Featured Post

Ad Block

Il est parti

Il est incroyable de voir comment tout peut partir si vite en fumée. Nos certitudes s’envolent, nous remettant par le fait à notre place. Les choses se sont déroulées trop vite, je n’ai rien compris. La matinée était pourtant bien partie. Nous nous aimions, nous avons fait route vers Fontainebleau pour prendre une baguette de pain avant de nous rendre à la piscine.

Je suis descendue du camion, deux euros dans la paume de ma main. En entrant dans la boulangerie, un vendeur m’a tout de suite demandé ce que je voulais. Je n’ai pas eu le temps de lire les étiquettes, j’ai dit ce que je voyais, on m’a donné le pain, on m’a rendu la monnaie et j’ai fait demi-tour.



Le camion partait dans la rue. J’ai couru pour le rattraper. Une voiture le suivait mais enfin, il allait bien me voir ! J’ai couru plus vite, le camion m’a, semble-t-il, accéléré. Mon chapeau de paille s’envolait, je le retenais d’une main, les 70 centimes de monnaie coincés entre mes doigts, la baguette dans l’autre point. Je m’essoufflais. Le camion tourna à droite mais le temps que j’atteigne la rue, il avait disparu.

Je fis rapidement demi-tour vers la boulangerie, pensant qu’il faisait simplement le tour avant de me récupérer. Il ne m’avait pas vue… C’est un comble ! J’attends, et personne ne vint. Peut-être s’était-il garé dans la rue à droite ? J’y retourne, je fais attention à tous les véhicules sur le côté, non, mon petit camion n’y est pas, je suis formelle. J’ai fait le tour, pour retourner à la boulangerie le plus vite possible.

Le petit camion était introuvable. Il m’avait laissée là. Comme ça. Sans prévenir.

C’est drôle de l’écrire maintenant. Il m’avait laissée là. J’ai l’impression de faire une erreur dans ma concordance des temps. Assise sous mon chapeau, accroupie devant la boulangerie, je me faisais doucement à l’idée, d’abord sans trop y croire et puis en y pensant de plus en plus fort, de façon de plus en plus réaliste, à mesure que les secondes s’écoulaient.

Il m’avait laissée là.

Lui. Ma petite loutre. Mon loup. Le camion. Mes affaires. Envolés.

J’avais entendu plusieurs fois cette histoire, souvent drôle lorsqu’on la raconte, de celui qui dit aller chercher des cigarettes et qui ne revient jamais. J’étais allée chercher le pain, il  en avait profité pour filer. Nous nous ne étions pas disputés. Nous étions heureux me semblait-il. Nous avions des projets… Tant de projets !

Il m’avait laissée là.

Et le temps s’écoulant, il a bien fallu que je me mette à penser à moi-même. Et s’il ne revenait jamais ? Comment allais-je faire, livrée à moi-même, dans une rue que je ne connaissais pas, en pyjama, sans papier, avec à peine 70 centimes en poche ?

Surtout, ne pas céder à la panique.

La police… La police peut-elle faire quelque chose pour moi ? Après tout, il était quand même parti avec ma fille et l’ensemble de mes papiers.

Mes parents… Mais que vais-je dire à mes parents ? Il m’avait laissée là, à Fontainebleau, alors voilà je reviens le temps de trouver un peu plus que 70 centimes de monnaie. =(

Et ma petite loutre. Comment cela est-ce possible ! Comment peut-elle laisser son papa partir ainsi sans sa maman ? Qu’est-il en train de lui dire ? Je me rappelais combien elle avait été paniquée le jour où je laissais sur cinq mètres un Jedi infernal en dehors de la voiture. « Oh non Maman ! Mon chien ! Je l’aime ! C’est mon chien ! Ne le laisse pas ! » Pour ta maman, petite loutre, que dis-tu ?

Il me semblait que chaque passant jugeait mon pyjama et mon chapeau. Il jugeait ma baguette, trop serrée dans ma main comme une peluche un soir d’orage. Il jugeait parce que je n’avais pas de sac, des sandales pour chaussures, mon visage rougi parce que j’avais couru. Mais ce détail, il ne l’avait pas. Comme il savait si peu de chose, chaque passant, de moi, de lui, de nous. De l’improbabilité de ma situation.

Surtout ne pas céder à la panique. Ne pas céder à la peur. Personne ne t’aidera si tu as l’air malade.

Ce n’était pas possible. Il ne m’avait pas laissée. Pas moi. La feuille sèche que la loutre avait ramassée la veille, oui-elle-mais-pas-moi.

Quand a-t-il décidé ? Etait-ce prémédité ? Savait-il qu’il me laisserait ainsi un jour ou l’autre ? S’est-il convaincu que c’était le moment quand je descendais du camion ? Quand j’entrai dans la boulangerie ? A-t-il su fermer son coeur lorsque je courrais dans le rétroviseur ?

Mon coeur pleurait à chaque fois que je croyais entendre le moteur du camion. Mes yeux scrutaient la rue sans relâche. Marche ! Me disait mon cerveau. Tu vas renaître sans lui, tu vas être capable. Attend ! Me disait l’espoir. Il va changer d’avis.

Et le camion a surgi au coin de la rue. J’ai vu le soulagement dans ses yeux.

Il ne m’avait pas laissée.

Demain, j'arrête

Je pense qu’il vous sera difficile de concevoir à quel point la lecture a été importante pour moi. Même si je décrivais notre relation à la perfection, même si votre empathie dépasse l’imagination… La lecture a complètement façonné mon enfance et mon adolescence. Je vivais mille vies plutôt qu’une. Et chaque vie que je vivais parce que je la lisais, je la vivais avec la même frénésie que j’aurais pu vivre la mienne. Par là, je veux dire deux choses. La première : je ne vivais pas par moi même, je vivais parce que je lisais des vies. Et la seconde : j’ai lu avec folie. Par le nombre. Par la vitesse. Par le manque atroce que cela me procurait lorsque je tournais la dernière page. Je ne revenais pas sur Terre bien longtemps, un autre livre toujours m’attendait.

Je lisais la nuit.
Je lisais en classe pendant le collège.
Je séchais des cours au lycée pour me réfugier au CDI. Et lire.
Je lisais pendant les vacances.
Je lisais devant la télévision.


François, et quelques années plus tard ma petite loutre, m’ont peu à peu détourner de cette activité. Je trouvais enfin auprès d’eux une vie à vivre que les personnages de mes livres pouvaient envier. Non, ce n’était pas tout à fait ça. Auprès de François, j’ai pu être moi-même, vivre en complète liberté. Je n’avais plus besoin de lire pour respirer.

Mais j’ai quand même continuer à lire. Par période. Par temps mort. Lorsque je lis, je ne peux rien faire d’autre temps que la dernière page n’a pas été tournée. Alors je lis très vite, vous comprenez, pour que le temps perdu ainsi ne se compte pas en années. Et je lis minutes sur minutes, sans discontinuité. Je ne mange pas toujours. Je ne dors pas toujours. Le livre me suit aux toilettes. Je mettais un réveil tôt à l’avance pour être sûre d’être revenue à la réalité lorsque mes élèves venaient. Mais la fonction snooze, comme pour ceux qui aiment trop dormir, me trompait souvent.

