Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

mercredi, septembre 20, 2017

Je vais bien



Préambule


J'écris cet article en réponse à mon billet précédent, Le difficile âge adulte, déjà pour rassurer ceux qui me connaissent, ma famille et mes amis, et qui ont pu être alertés par les mots que j'employais. Sachez que vous avez été présents autant que vous le pouviez et autant qu'il le fallait parce qu'aujourd'hui, je vais bien.


J'écris aussi cet article par soucis de sincérité, envers les personnes qui m'ont lues et qui ont pu se sentir proches de moi par ce que je racontais. Ce n'est pas que je refuse cette proximité (non non bien au contraire !) mais je ne voudrais pas qu'elle soit fondée sur un malentendu. A la suite de mon article, j'ai vu apparaitre un certain nombre de nouveaux abonnements, cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps et surtout je sais que cela n'était jamais arrivé à ce point là lors de la publication d'articles joyeux. A ces nouvelles personnes, j'aimerais dire très clairement ceci : je suis quelqu'un qui va bien, rencontrez-moi sous cette réalité car je sais combien internet est trompeur et je ne voudrais vraiment pas être coupable d'un quelconque mensonge. Maîtriser son image, et la réalité qu'il parait, n'est pas une chose facile.

Et j'écris finalement —et surtout— cet article pour ceux qui ont réagi à mon dernier billet. Pour ceux qui m'ont laissé des messages, des commentaires (même si je n'ai pas encore répondu à tout le monde ! je m'en excuse), pour ceux qui m'ont téléphoné, pour ceux qui m'ont fait parler, raconter, préciser, réfléchir. Pour ceux qui m'ont aidée à sortir de ça. Parce qu'aujourd'hui, je vais bien.

Quand j'ai écrit


Mardi, j'ai rédigé l'article au cours de la matinée. J'ai commencé peu après le départ de François à sa formation, après avoir fait quelques tartines pour la petite Loutre et une fois que j'étais assurée qu'elle était lancée dans son jeu. La rédaction m'a pris beaucoup de temps. Puis la relecture. Puis la recherche d'une image. Puis l'accentuation de quelques mots choisis. Il était presque midi. J'avais faim, la Loutre aussi et s'impatientait, François rentrerait bientôt pour le repas. Je me suis dépêchée de publier. J'ai cliqué. Et j'ai commencé la préparation d'un repas avec l'esprit pressé et préoccupé. Lorsque François est arrivé au camion, j'ai insisté pour qu'il lise rapidement l'article (ce qu'il a fait) et nous en avons discuté. J'avais la voix feutrée, comme si j'avais déjà pleuré depuis des heures, et j'entendais François me dire : « Je crois que ce n'est pas encore fini, qu'il te reste des choses de cette période… » et je me suis entendu dire : « Je sais que ce n'est pas fini, je le sens partout dans mon corps que ce n'est pas fini… » et je n'ai pas développé car ma voix se cassait.

Ensuite, ce fut l'après-midi. Ma Loutre-Koala jouait encore très bien, et j'ai reçu par e-mail vos premiers messages. Je les ai lus des fois et des fois. En me relisant à chaque fois. Et en pleurant un peu à chaque fois aussi. Au cours de la journée, je reçus d'autres mots de votre part, que je lisais trois ou quatre fois, puis je me relisais encore comme pour bien comprendre ce que vous disiez, et ma gorge se nouait comme si nous parlions d'un deuil. C'était peut-être d'ailleurs ce que je faisais, à l'intérieur, un deuil. Je me disais : je vais faire le clair, je vais vraiment comprendre ce qui s'est passé, et je vais savoir y mettre fin. C'était une décision forte en moi, que j'avais depuis quelques jours déjà, mais je sentais ce mardi que la course était véritablement lancée. J'allais y mettre fin.

