite jamais à me dire : « Je sais pas maman (comment) ça s’appelle ça ? » mais moi, de mon côté de maman, je ne peux pas m’empêcher d’y penser lorsque je me couche le soir.

Mais que cherche-t-elle ici ?

Evidemment, il y a toujours son petit éclair de génie hebdomadaire qui survient pour me faire sourire.  Je vous fais part de quelques unes de nos discussions :
« Oh maman, c’est quoi là ?
— J’appelle ça un cousin, c’est comme un moustique mais ça ne pique pas et c’est plus gros.
— Ca eussemble à bibilule.
— A quoi tu dis ?
— A un bibilule Maman !
— … (ici, je cherche à décrypter…) Ah ! Ca ressemble à une libellule ?
— Et oui. »
Dans ma tête, je sautille de fierté. Libellule ! Libellule ? Mais jamais je ne lui ai parlé de ça ! Je ne sais pas où elle a attrapé ce mot ! C’est incroyable !

Comme ça, sans prévenir, en jouant sur la banquette du camion :
« Maman, y’habite sur la Terre. Et Papa aussi. Et toi aussi. Tout le monde habite sur la Terre.
— Et le Soleil, il est sur la Terre ? (question piège, ah cette coquine de maman !)
— Non, la Terre tourne et hop c’est la nuit avec la Lune, elle tourne encore et hop c’est le jour. On voit le ‘leil. » 

Vous voyez un peu ? Elle apprend des trucs comme ça, aveuglément, inconsciemment. Maman-surpassement.

Après le noir omniprésent, petite passion pour le blanc…

Bon, je ne vais pas vous laisser comme ça sans vous transmettre de petites idées personnelles. Bah oui, ça fait quand même plus de deux ans que je connais la loutre, j’ai eu le temps d’élaborer deux-trois stratégies. Alors, si vous avez aussi un enfant ordinaire —j’entends pas là : comme l’adorable— voici comment adopter la bonne attitude pour les apprentissages.

Montrez les choses comme si de rien n’était. Vous pouvez attirer son attention avec un truc du genre : « Tiens, et si tu regardais ça… ? »
Surtout ! Ne le montrez qu’une fois. Ne pas rabâcher. Faut que ça paraisse na-tu-rel.
Demandez-lui subtilement s’il veut essayer de le refaire/redire/reproduire tout seul.
S’il refuse, hausser simplement des épaules.
S’il accepte, n’insistez pas pour qu’il le refasse plusieurs fois. S’il se trompe, n’en parlez pas. Si l’activité lui plait au point qu’il plonge dedans, éclipsez-vous sans faire de bruit…
S’il vous demande des précisions, s’il pose une question ou quoi : vous avez quand même le droit de sauter de joie !!! Youpiii !!!
Et puis ne lui reparlez plus du tout de tout ça avant qu’il ait lui-même décidé d’avoir son éclair de génie.

Et aussi : ne faites pas comme moi, ne stressez pas. :-)

____________________________
*C’est presque un choc culturel déjà de vous raconter ce souvenir…
A l’époque nous avions un FRIGO ????!!!!

Carlos Tinoco et l'intelligence

J'étais dans les rayons de la bibliothèque à la recherche d'inspiration. C'était écrit Psychologie sur l'étagère, juste avant Subconscient, même pas Psychologie Cognitive sinon c'était sûr l'Explorateur en me voyant m'aurait dit : « Ah non ! Pas encore ?! » alors j’évite. Mes yeux lisent et je ne les surveillais pas j’vous assure lorsqu’ils se sont arrêtés sur les mots intelligents. Deux fois dans le titre : Intelligents, trop intelligents. Ah ?… Et puis surdoués. Voilà, la machine à cogiter s’est remise en marche.

J’ai pris un autre livre du rayon, j’ai mis un livre par dessus l’autre pour faire mine de rien (oui, oui, François aime mes obsessions mais il ne me le fait pas toujours savoir) et j’ai passé les deux titres dans la bouche de la machine a emprunté les ouvrages. Et je l’ai lu très vite —celui de Carlos, avec curiosité au début et puis avec… un enthousiasme non mesuré.