Une addiction
Petit à petit, j’ai développé un certain dégout de la lecture. Parce que mon amoureux me manquait, parce que j’avais l’impression de gâcher des instants à vivre avec ma fille. En fait, je n’aime plus vraiment lire. C’est une addiction qui me reprend et à laquelle je n’arrive pas à résister.

Je me tiens toujours très éloignée des cigarettes, de l’alcool et des drogues en tout genre car je le sais : je suis une personne très sensible à l’addiction. Rien qu’avec les quelques verres de vin que je bois parfois, je sens quelque part dans ma tête se dérouler le tapis de la folie. Lorsque nous achetions des bières à la cerise avec François, je ne pouvais pas m’empêcher de rôder autour, et je me faisais violence pour attendre l’Explorateur pour les boire.

C’est pathétique. J’ai horreur de ça.

Par chance, ou par intelligence (ne soyons pas trop pessimiste…), je n’ai jamais touché à la cigarette, ni à une quelconque autre fumée. Je sais qu’elles signeraient ma perte.

François me dit que ce n’est pas ça être alcoolique. Pour lui, j’en ai envie parce que j’aime ça, et c’est tout. Mais c’est faux. Je n’aime pas tellement le vin, et la bière, c’est bien pire. L’alcool, même à toute petite dose, m’a touchée de sa langue gluante. Heureusement, c’est une addiction bien connue et nous sommes alertés depuis l’enfance de ces dangers.

Pour la lecture, c’est tout autre chose. On aime les enfants qui lisent, ça les rend intelligents. Lorsque mon père tentait de me décrocher de mes livres, je souffrais énormément et l’opinion publique me soutenait. « Mais enfin, laisse-la lire ! On apprend tellement en lisant… ! » C’est vrai que j’ai beaucoup appris. Sur la vie, sur la mort, sur l’amour, sur la détresse. Je ne gâchais presque rien en fin de compte. Mon corps est resté en bonne santé (il faut croire que lire des courses poursuite maintient en forme), je ne suis pas devenue myope, et mes connaissances accumulées par la lecture pouvaient être mise à profit dans ma scolarité. J’ai même gagné/gardé une vive imagination (peut-être hors du commun).


De plus, lire m’a protégée de l’ennuis.

Ce n’est pas ce que j’ai fait de mon enfance en lisant qui me pose problème, c’est ce que je perds en lisant maintenant. J’ai changé de vie, je suis devenue adulte, et lire me gâche la fête. Je n’aime pas cela en fait, et j’ai décidé d’arrêter. Pour gagner en liberté.

La solution
C’est une idée toute simple : lorsque tu n’aimes pas quelque chose, ne le fais plus. Je n’aime pas passer tout mon temps à lire, perdre ainsi des journées entières, alors j’arrête. C’est simple et pourtant jusqu’à aujourd’hui j’étais incapable de venir à bout de cette suite logique. Comme si lire faisait parti de mon identité et que si je ne lisais plus, je n’étais plus moi. Il me fallait avant tout faire la part des choses. Rien ne m’obligeait, si ce n’est la peur du vide, à être encore et encore la jeune femme qui lit à une vitesse prodigieuse et sans jamais se fatiguer. C’est peut-être un don, peut-être, mais je peux très bien m’en trouver d’autres.

Déjà, j’aime bien plus écrire. Me promener dans les bois. Jouer dans le sable. Apprendre des trucs. Lire un roman vient très très loin dans ma liste des préférences quand je suis honnête avec moi-même.

Pour se libérer d’une addiction, il faut être paré à pallier le manque. Les livres me protégeaient de l’ennui, j’ai donc cherché d’autres solutions pour le combattre. J’ai trouvé le yoga. Lorsque je me sens vide, je commence quelques séries de Suria Namascara et je laisse couler mes pensées. Puisque je n’ai plus lu depuis longtemps, je n’ai plus de livre sous la main. Comme le fumeur, ne plus acheter de cigarettes et s’interdire d’en chiper aux copains, c’est déjà un bon pas.

J’ai ensuite réussi à me convaincre de ce fait : je n’aime plus lire. Plus du tout. Déjà parce que je n’arrive plus à trouver une matière littéraire qui me convient et puis parce que j’ai tant à faire de plus intéressant. Et me rappeler la nausée de la dernière page a fini mon décrochage mental. Lire ne m’apporte plus rien de bon, c’est une évidence.

Et qu’en est-il de tous les livres qu’il reste encore à lire ? J’ai une petite pointe de regret pour eux, il est vrai. Mais enfin : il reste bien assez de lecteurs sur terre pour les user, ces autres livres ! Ils n’ont pas besoin de moi. C’est cela qui m’aide profondément dans mon idée de sevrage (pour ne pas fondre en larmes et déprimer) : les livres n’ont pas besoin de moi. Je ne suis pas une lectrice irremplaçable.

Je ne sais pas si vous allez bien comprendre ce que je dis là. C’est peut-être étrange comme concept. Mon article n’est pas terminé que j’imagine déjà des remarques de ce genre :

Ne sois pas trop dure avec toi-même, si tu aimes lire, continue.
Ma réponse : c’est clair pour moi, je n’aime plus lire. Ca ne me comble plus. Si je continues, c’est seulement par peur du vide et par habitude.

Ou… Tu peux aussi te restreindre à une nombre de pages, de durer, pour être sûre de ne pas perdre ton temps en lisant.
Ma réponse : Oui, juste un petit verre, le dernier. C’est comme ça qu’on se nettoie d’une addiction, c’est bien connu…

Plus rien du tout ?
En toute honnêteté, il y a des choses —nouvelles pour moi— que j’ai décidées de lire. Ce ne sont que les romans que j’abandonne. Il y a par exemple les articles scientifiques, les postes du site journal.cnrs.fr (c’est magnifique !), les encyclopédies, les billets d’humeur, …, en fait les choses courtes qui se lisent franchement et à partir desquelles on discute pendant des heures. Voilà ce qui, maintenant, me plait. Ce qui me raccroche au réel en fin de compte.

Et puis je suis prête à faire une exception pour les amis qui accoucheraient de leur roman. Je le lirai comme une confidence. Ca n’a rien à voir, non mais !

Mon dernier livre
Tout ça n’a pas été très clair pour moi jusqu’à hier. Hier j’ai terminé mon dernier livre. Hier j’ai passé l’après-midi à lire alors que la veille je m’étais déjà couchée trop tard pour finir un chapitre de plus. Et j’ai été profondément dégoutée. C’était un bon livre pourtant. Auto-publié par un jeune auteur, d’une écriture très claire, sans faux synonymes à l’aide de paraphrases (je déteste cela… ! je déteste lorsqu’on comble un manque de vocabulaire par des phrases à rallonge), et même des surprises dans le scénario ! Plutôt chouette en fin de compte.


Mais j’avais mal aux fesses —je lisais sur un rocher— j’ai loupé une belle après-midi avec ma petite loutre qui grimpait pied nu aussi bien qu’un petit singe, j’ai manqué le soleil, j’ai manqué le sable, j’ai manqué de parler avec les autres… Et je me sentais vide dès que je fermais la couverture de ma liseuse. Le réel avait oublié son emprise sur moi. J’étais lessivée.