Le soir, nous avons reçu la pièce manquante pour la réparation du pot d'échappement. Nous sommes allés la chercher à vélo (parce que sans adresse, nous avons loué celle d'un autre) et nous avons continué beaucoup plus loin vers un magasin de bricolage pour chercher les vis adéquates. Il y avait pas mal de côtes pour atteindre le magasin en question, et des longues et des raides, je me suis forcée à chercher dans tous les recoins de mon corps l'énergie nécessaire pour surmonter avec bonne humeur cette petite course. Et j'ai réussi à ne pas poser pied à terre. J'étais bien contente de moi. C'était, je crois le début. Je donnais un coup de talon au fond de l'eau. J'y sentais de la vase (Bouhouhou ! Avez-vous déjà mis les pieds au fond d'un lac, dans l'eau noire les algues et le limon visqueux ? Brrr !), ce n'était pas très agréable à vivre, mais cela me paraissait nécessaire.

Nous avons essayé de fixer la nouvelle pièce, François et moi, et… au fur et à mesure des essais, fatigue dans les bras et dans le cou venant, ainsi que la nuit et le noir qui va avec, nous venions à nous dire : ça n'ira jamais. Il manquait toujours un centimètre en avant ou en arrière. Impossible d'aligner les vis avec les trous correspondant. Nous en avons pourtant tenter des stratégies ! Il fallait quand même manger et se coucher. Notre Loutre patiente nous avait laissé travailler jusqu'à la nuit sous le camion mais nous savions bien que son estomac à elle aussi criait famine. François a donc jeté l'éponge puis est allé se coucher. Moi, je n'arrivais pas à m'arrêter. Je suis retournée sous le camion, pour voir, j'ai téléchargé un dessin éclaté du système de fixation et je l'ai longuement étudié. François dormait déjà quand j'éteignais finalement notre tablette. Je trouvais (heureusement !) le sommeil sans peine.

La journée super warior


Le lendemain, je disais « Salut, bonne journée » à François avec une énergie que je n'avais pas connue depuis longtemps. Et je retournais sous le camion très très confiante. Je savais exactement comment faire pour réparer la chose. Je m'y prenais complètement différemment de ce qu'on avait fait avec François. Je m'aidais d'un carton, des gamelles du loup, selon une technique qui aurait fait bondir (ou rire, c'est selon) l'Explorateur mais je savais, qui m'était propre. Dans ma tête, ça marchait bien. Sans effort. Je savais à quoi je devais faire attention pour la réparation, tout ce que je ne devais pas oublier (le joint, les rondelles, telle vis avant telle vis…), je me sentais forte forte FORTE.

Et je réussis.

Je réussis seule ce qu'avec François et sa force nous n'avions pas été capables de réaliser la veille.

Je repensais à un exercice que l'on fait parfois lors de cours de communication, pour nous démontrer qu'à plusieurs nous prenons de meilleures décisions que tout seul. François et moi avons tous les deux échoué à ce test. Aussi bien lui que moi avons eu un meilleur score seul qu'en équipe. Ça arrive. Pas souvent. Mais ça arrive. C'était à rendre mal à l'aise son prof et le mien. Il vaut mieux le savoir : nous sommes des leaders ! Héhé !

L'après midi, j'allais dans une salle de block (escalade pas haute sans corde) avec la petite Loutre. Je grimpais sans peur. Des voies faciles, oui, mais absolument sans vertige. La Loutre, surement destabilisée par ce que je lui disais, se retrouva à un moment bloquée tout en haut d'une voie, bien trop haute pour que je l'aide en levant les bras. Je grimpai donc derrière elle pour lui venir en aide. Je n'eus pas peur du tout. Le vide ne m'aspirait pas. C'était assez dingue à vivre, cette indifférence à la gravité. C'était comme avant en fait. J'étais plus forte que l'air autour de moi. Il ne se creusait pas sous mon regard. Un air normal, somme toute. Un air redevenu normal à respirer.

Ce jour là, il y eut d'autres signes, que je devine ennuyeux à raconter dans les détails et ennuyeux à lire ensuite. C'était une journée merveilleuse, mon sourire avait une saveur nouvelle dans ma bouche. Ma voix était agréable à entendre. Mon corps était chouette à maîtriser. Et mes pensées étaient intéressantes à suivre. Je me disais sans cesse : « C'est moi, ça ?! Mais je suis géniale en fait ! »

Se sentir géniale comme je l'étais ce jour là, sachez bien que ce n'est pas se sentir au dessus du lot, ce n'est pas péter au dessus de son cul comme on pourrait vouloir nous faire croire. C'est s'apprécier en réelle conscience, s'aimer et aimer ses faiblesses et tout ce qu'on réussit et tout ce qu'il reste à combler. Un être humain, c'est perfectible, mais c'est génial. L'intelligence humaine c'est absolument stupide mais c'est génial quand même.