Carlos Tinoco est enseignant de philosophie et psychanalyste. Il a été testé et confirmé HPI très jeune. Autrement dit : il a eu du temps et de la matière pour réfléchir au sujet. Qu’est-ce que la douance ? Pourquoi ? Comment ? Certain diront (peut-être comme l’Explorateur) un truc du genre : « Quoi encore un livre sur le sujet, c’est à la mode ou quoi ? » mais ceux-là ne savent peut-être pas que la douance est très mal définie, même par les experts du sujet, très mal comprise, même par les experts, et il suffit de lire plus d’un ouvrage sur le sujet pour s’en rendre compte. Donc, oui, un autre, et pas des moindres.

Je ne vais pas faire de faux suspens : le livre de Carlos Tinoco m’a beaucoup plu, parce qu’il a apporté une nouvelle pierre à mon édifice. Il est différent des ouvrages des psychologues ou des autres pseudo-psychologues qui ont décidé de traiter le sujet. Il n’a pas pour vocation de décrire le surdoué, ni d’apprendre à le reconnaître, ni même de donner des méthodes pour bien communiquer avec lui, le comprendre… Je dirais que le livre Intelligents, trop intelligents est une réflexion personnelle bien menée et bien écrite. Je l’ai lu en me plaçant d’égal à égal avec l’auteur et il me semble que c’est de cette façon qu’il faut aborder l’ouvrage. Non pas prendre Carlos comme un maître, pas comme quelqu’un qui est là pour vous apprendre quelque chose, mais comme quelqu’un avec lequel il est plaisant d’échanger sur le sujet de la douance et de l’intelligence parce qu’il s’est déjà formé une belle idée. Ce livre est donc à lire de la même façon que vous auriez pu lire ma propre Théorie de l’intelligence (parue en février 2016) ou avec le même recul dont vous auriez fait preuve pour écrire votre propre théorie. Evidemment, Carlos Tinoco emploie des termes psychanalytiques, il centre une bonne partie de son ouvrage sur l’éducation, mais que pouvons-nous y faire ? Ce sont ses métiers, on va pas empêcher à un tennis man de faire des métaphores avec sa pratique, n’est-ce pas ?

Dans le livre de Carlos il y a de la nouveauté. Est-ce d’ailleurs parce qu’il est enseignant et psychanalyste… ? Une nouvelle perspective, quelque chose que je n’ai lu chez aucun autre auteur : la question des règles implicites. L’éditeur parle d’un renversement de perspective et je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas un renversement, non ce n’est pas cela et dommage parce que c’était vendeur, Carlos Tinoco parle d’un point très peu abordé lorsque l’on discute de la douance et le place au coeur même du problème. Ce que Carlos Tinoco appelle la Loi, il s’agit peut-être d’un terme psychanalytique mais il l’explique très bien, fonderait la différence entre une personne surdouée et une autre qui n’a pas cette caractéristique. Tandis qu’une personne dite normale l’intègre à son mode de pensée et de valeurs, le surdoué serait naturellement capable de la remettre en question et même de jouer avec elle.

La Loi n’aurait alors pas la même importance pour le surdoué que pour la personne normale (hein, je mets en italique parce que bon : qui est normal ? par là, j’entends ici non-surdouée) et ne pourrait donc pas lui épargner l’Angoisse de la mort. C’est psychanalytique, mais on en fait ce qu’on veut, je vous l’avez dit au début.

Je ne vais pas paraphraser Carlos parce qu’il raconte tout cela très bien dans son livre, je vais simplement donner un exemple proposé par l’Explorateur : Prenez une recette quelconque. Voici ce que François a observé lorsque je cuisine :
- Séparer les blancs et les jaunes
- Pourquoi ?
- Monter les blancs en neige
- Ca monte pas quand il y a les jaunes, c’est vrai que c’est ce qu’on dit, mais est-ce vrai ?
- Mélanger 150g de farine avec les jaunes.
- ??? (grosse interrogation de ma part… là, je suis perdue)
- Incorporer les blancs dans le mélange.
- Pourquoi cet ordre ? Pourquoi cette quantité de farine ?
- Ajouter le sucre en pluie.
- Pourquoi pas avec un puits ? Pourquoi seulement maintenant ?
- Tralala, la recette continue de donner ses ordres dans une anarchie totale…
- Et moi je lis tout très très calmement…
Ca se termine toujours pareil. Je fais autrement que ce qui est écrit. Et François s’arrache les cheveux.