Retrouver soudain ces sensations m’ont rendue malade et aigrie.

Je craignais cela sans vraiment en saisir toute l’importance. Relire. Me remettre à lire. Un cauchemar. Je disais souvent : « Oh, en ce moment je ne lis plus trop… j’ai peur de ne pas en avoir le temps. »  Mais en fait, on ne comprend la puissance d’une addiction que lorsqu’on la tente. Lorsque l’alcoolique goute du bout des lèvres un verre de vin… J’avais dit à l’auteur : « Je le prends [ton roman], je t’en dirai des nouvelles ! » il fallait bien que je le fasse ?

Hier, j’ai compris ce qu’il y avait de si terrible pour moi dans la lecture. Parce que ce n’est pas un loisir, c’est une habitude compulsive. Ce n’était pas les mots qui m’ont donné du plaisir, ce n’était pas les pages, ce n’était pas l’histoire, c’était cette absence de gestes reposante. Cette façon de ne plus exister. D’être happée. De ne plus se préoccuper de personne. De laisser vivre les personnages à ma place. De ne plus se poser de questions, de les laisser se tromper stupidement.

Hier, c’était la dernière fois.

Un bloc à Bleau

Peut-être que nous nous leurrons complètement sur notre vie. Peut-être que si nous cherchions pour de vrai, verrions-nous des rituels évidents. Cela fait deux fois que nous choisissons Saint-Malo comme étape importante avant de commencer un périple. La forêt de Fontainebleau et celle des Trois-Pignons, sa voisine, commencent à nous être bien connues depuis le temps que nous nous y rendons pour la Saint Valentin ou pour les vacances. Nous y revoilà. La forêt, ses rochers, son sable, son soleil (nous avons toujours son soleil, nous sommes chanceux) et sa varappe et les réflexions qui s’ensuivent. Parce qu’il faut croire que je ne sais rien faire sans réfléchir.


Découvrir le rocher

Grimper continue à me surprendre. Au départ, les blocs me paraissent petits, accessibles. Je ne vois pas la difficulté, je me dis même : « Oh ! On arrive en haut en deux ou trois mouvements ! » Et c’est le cas. Quand on choisit le bon côté, celui qui est respectueusement incliné vers le sable, avec quelques bosses le long de sa cape, espacées comme les marches d’un escalier. Mais les blocs de Fontainebleau ne montrent pas toute leur saveur lorsqu’on ne les regarde que sur une face.


Excellente partie de cache-cache garantie !


On en fait lentement le tour, admirant l’architecture au passage, à la recherche d’un petit nombre —orange, pour ma part. Et c’est là que les choses se corsent. Le numéro repéré, la face est imposée. Une main posée quelque part, là où à première vue elle ne peut que se poser, le pied un peu plus bas sur le rocher et le CORPS trop lourd, qui n’a jamais été aussi LOURD et l’incapacité de s’élever plus de 10 cm du sol.

C’est cela Fontainebleau. Ne rien savoir d'impossible. Croire qu’il suffit d’un peu de force et d’ingéniosité pour que ce corps trop lourd devienne un amas de mouvements sûrs.

L’oeil revisite le rocher. Une écaille. Une vague discrète. Une ligne vers la droite. Un trou miraculeux au dessus. Un pied, oui un PIED GAUCHE ici, pourquoi pas ! Et la sortie. Incertaine. Souvent plate. Enfin, si d’autres ont réussi je peux le faire aussi. Et puis il nous reste toujours la technique du morse qui sort de l’eau…

Encore ici, rien n’est fait. Dans le jargon, cela s’appelle une lecture. Voilà, vous avez lu l’histoire du rocher. L’eau qui coule parfois, une petite rivière du sous-sol, un choc, ou juste le hasard. A Fontainebleau, ne nous leurrons pas, c’est souvent le hasard qui est en cause. Un géologue pourra peut-être vous en dire plus car moi je n’ai retenu qu’une chose : les rochers de Bleau, c’est juste de la folie.


Savoir un bloc

Donc je disais, jusqu’ici rien n’est fait. Vous avez tenté, rien n’a décollé. Vous avez lu, vous avez pensé, vous avez eu une idée et comme par magie l’idée est descendue dans vos membres. Les bras, les jambes, les pieds, le poids du corps, tout se revisite.

J’en avais déjà parlé il me semble dans un article l’année dernière. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à le lire ici.

Après la lecture, il faut tenter l’idée. Il faut l’incarner. La rendre réelle par le mouvement. C’est quelque chose que j’ai toujours eu un peu de mal à faire. Lorsque je sais, enfin lorsqu’intellectuellement j’ai saisi la raison d’être d’une chose, je ne ressens plus vraiment le besoin de m’y intéresser. D’aucuns diront simplement : « Elle laisse tomber. » Oui, mais non. Ce n’est pas exactement ça. Par la compréhension, j’ai bouclé l’affaire. Par l’acte, l’affaire suit son cours. Ca permet effectivement d’aller vite, c’est très écologique comme attitude puisque le cerveau consomme peu et qu’aucun acte ne vient salir le décor, mais enfin, cela nous et surtout me laisse inaccomplie.

En escalade, je ne peux pas faire ma maligne car l’idée ne suffit pas. Il faut nécessairement l’incarner je disais. On ne peut jamais dire : « J’ai compris ce bloc » si le bloc n’a pas été grimpé. Le bloc nous surprend toujours. La main qu’on croyait est bien plus fuyante que prévu. Le pied est patiné par la pluie. La force est insuffisante à ce stade. L’équilibre est perdu, la gravité n’étant pas torse à l’échelle de la terre… (oui, l’idée se fourvoie pas mal parfois sur ce dont est capable l’humain) Et le mouvement, surtout lui, le beau mouvement n’existe que s’il est fait et puis c’est comme ça je n’y peux rien.

L’idée, alors, se teste.


Connecter l’idée au réel

C’est toujours la surprise. Parfois, c’est facile. L’idée et le corps et le rocher ne font plus qu’un. L’homme arrive en haut du bloc. Il est content, un peu fatigué peut-être, et s’apprête à redescendre.

D’autres fois, cela n’est pas si simple. Il faut comprendre et relativiser. Un mouvement de trop ou un mouvement qui manque. Il ne manque peut-être pas grand chose. Une main qu’on n’a pas utilisée pour aider la poussée. Ce pied qu’on n’a pas tourné selon le bon angle. Il manque peut-être pas grand chose…

Le bloc n’est pas très haut. Le pareur nous rattrape au vol, nous aide à atterrir. Et il faut y retourner.

Je fais comme j’ai toujours fait pour réfléchir. Je quitte les lieux. Je me détourne du rocher. Je dis en passant : « Je laisse tomber. Je vais boire un coup. » Mon esprit va voir ailleurs, infidèle comme il est. Un mot. Un arbre. Une lizette. Le sable sur mes pieds. Et puis je compte un deux et trois et j’y retourne.

Parce qu’on n’a jamais compris un rocher tant qu’on ne l’a pas grimpé. Je peux bien dire : « C’est bon, j’ai vu mon erreur. Je vois comment je dois faire. » mais tant que le mouvement n’a pas coulé dans mes bras et mes jambes, c’est comme de taper la discute au sable. Je m’assois devant le bloc. Je le regarde une dernière fois mais en fait mes yeux sont ailleurs. Ils sont dans le corps. Ils révisent, avec ces pieds et ces mains et cet équilibre étrange que j’ai vus sur la roche, ce qui m’attend.