Et après ?


Passé l'euphorie de cette première journée, quelque chose d'autre est resté en moi. J'ai gardé la beauté des éléments dans ma tête. Voilà quelque chose que je tiens à préciser, parce que cela me semble très important à comprendre :

Mes jours ne sont pas devenus, du jour au lendemain, absolument merveilleux. Le monde n'a pas changé. Notre camion fait toujours des couacs. La Loutre crie toujours trop fort. Jedi ne donne toujours pas sa balle dans les temps réglementaires. François n'est pas toujours d'accord avec moi. Les amis ne sont pas toujours accordés. Les gens ne sont pas toujours aussi intelligents qu'ils le devraient. Moi, je ne rigole pas H24, je fronce des sourcils, je grogne, je m'énerve, je sue, j'ai des poussières dans les yeux et la goutte au nez quand il fait frais et tout et tout…

Ce n'est juste pas pareil à l'intérieur de moi. Le monde ne me rend plus malade. Mes dents ne grincent plus sans raison. L'aigreur myriapode dans ma tête s'est entourée d'un cocon de soie. Et je ris mieux. Je regarde mieux. L'ombre des nuages sur les monts me touchent, vous comprenez. Ils me touchent comme ils ne m'ont plus touchée depuis des années. C'est comme si ma myopie avait diminué. Lisez-moi encore si vous êtes arrivés jusque-là parce que ce que je vais raconter maintenant est absolument incroyable.

Tête à deux réflexes


A vrai dire, je me demande vraiment si ces retrouvailles avec moi ne seraient pas que passagères. C'est arrivé soudainement, naturellement, et je sais aujourd'hui que les descentes peuvent arriver tout aussi soudainement et naturellement. Je le crois encore, je n'étais pas en dépression. Il m'était toujours resté une volonté forte, si forte qu'elle devenait désagréable, comme un morceau de couenne trop difficile à mâcher. J'avais cette volonté en moi et je ne savais pas comment l'exercer. Elle ne s'exerçait pas car il me manquait une joie de vivre absolument nécessaire au développement de mon intelligence. Aujourd'hui, je sens la volonté qui coule dans mes membres (je me suis toujours sentie très incarnée, tellement que j'incarne même ce que je touche, l'air autour de moi et les objects qui m'observent), je la sens couler comme cela ne m'était plus arrivé depuis longtemps. Je chérie cette retrouvaille et je voudrais qu'elle ne cesse pas.

J'insiste, mais comprenez bien ceci : concrètement rien n'a changé, je ne fais rien de plus, je ne pense rien de plus. Si je ressens la génialité de mon être, si j'ai beaucoup de gratitude pour ce que je suis et ce qu'est le monde, c'est uniquement parce que ma pensée a changé. C'est uniquement ma manière de vivre à l'intérieur qui a changé, qui s'est retrouvé. Je ne l'ai pas inventé, ça n'a pas été conscient ni travaillé, ça m'est offert. Et parce que ce don m'est soudainement redonné, j'ai peur qu'il me soit retiré tout aussi rapidement qu'il l'a été il y a quelques années. C'est un fait que je ne contrôle pas.

Dans mon esprit, un autre passage s'est ouvert. Je le sais car l'ancien passage est encore actif. Hier, lorsque François m'a proposé de marcher jusqu'aux falaises, je savais que cela représentait 3 ou 4 km d'effort. Avec peut-être un sac à dos. Avec une Loutre à encourager. Un loup à surveiller. Tout ça, oui, pour une falaise que je ne grimperai même pas. J'étais contente, car je sentais l'effort à venir comme une vie à croquer. Parce que je savais que les paysages qui m'attendaient sur le chemin valaient la peine qu'on les observe. Parce que cette petite marche avec ma famille et les deux amis grimpeurs de François, je le savais, allait me faire du bien.