Je ne suis pas certaine que cet exemple illustre exactement les propos de Carlos Tinoco mais je trouve de mon côté que ce n’est pas si mal trouvé. Et cette petite explication (la Loi, l’Angoisse, toussa toussa) répond à grand nombre de mes questions : pourquoi est-ce que je ne fais pas toujours comme tout le monde et que je suis véritablement paniquée lorsque je me retiens de faire autrement (quand je joue le jeu) et même lorsque je vois les autres répondre à cette Loi sans avoir l’idée d’y réfléchir en permanence ? Dans ma tête —et j’ai compris récemment que cela ne concernait quasiment que moi— toutes les possibles sont toujours possibles et non seulement celles qu’on, le monde ordinaire, te propose. J’appelle ça : remettre en question l’établi.

Voilà pourquoi dit-on que les surdoués sont trop, ou à côté. Ils ne vivent presque jamais dans l’établi.

J’ai aussi particulièrement aimé la façon dont Carlos se défait du tabou de la comparaison et de la classification. Il est simplement passé au dessus. Son raisonnement va au delà et c’est une belle bouffée d’air frais !

Cependant, j’émets ici une réserve, il me semble qu’il confond la cause et le fonctionnement. Autrement dit : je n’ai pas aimé son chapitre Inné ou acquis, il ne m’a pas convaincue du tout, et j’ai été bien gênée à chaque fois que ses propos y faisaient tacitement référence. Le fait que le surdoué soit capable de se placer à la hauteur de la Loi est pour Carlos Tinoco la cause de la douance, c’est ce processus qui ferait le surdoué, cette non inhibition dans les possibles. Ce n’est pas logique du tout, et cela fait un peu raisonnement qui se mort la queue. Quand j’ai lu ceci, je me suis posée la question suivante : mais alors, quelle est la première pensée, question, idée, hors cadre qui crée le surdoué pour ensuite lui fournir cette possibilité pendant la vie entière ? Et pourquoi lorsqu’une personne normale réussit à avoir une connexion hors cadre, ne devient-elle pas soudainement surdouée ?

Alors, non, je n’ai pas jeté le livre en disant : c’est n’importe quoi, c’est pas sérieux, patati patata, non, j’ai continué ma lecture et j’ai vraiment bien fait car j’ai lu une belle réflexion sur l’éducation, même si elle n’avait rien de novateur pour moi, et surtout une leçon de communication, leçon dont j’avais cruellement besoin. J’avais déjà trouvé une piste de réponse dans le livre de PetitCollin avec ce schéma :

mais, ce n’était ici qu’un principe de management, il n’expliquait pas grand chose pour moi et n’était pas toujours démontré par mon expérience. Carlos Tinoco dans le chapitre La folie de l’autre propose une idée bien plus complète et plus réaliste à mon humble avis.

Voyez deux personnes l’une en face de l’autre qui tentent de communiquer. Elles font appel à la Loi pour communiquer à propos d’un objet. Objet, action, sentiment… mettez-y ce que vous voulez. Grâce à la Loi, elles se comprennent. Moi, quand je vois les gens faire ça, je décroche. Je m’ennuie. J’angoisse. Pour moi, pour eux. Parce que voilà mon schéma de communication : Voyez deux personnes l’une en face de l’autre, qui observent un objet. Elles expriment chacune ce que représentent l’objet pour elles de façon à faire apparaître une Loi qui leur convienne. Voilà. Cela peut effectivement ressembler à une discussion centrée sur les croyances ou les valeurs ou même l'identité (comme le dit madame PetitCollin) mais non, ce n’est pas exactement ça. Ce que PetitCollin n’avait pas imaginé c’est que le problème est hors cadre. L’ordre ne s’établit que si on l’intègre parfaitement. Ce n’est pas un problème en pyramide, donc hiérarchisé, c’est une boucle qui est inversée.

Voici donc un article qui n’a pas pour but de vous présenter le livre Intelligents, trop intelligents — sans ponctuation cela veut bien dire ce que ça veut dire : ni question, ni réponse ; une réflexion qui s’aboutira à la lecture de chacun — mais de, peut-être, lancer une discussion sur le sujet. Alors, vous êtes prêts à entrer dans cette lecture ?
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