Voilà, c’est cela grimper. Le pied accroche, et la main se pose à plat. Le corps s’élève, la pointe de l’autre pied comme sur une touche de piano pour garder l’équilibre. L’autre main saisit, les doigts se serrent, la jambe se plie et le pied monte haut à la hauteur du bassin. François me dit : « Oui, voilà, et là tu tires tu pousses tu tires tu pousses… » et ce qui me paraissait impossible quelques minutes auparavant se fait à présent avec légèreté et assurance.

« Le pied, pas le genou ! » Je me corrige aussitôt. Je pose la semelle de mon chausson sur le sommet, même si ça me parait tellement plus périlleux que de mettre mon genou, et je m’élance vers le sommet.

Et dans ma tête quelque chose crie : « Voilà ! Tu as compris le rocher ! »

Quel plaisir est-ce de comprendre dans le réel !


J’aime Bleau

J’aime Bleau parce que l’équipement y est simple. Pas de corde. Pas de baudrier. Une paire de chausson (ou une bonne paire de pied), un paillasson pour le sable (pas facultatif), un sac de pof ou de magnésie (très facultatif et déconseillée, la magnésie), un crashpad et un bon pareur qui aime le défit.

J’aime Bleau parce que le sable y est doux. J’aime Bleau parce que la pierre y est à la fois assassine —la peau des doigts pourrait y rester…— et salvatrice tant elle accroche bien !

J’aime Bleau parce qu’il y a les bois qui nous protègent de la pluie et du Soleil.

J’aime Bleau parce que c’est accessible aux enfants. Qu’il n’y a pas le danger d’un précipice. Qu’il y a l’ombre des grottes pour les tenir à l’abri des insolations.

J’aime Bleau parce que les pratiquants y sont sympathiques. On se tutoie, comme partout en escalade me direz-vous, et on s’échange les tuyaux avec une simplicité qui ferait faire des cauchemar aux cueilleurs de champignons.

J’aime Bleau parce que c’est beau, parce que ces rochers, un géologue vous expliquera tout ça peut-être, je vous le redis : c’est de la grande folie ; parce que le sable est si fin et si blanc qu’on ne comprend plus rien à la vie. Enfin, je veux dire : on la comprend une seconde fois.

J’aime Bleau, et vous devriez essayer vous aussi, je vous le dis !


Bonus
La formation des blocs de Bleau
Par Céline =)

Voyez donc : une grande mer chaude, que j’appelle la Stampie. Une houille bien particulière qui, pendant un temps immémorial, fera rouler le sable contre la plage avec une régularité presque magique, faisant ainsi le tri dans la granulométrie. Le sable restera là, la Stampie s’évaporera vers d’autres océans. Le sable recouvert et la pluie qui ruissellera sur le sol. L’eau qui parfois s’infiltrera. Et le sable, qui avec la participation de l’eau, par endroit, précipitera selon des formes hasardeuses, plus ou moins solubles. C’est ce qu’on appelle le grès. Et le vent et la pluie qui déblaieront tout ça, brisant le grès, formant ainsi les rochers et les grimpeurs par dessus. Voyez donc cela, même si l’échelle temporelle n’est pas respectée dans mon tableau.


La physique n’explique pas la magie.

Rencontrer l’abandonné

Ils sont venus vers nous sans avoir peur. « Venez vers chez nous, on a une caravane, il y a une rivière, c’est joli. » Mais nous allions justement partir. « Ce n’est rien, venez quand même voir. » Et puis François a pensé au film Yes man (lisez donc cet article pour tout comprendre) et moi je me disais enfin, c’est pour cela que nous sommes partis. Pour les rencontres. Pour tout ce qu’on ne voit pas lorsqu’on a encore la porte d’une maison pour fuir. Alors nous y sommes allés.

Ils nous ont offert le thé, nous avons visité leur caravane, nous avons pu échanger sur ces autres vies. L’une dans un camion, l’autre dans un terrain vague au bord d’une rivière. Et ils nous ont ouvert la porte de leur petit trésor. Une usine abandonnée, calme et spirituelle comme un monastère, occupée et sereine comme un grand chêne.

Voici l’un des fantômes de l'usine

Nous sommes entrés en retenant notre souffle. Nous avons ri, brisant de notre voix les fantômes qui circulaient là. Nous avons passé les portes fracturées avec précaution, une à une, comme si nous entrions chez quelqu’un de cérémonieux. Nos pas froissaient les papiers, nos mains caressaient les murs et leur poussière.

Cette lumière ! Il n’y a que l’Explorateur pour attraper cela.

L’appareil photo nous a suivi, pour le plaisir d’appuyer sur la détente et d’en apprécier les surprises, bien couchés dans notre camion une fois le noir de la nuit tombé.

Les toiles d’araignée des vitrines.

Et pour vos beaux yeux.

…qui croisent ceux de l’usine.

C’est pour cela que nous marchons. Pour les rencontres, et les découvertes. Merci à nos hôtes de l’instant !

Le pays des Hortensias

J'appelle la Manche le pays des hortensias comme j'appellerais l'Alsace le pays des géraniums. Il arrive des choses étranges dans le monde. Ces hortensias gigantesques sont si beaux devant les austères maisons de granite. Le granite est gris comme les hortensias sont tantôt rouges, rose, bleus, indigo ou blancs, les hortensias sont une évidence ici et l'évidence leur rend bien.


Dans ce pays si particulier, il y a le granite, dur et stable, mais brisé net sur la mer. Il y a la centrale de Flamanville et son réacteur 3 encore en chantier. Il y a l'usine de la Hague. Il y a les restes nucléaires qu'on enfuit, il y a ceux qu'on renvoie dans leur pays d'origine.

Dans ce pays, il y a aussi les cratères des bombes de la libération. Les plages immenses, sans fin, où les soldats sont tombés par centaines, de toute nationalité. Il y a les villes entièrement détruites, les abris où la population s'est cachée parfois. Il y a les monuments, avec les phrases gravées en français, en anglais : « battles for peace ».


Ce pays, c’est un peu l’amoncellement de questions qui nous prennent aux tripes. Quel est la place de l’humain dans tout cela ? Quel est la raison qui nous pousse à construire ainsi dans le nucléaire ? Pourquoi nous battons-nous ? Et toutes ces vies, et toutes ces pierres sacrifiées, toutes ces choses que l’on ne reverra plus. Ces personnalités disparues…

Pourquoi ?


Et encore, ici plus qu’ailleurs, les événements suivent leurs cours, laissant des traces bien marquées dans le paysage, des traces que l’on visite en silence, que l’on photographie, sans jamais jamais répondre à cette question.

Pourquoi ?


Pourquoi arrivons-nous à juxtaposer si bien les hortensias avec le granite ? Pourquoi les cimetières de guerre sont-il si sereins ?

Pourquoi arrivons-nous à mélanger les choses si belles, avec les choses si effrayantes, si inhumaines ?

La brume a-t-elle quelque chose à voir là dedans ?

Nathalie, l’amie au coeur flagrant

Pendant mes deux ans de vie en Franche Comté, j’ai rencontré une personne formidable. Elle s’appelle Nathalie, et j’ai eu la chance d’être l’une de ses amies !

Je l’ai rencontrée grâce à François et surtout, il me semble, grâce à sa générosité. Lorsque nous avons emménagé, nous n’avions rien avec nous. Même pas de lit ! Nous dormions dans des sacs de couchage (oui, nous avions quand même ça…) les premiers jours. François travaillait avec le mari de Nathalie et lorsqu’il lui a fait part de notre situation, il a eu une idée. Naturellement, parce que Nathalie et son mari refaisaient leur cuisine à ce moment là, ils nous ont proposé de récupérer leur vieille cuisinière. C’était exactement ce dont nous avions besoin ! De quoi cuisiner !

Et puis François a été invité a mangé chez eux une pizza alors que j’étais en vadrouille… Puisque j’avais manqué une soirée formidable, ils nous ont réinvités, la famille entière cette fois, et c’était une magnifique soirée !

Notre amitié a grandi mois après mois et au moment où nous sommes partis, Nathalie était devenue une Grande Amie. Une de ses amies qu’on n’oublie pas. Qu’on ne quitte vraiment jamais.

C’est pourquoi nous avons, elle et moi, organisé cette interview. Vous allez voir, que Nathalie, niveau réflexion n’est pas en reste ! Nos discussions étaient d’un intérêt sans fin :-)




Lors d’un petit test sur Facebook j’ai eu la confirmation que tu préférais en général une tasse de thé à un verre de vin. Qu’est-ce que représente le partage du thé pour toi ?

Le thé à l'avantage de pouvoir se boire à toute heure sans avoir l'air bizarre, contrairement au vin (que j'adore aussi). Le "partage du thé" représente un moment d'échange et de bien-être avec des amis, mais je l'apprécie tout autant seule, quand je suis tranquille, assise à table le regard perdu dehors... Il m’aide à penser positivement. Le thé réveille le côté positif et serein en moi.




Quelle est la place de l’amitié dans ta vie ?
L'amitié a une grande place dans ma vie. Je considère mes Amis comme des membres à part entière de moi-même. Pour autant, je ne me sens pas obligée de passer H 24 avec eux ni de leur téléphoner tous les jours, ni de les voir tous les jours pour leur être fidèle et les aimer sincèrement. Une amitié se doit de comprendre le besoin de solitude de l’autre tout en pouvant compter sur lui à n’importe quel moment.




Je sais que tu as à plusieurs reprises changer de vie, de métier, de région,… Le changement, est-ce important ?
Je ne pensais jamais vivre autant de changements dans ma vie ! C'est le hasard qui nous conduit parfois là où on ne s’y attend pas.... Le changement n'est pas une chose primordiale pour moi, ni même "importante", car je préfère la stabilité tranquille et le confort du quotidien. Ceci étant, je crois que le changement est le meilleur des remèdes quand on s'enlise dans une routine qui ne nous convient plus.




Quel fut le plus gros changement que tu aies déjà vécu ?
Le plus gros changement que j'ai vécu est sans aucun doute la naissance de ma fille.
Il n'y a plus ce quotidien qu'on gérait facilement, sans même s'en rendre compte... Tout est chamboulé, tout est sans dessus dessous au début (et encore parfois maintenant !), et on se doit de se surpasser tout le temps pour être a la Hauteur du cadeau formidable qu'on nous a été offert: une nouvelle vie dont on doit prendre soin !




Penses-tu que tu vivras d’autres grands changements ?
J'avoue que je le redoute tout autant que je l’espère! Je n’aime pas qu'on chamboule mes repères et mon quotidien, mais j’aimerais quand même me rapprocher de mon pays, de mes amis et famille, de l'océan qui me manque tant... Donc on parle déménagement (à plus ou moins long terme) ici..... ;)




Mis à part les insectes, quelque chose te fait-il peur ?
Mon Dieu ! Je suis truffée de peurs ! 
Il y a cette pensée de Wilde qui me parait évidente "chaque homme est son propre démon et fait de ce monde un enfer."
Mais j'arrive malgré tout à les occulter pour pouvoir vivre plus ou moins sereinement. 
Mes plus grandes peurs du moment concernent toutes ma fille. 
« Sera-t-elle heureuse? »    « Et si on disparaissait son père et moi, qui prendrait soin d’elle? »  « Qui pourrait reconnaitre ses envies et désirs quand elle pousse ses tout petits cris en souriant ? »  « Qui saurait quand la coucher ? »  « les chansons qu’elle aime que je lui chante ? »  « lequel est son doudou préféré ? »......
Tout cela me panique au plus haut point ! Je voudrais pouvoir être là, ainsi que son père, pour prendre soin d’elle tant qu'elle en a besoin. 




Dans l’interview précédent, François disait que la peur lui semblait inutile. Penses-tu qu’avoir peur de quelque chose fasse parti de la vie ?
Cette réponse est intimement liée à la précédente du coup. Oui, je pense que la peur fait partie de la vie, et tant mieux !! La peur fait que l'Homme a pu survivre et maitriser sa vie. 
Je ne te citerai pas tous les grands philosophes et écrivains divers et variés qui font acte de l’importance de la Peur dans la Vie humaine (car je ne me les rappelle pas tous en détail) mais la peur pousse à nous surpasser, tout comme elle nous conduit à faire attention à nous et aux autres. Personne ne vie sans peur (sauf 1 femme qui a eu un grave accident qui a conduit à la rupture de sa glande amygdale où nait la peur, bref....). La peur est utile et salvatrice, tant que nous ne la laissons pas nous dominer, ou tourner en phobie. 
C'est l’insouciance et la jeunesse qui sont le contraire de la peur, pas le courage ou la force, contrairement à ce que beaucoup pensent. 




Tu as une petite fille de plus d’un an, avoir un enfant a-t-il toujours été une évidence pour toi ?
Avoir un enfant n'a jamais été une évidence, au contraire, et encore aujourd'hui, cela ne me semble toujours pas évident ! Mais quand il est là... Alors là..... 
« Ne nous reste plus qu'à Aimer... puis baisser les yeux devant tant de lumière » écrivait Marie de Solemne.




Et avoir un mari ?
Etre en couple me semblait être un but à atteindre (l'Amour devrait etre le but de toute chose selon moi) en effet; mais ce n'est pas une mince affaire de parcourir la vie en espérant trouver LA personne qui est faite pour nous. On l’espère, on l’attend, on la désire, on désespère parfois aussi... Et quand elle se présente, tout semble évident, naturel, bien que terrifiant aussi! 




Qu’est-ce qui est évident dans la vie ?
Rien n’est évident dans la vie ! J’étais en train de te répondre « sauf l’amour pour nos enfants » mais j’ai dû effacer car même cela, il semble que ce ne soit pas évident pour tout le monde...
Je pense à ces parents qui maltraitent leurs enfants ou les abandonnent... 
Rien n’est évident, rien. Sauf peut-être la mort...? Elle, est une chose évidente à qui personne n’échappe ! Il y a cette prose d'Emilie Dickinson que j’aime particulièrement « Afin que nul ne s'étonne de voir que, malgré tous les sourires, l'on s'interrompe pour mourir. » Je ne suis pas morbide, hein, c'est juste indéniable et de notoriété publique ! ;)  




Est-ce que tu as parois en tête une expérience que tu rêverais de vivre ?
« Vivre est la chose la plus rare au monde. La plupart des gens ne font qu’exister »  disait Wilde.
Alors je me suis posée la question sérieusement pour pouvoir te répondre. Voudrais-je vivre autre chose de nouveau ? Est ce que je ne me contente pas au final de ma petite vie tranquille sans chercher plus loin...? Je ne rêve pas de nouvelles choses, je me satisfait pleinement de la vie que j’ai, avec ses bons et ses mauvais côtés. Je la vis à fond ! Mais comme je l’aime, comme je le veux.
 Un nouveau boulot ? beaucoup me tenteraient en effet, mais pour cela il faudrait que je "perde" le temps que j’ai avec ma fille et mon mari (l’avantage de ne pas travailler !) 
Un voyage ? Pourquoi pas, mais j'apprends déjà à connaitre mon entourage et ses possibilités.
Publier un ouvrage? J'y ai songé il fut un temps quand un ami dans l’édition me l’a proposé; mais je suis trop réaliste pour savoir que ça ne toucherait que peu de monde et trop susceptible pour subir les épreuves de corrections que cela engendrerait forcément ! 




Alors, si d'autres nouvelles expériences doivent venir à moi, je les étudierai avec interet, mais en attendant, je profite de ma vie, aussi simple soit-elle ! 



« Il n'y à rien à espérer. Il suffit de vivre et d'aimer. » (A.Conte-Sponville)




L'avant-Après de Otto


Bonjour à tous, je fais mon entrée dans l’équipe éditoriale de ce blog.

Il faut bien commencer quelque part et j’avais bien envie de vous présenter l’évolution de notre petit camion depuis son arrivée chez nous en septembre jusqu’à son départ sur la route en Mai.

Pas de cambouis par ici
Au risque de décevoir, il n’y aura pas de photos de pistons, d’alternateur, de joint de culasse, ni même de cambouis. Il s’agit uniquement des travaux d’intérieur que nous avons réalisés. Pour la première fois nous avions accès à la propriété, tout était permis !

Au départ nous pensions simplement changer la couleur des meubles et finalement…

6 mois pour tout remettre mais en mieux.

On a tout enlevé, mais alors tout ! Les sièges, la banquette, les meubles, le frigo, le chauffage, le réseau électrique, les rideaux, le tableau de bord, le plancher, les murs...

Nous voulions nous assurer que la carrosserie était saine et la traiter si besoin. Pour ça, pas le choix, il faut tout retirer.

Nous allons passer l’hiver dans notre camion nous avons donc isolé les murs en évitant au maximum les ponts thermiques et en conservant des aérations judicieuses. On a fait de notre mieux en associant de la laine de verre avec de l’armaflex et on à tout habillé avec du peuplier.

Elle sourit mais le chrono tourne toujours! Je suis le genre de mec pas stressant pendant des travaux…
Après avoir mis tous les meubles en pièces détachées, nous les avons repeint et reconstruit à notre façon. Certaines parties ont été modifiées et les portes ont été changées. Lorsque nous somme arrivé dans notre dernier appartement nous n’avions pas de meubles et je nous avais alors fabriqué un grand canapé d’angle. Suite à notre décision de partir nous ne savions plus quoi faire de ce grand canapé. Et bien grâce à ces travaux nous avons entièrement recyclé notre canapé, il est un peu partout autour de nous: dans le plancher, dans les portes, dans les placards…

L’aménagement du
‘salon-chambre-salledebain-cuisine’

Le meuble de la cuisine ne nous convenait pas (et Ikea ne nous proposait rien de satisfaisant). Il comportait un frigo qui prenait une place monstre: on l’a viré pour y mettre la bouteille de gaz, un jerrican d’eau et le mur de croquette de Jedi. Le plan de travail était entièrement occupé par l’évier et l’unique feu. Pour trouver un remplaçant à cet évier, ce qui s’est passé est assez drôle. Nous avons commencé à chercher sur internet ce qui se faisait pour les camping-car. On est vite tombé sur des éviers/double feu à 200€ et compagnie. On a voulu faire plus simple et on a cherché l’évier en inox le plus bidon possible. On bout d’un moment Céline s’écrit:
« Mais il sont fous, ils nous font payer 60€ pour ce truc! Même les gamelles de Jedi… »
Elle se retourne vers ses gamelles, les jauges rapidement du regard puis se retourne vers moi.
« Ha non je t’arrête tout de suite, on prend pas ses gamelles pour nous faire un évier, c’est pas cool pour lui et ça sent le vieux poulet.
- Demain je vais acheter une grande gamelle, toi tu te débrouille pour faire un trou dedans à la bonne taille. Problème réglé. »

Nous avons donc un très bel évier fait d’un saladier de super-marché (elle a changé d’avis en chemin).

Pour le feu, pareil! Ca coutait un bras sans même être ni joli, ni pratique. On s’est donc pris un petit campingaz qui fonctionne du tonnerre.

Notre belle cuisine !

Enfin, ce meuble n’était pas assez grand, nous l’avons donc rallongé en créant une nouvelle partie comportant un placard, un tiroir, une table amovible et une "zone technique" pour notre 2nd batterie et tous un tas de trucs "techniques".

Nous avons aussi rajouté une petite tablette, un mur avec une bibliothèque et un panneau solaire pour assurer notre autonomie électrique.

Céline tenait absolument à réparer le Klaxon, elle en a profité pour entièrement démonter le tableau de bord et le repeindre. Dans la foulée elle a occis les 2 derniers représentant de l’espèce des crocodiles rouge d’Asie pour nous confectionner de nouvelle housse de siège kitchissime.

Le nouvel Otto
Et voilà comment nous nous retrouvons avec notre superbe Otto !

 VS 

  VS 

  VS 



La plage telle que

« Tourne à gauche !
- Là ?
- Euh…
- Trop tard.
- Zut, bon c’est pas grave, tu tourneras là.
- Tu es sûr ?
- On verra bien.
- Ca passe sous la barre, tu crois ?
- Attends je regarde… avance, avance encore un peu… Oui ! Ca passe !
- Oh c’est magnifique ! Et il y a même des jeux pour les enfants !
- Maman ! Maman ! J’ai vu un tobaeuhgan ! »

Un peu par hasard, nous arrivons dans un lieu incroyable. La bruine s’écoule sur la terre et la mer et nous cache presque tout par moment. On ne croirait pas pourtant, mais elle va si bien au paysage ! Ce n’est pas autrement que j’imaginais cette mer. Et nous apprécions ce temps, ce vent, cette pluie si fine, avec la valeur du présent. C’est à dire sans la mémoire des hommes qui se demandent si cela va durer encore. Nomades, nous profitons de tout, même de la brume ! C’est avec un plaisir sans nom que j’ai couru jusqu’à la mer, à travers la dune qui nous était offerte. J’ai très vite roulé mes pieds peu sûrs sur les galets pour toucher du bout des doigts l’écume qui bullait encore tout juste sur le sable doré.

Je n’ai pas d’autres images à vous proposer. Vous comprendrez pourquoi … :

Vraiment. La plage sans fin de chaque côté de moi, quelques rochers sur lesquels chercher de quoi, et la mer si bleue et si claire. La plage, telle que je l’avais rêvée.

L’essence de la plage
La dune, une bande de galet, une autre de sable et finalement la mer. C’est si simple, tellement simple qu’il est évident que la mer ne se découvre pas ici par la vue. Il y a l’ouïe tout d’abord qui repère le ronflement des vagues. Et puis les cheveux —quoi, ce n’est pas un sens ?— qui volent au grès des volontés du vent. Souvent dans les yeux, toujours pour faire des noeuds. Le toucher du sable, à peine tiède, sa douceur, sa façon de se durcir aux chocs, de s’écraser sous mes pas quand je m’approche du bord de l’eau. Et les caresses froides de l’eau et de ses allers-retours.

Il y a la liberté. Jedi qui court avec toute sa force. L’Explorateur qui le suit (ou est-ce l’inverse ?) les bras grands ouverts comme s’il volait. La petite loutre qui s’allonge, parce qu’elle a vu dans un mouvement du sable un petit lit à sa taille. C’était drapeau vert et nous étions seuls face à la toute puissance des vagues, de la roche contre elles, et des falaises des caps de part et d’autre.

Il y a les bras de la petite loutre qui se serrent autour de notre cou et sa voix qui chante vers nos oreille : « Oh ! Je suis trop contente ! » A quel âge apprend-t-on l’ingratitude ? J’espère que cela ne se fera pas. La légèreté de ses pas lorsqu’elle sautille dans le sable pour rejoindre l’aire de jeux gonfle mon souffle.

Le coût d’être carnivore
Je suis une cueilleuse presque chasseuse. J’arpente les rochers à la recherche de coquillages. Un couteau fin à la main, je m’approche en douceur des gros chapeaux. Je glisse la lame contre le rocher, le plus tard l’animal me sentira, plus grandes seront mes chances de le décoller. Et en un baiser, sa coquille se serre contre la roche. Mais mon couteau est trop loin déjà pour son salut. Je force un peu, la bernique saute brusquement. La loutre me regarde attentivement.

Je retourne le chapeau et à l’aide du couteau je décolle délicatement l’animal de son bunker. Je ne sais pas à quel moment la bernique meurt. Est-ce lorsque je l’ai désolidarisée de sa coquille ? Est-ce lorsque je lui retire la poche noire et ocre qu’on m’a conseillé d’ôter ? Est-ce lorsque je la rince encore, la serrant fort entre mes doigts pour la ramollir ? Est-ce lorsque je la croque, encore crue ? Ou est-ce lorsque je la tends à la petite loutre pour qu’elle goute ?

Quel est le niveau de douleur d’un coquillage ? Quel est mon niveau de violence ?

Je connais l’horreur de tuer, le pouvoir de dire je te laisse la vie sauve, parce qu’il est trop petit ou parce que je l’ai simplement décidé, je sais la vitesse à laquelle le couteau arrange la bête de façon à ce qu’elle soit propre à être consommée. Je ne cache rien à la loutre. Je veux qu’elle le sache aussi, et qu’elle choisisse en toute connaissance de cause. Elle saura ce que c’est vraiment d’être carnivore. Tout ce que cela représente, et ce que cela ne représente pas.

Je suis obsédée par la question du geste, du rendement. Est-ce que cela vaut le coup ? Que gagne-t-on, que perd-t-on ? Pourquoi cette direction plus tôt qu’une autre ? Qu’est-ce qui est négligeable ?

Une matinée à “pêcher” les coquillages. Pour quelques grammes de saveurs. Et pourtant le plaisir infini de manger. N’ai-je pas négligemment brûler ce qui aurait dû être autre ? La vie que j’ôte, ce bernique qui années après années a construit ce chapeau au dessus de lui - tout ce que cet individu manquera à l’écosystème - l’effort que je mets dans mes mouvements - la loutre que j’emmène avec moi - et tout ce temps passé ici plutôt qu’ailleurs : quel est le sens ? Je sais que plus nous montons dans la chaîne alimentaire plus il y a d’énergie perdue, au point d’atteindre un rendement négligeable lorsqu’on en atteint le sommet.

Je n’arrive pas à faire de la place à mon existence dans cette idée.

Je jetai la coquille à un crabe qui nous regardait de loin. Je l’ai retrouvé plus tard en train de la sucer, ses mandibules faisant de la voltige autour de mon offrande. Chaque geste compte. C’est une idée affolante.

La douche
Offerte, dans un sanitaire si propre et si beau qu’on le croirait neuf —alors que la rouille présente sur les parties métalliques nous informait bien du contraire, c’est si rare une douche ainsi offerte qu’on ne pouvait pas la manquer. L’Explorateur en a pleinement profité, comment a-t-il fait ? L’eau y est si froide !

Je mouille tour à tour mes jambes, mes bras. Je frotte le sable de mes pieds. Je savonne ce qui a été mouillé (en fait assez peu, vraiment l’eau était tellement froide) et je me demande encore mais quel est le sens ? Fallait-il vraiment que j’aille sous l’eau ? Pourquoi devrais-je laver mes cheveux aujourd’hui quand certaines personnes, qui ont pourtant l’eau chaude tous les jours, s’abstiennent de les laver pendant un mois durant pour des raisons esthétiques ? Voilà, ça n’a aucun sens. Cette douche n’a aucun sens.

Là où il n’y a pas de plaisir, il n’y a cependant pas de souffrance non plus. Qu’est-ce qui me retient de me laver maintenant : de l’eau froide ? juste un peu d’eau froide ? en fait gelée, mais là n’est pas la question. L’Explorateur s’est douché, c’est alors possible. Aller vas-y. Tu hyper-ventileras un peu au début et puis tu t’y feras, c’est évident.

Ou pas. Non alors, ou pas.

Je suis rentrée au camion déçue. « Je n’ai pas pu. » François rit. « Mais quoi donc ? » La douche ! La douche, j’ai renoncé. « Tu ne t’es pas lavée ? » Si un peu, si peu, mais ça compte quand même. Elle était trop froide.

C’est peut-être la température de la liberté ? 15°C. Pas un degré de plus. 

L’océan trop loin mais l'amitié

Quelle bonne blague ! Aujourd’hui le voisin de notre amie est venu trouvé François pour lui dire que la police était passé dans le quartier hier soir, vers 23h. Nous n’étions pas couchés, nous refaisions le monde tous les trois, s’il y avait eu quelque chose nous l’aurions entendu. Cette nouvelle m’a interpellée : « Pourquoi la police est-elle venue ? » C’est un François hilare qui me répond : « On les a appelés pour leur signaler… un loup dans la rue ! »

Un loup ? Notre loup pardi ! Notre loup que nous avions laissé près du camion pour la nuit ! Mais le plus drôle dans toute cette histoire, c’est que la police n’a pas osé cogné à la porte de notre amie, non-non-non, le loup en question leur faisait trop peur !

Alors oui, notre beau Jedi ne jappe pas, ne grogne quasiment jamais, mais à présent nous en sommes certains : il est très dissuasif. Nous n’avons pas de soucis à nous faire ! (et dire que je trouvais qu’il souriait de trop, pour un chien de garde ^^)

Saint Malo et l'océan
Nous sommes passés près de Saint-Malo mais c’était presque horrible. Trop de monde, partout, avec la conscience que chacun de nos gestes était un geste de trop. Impossible de laisser un pipi derrière un arbre, nous étions sûrs qu’une cinquantaine d’autres suivraient. Impossible de laisser une poubelle dans un container, ils étaient déjà pleins. Impossible de chiper de l’eau à un cimetière, tous les camping-cars passaient par là déjà. La mer était belle, mais Jedi ne pouvait pas profiter de la côte, interdite aux canidés. Nous sommes partis, en espérant trouver un peu de mer plus loin, plus accessible, plus libre, en se disant : il faudra revenir à la basse saison.

Nous avons présenté l’océan à la petite loutre, elle a eu l’air de le trouver normal. Normal, normal, tout est normal avec elle ! Rien ne la surprend ou quoi ? Non mais l’océan quand même ! L’océan !

J’ai revu à Saint-Malo une tour dans laquelle j’étais montée avec ma classe de collège. C’était un voyage scolaire, nous avions papoté avec mes amies pendant tout le trajet, (j’avais des amies cette année-là, c’était incroyable !), et nous avions visité la ville intra-muros. Sur les remparts, nous nous sommes arrêtés pour observer la vue. Je dis à l’une de mes amies :
« Alors, tu es contente de voir la mer pour la première fois ?
- Non, je suis un peu déçue que nous ne l’ayons pas déjà vue…
- Quoi ? Mais qu’est-ce que tu me dis ?? L’océan c’est… c’est… ÇA !! »
Fallait me voir insister, là, mais là devant toi ! Fallait la voir plisser les yeux vers l’océan, où Céline tu dis ? Mais LAÀ voyons !!!! Et puis la magie a fait son oeuvre. Ses yeux se sont écarquillés. Elle venait de voir l’océan. Il était marrée haute, la mer était juste en dessous de nous. Mais il fallait la voir.

Ce n’est ici que la baie du Mont Saint Michel, mais quand même :-)

J’ai eu la même difficulté pour montrer l’océan à quelqu’un qui ne l’avait jamais vu. Il venait du Québec, il avait déjà vu la Terre mais jamais de ce côté-ci du monde. Et je lui montrais, je lui montrais, il ne voyait pas. Son cerveau ne disait pas Tiens, et si c’était cette grande nappe pâle que ton amie appelle depuis le début la mer, hein, qu’est-ce que tu en dis ? Non, ça ne venait pas. Et pour moi, dans l’autre sens, il me montrait la baie du Saint-Laurent, immense, je voyais juste un champ de blé fauché. (Non mais quelle idée !) Avant de comprendre. Que c’était grandiose.

Enfin, l’océan quoi. Et la loutre qui trouve ça normal…

Nous avons fait un château de sable. Nous lui avons dit viens on range, les vagues vont nous rattraper. Elle me répondait très sûre d’elle que mais non Maman regarde et qu’il fallait bien que je me rende compte que la mer était loin et que nous, nous étions bien trop hauts pour elle. Alors l’Explorateur a dessiné quatre bandes dans le sable. 4 - 3 - 2 - 1. « Et 0, c’est ton château… ! » Ah ah ! Elle faisait sa maligne l’adorable avec sa logique imparable… Et puis les vagues se sont approchés. « Alors, qu’en dis-tu ? » Pff… Pas de réaction de sa part.

Et la vague a léché le 4. Nous avons plié les serviettes. La vague, sans qu’on s’en aperçoive a fait disparaitre le 3. La loutre a commencé a ramassé ses affaires… La mer s’est étalée sur le 2. La loutre a voulu nous poser quelques questions quand la vague a coulé le long du 1.
« La mer est là Mamaaaan !!!! »

Schlouuuffff… Plus de chateau.

Voilà, j’ai eu mes yeux écarquillés. La loutre a rencontré la puissance de l’océan.

Plus rien n’était normal. Le lendemain, elle a refusé de prendre son gouter sur le sable sec. « La vague va venir maman ! » L’océan était loin, mais déjà trop grand pour elle.

L’hospitalité
Nous avons donc fuit Saint-Malo pour courir vers un ami. C’est Youyou, un ami de François mais… Oh ! Quelle hospitalité ! Su casa es mi casa… ! C’était formidable ! Le droit d’être soi, chez quelqu’un d’autre. L’impression de ne jamais gêner. Comme si la maison, son quotidien, sa vie, était suffisamment inébranlable pour qu’on puisse arriver à cent et que tout aille bien quand même pour lui. L’hospitalité est une force.

Un barbecue, un beau matin, l’envie de rester plusieurs jours, le droit de demeurer ici, le camion qui finalement a campé devant son garage. Ce n’était pas tout à fait prévu comme ça, il habitait loin de la mer quand même, mais l’amitié le valait bien. La sienne : pour sûr !

Et puis une journée à regarder Netflix chez lui —c’est de la folie ce truc ! Je ne connaissais que de nom, n’étant pas très portée ni sur les séries ni sur les films. Mathilda (Roald Dahl, à relire maintenant — tout comme le Petit Prince) Jackpot (bof… il manque trop à ce film pour me transporter) Crazy Stupide Love (c’était mieux !) et In your eyes (un beau coup de coeur ! Quelle émotion !). Aussi Yes Man (bien connu, même de moi) et Zootopia (que tout le monde connait peut-être). Dans ma vraie vie, je n’aurais jamais le temps pour tout ça. Mais comment font les gens ?

Quelque jour à vivre avec des amis. Youyou a une amoureuse très chouette, ce fut un très joyeux week-end. A se balader ensembles*. A faire des hamburgers d’anniversaire, en robe d’anniversaire qui est en fait une robe de mariage qu’il ne fallait surtout pas tâcher, à se voir offrir une tomate d’anniversaire et… un pomelo d’anniversaire parce que le comique de répétition marche toujours très bien ! A boire du vin, très bon, trop bon pour moi qui a toujours peur de l’addiction comme de la folie. J’ai pu être chez lui ce que je voulais tant faire chez moi. Finalement très peu de personnes en ont profité, j’avais l’impression de me rattraper. Savoir très bien accueillir, être très bien accueilli. L’idée est presque la même.

*Je tiens à ce s.

Puis, nous nous sommes rendus dans une autre ville, chez une autre amie. Peut-être l’une des meilleures amies de ma belle-maman. Et puis, avec ce genre de personne, prête à être bien avec tous ceux qui le veulent bien aussi, vos amis sont mes amis et tous les amis de mes amis sont les bienvenues !

En fait, j’avais tant besoin de cela. De l’amitié. De l’hospitalité. De bonheur d’être avec les autres. De parler de tout. Pas de commérage. Rien qui ne ronge les âmes. Et pourtant de la sincérité. J’ai bien senti combien ma peur naturelle du rejet s’est peu à peu amincie. Et j’ai pleinement respiré.

Joli buisson à Sablé sur Sarthes.

Nous avons, cette semaine, fait peu de tourisme. Parcouru peu de kilomètres. Dormi bien tard. Jamais —ou presque— écrit. Et on fait venir la police dans la rue.
Fourni par Blogger.