Et en même temps, vraiment en même temps, derrière, j'ai senti les autres neurones se mettre en route. J'ai senti qu'ils dirigeaient mes muscles, qu'ils les rendaient mous, déjà fatigués. Je les ai senties s'allumer, s'activer, j'ai bien vu la carte qu'ils dessinaient dans ma tête et je les ai sus capables de me faire dire : « Non, je ne viens pas. Ca ne m'intéresse pas. » A cause de l'effort. A cause du manque de désir. A cause de l'indifférence.

Je l'ai perçu comme un mauvais réflexe.

Je me suis dit : « zut je vais finir avec deux personnalités. Il ne manquait plus que ça »

Et je me suis dit aussi : en fait, entre les deux messages de mon cerveau, celui qui arrive dans mon corps, c'est le bon. Celui qui me rend forte, qui me rend heureuse de venir et de faire la marche. Je suis en train de gagner.

François trainait à préparer ses affaires d'escalade. Je voyais que nos compagnons étaient quasiment prêts à partir. Je ne voulais pas non plus l'attendre longtemps. Dans ma tête une colère culpabilisante s'est mise en marche. Non mais c'était quand même pas à moi de préparer ça, je ne grimpe même pas ! J'allais être désagréable avec lui, l'Explorateur, mon amoureux… J'allais pourrir ma journée, m'aigrir, assombrir le soleil de tout le monde avec ma mauvaise humeur…

Et puis non, parce qu'en même temps j'ai ri. J'ai ri de le voir discuter au téléphone avec sa maman, de l'entendre lui dire « je raccroche, j'ai des affaires à préparer et je suis le dernier » et de ne rien préparer pour autant mais de regarder Facebook. Je me suis gentiment moquée de lui. J'ai regardé la Loutre faire des allers-retours à vélo, qui attendait à sa manière. De la bonne manière : en vivant sa propre vie. Et moi, naturellement, je faisais pareil. Je parlais au téléphone avec ma belle-maman, je souriais aux amis de François, j'étais là. C'était ça que mon corps faisait. Ma tête activait deux chemins neuronaux, mais mon corps vivait le plus fort des deux, et le plus fort des deux c'était celui qui me rend vivante.

C'est dingue d'avoir un cerveau qui pense de deux façons différentes, en même temps. Je me dis la bonne et la mauvaise façon même si je ne juge pas vraiment mes deux esprits. C'est seulement qu'il y en a un que je préfère.

Mon objectif maintenant est de privilégier la bonne façon de penser. 

A propos de l'aide


Je donne peut-être l'impression de me débrouiller très bien toute seule, avec ces soucis psychologiques, au point certainement que tout paraisse superficiel. Quand je parlais d'aide, dans mon précédent billet, j'étais plus que sincère pourtant. Je suis persuadée que cette petite renaissance n'est due qu'au travail que j'ai réalisé pour écrire mon article, et à l'écoute que j'ai reçue en retour. Me retrouver n'est possible (c'est magique tout ça) que parce que j'existe ailleurs qu'en moi. Que parce que je suis comprise quelque part…

Je me suis demandée si l'aide dont j'avais besoin était de celle d'un professionnel. Comme je le révélais à Ars Maëlle, je ne fais vraiment pas confiance aux médecins et aux thérapeutes. Je ne les crois pas capables de me comprendre. Oh, il y a certainement quelque part quelqu'un d'assez intelligent et empathique pour recevoir ce que j'ai à transmettre et qui soit de plus diplômé, mais le trouver, celui-là, me demandera combien d'énergie, combien d'euros, combien de jours ? Ca ne vaut pas le coup, j'en suis certaine. Percer ma confiance n'est vraiment pas une mince affaire. Me soigner, c'est trop galère. Même rien qu'une angine, alors quelque chose qui ne se voit pas … ?

L'aide, je la cherche, je vais la chercher ici, dans vos mots, dans les miens en retour, et aussi dans les jours, ceux de la vraie vie. J'ai téléphoné avant hier. Mon coeur battait la chamade, je ne suis pas douée avec le téléphone, et j'ai entendu une dame dans mon oreille qui était exactement comme il me fallait. Naturelle, claire, qui savait se mettre à mon niveau sans s'agacer.

Là est toute la difficulté. L'autre jour, je reprochais à François de trop s'énerver contre les objets. « C'est idiot mon cher. Les objets ne ressentent pas ta colère. Tandis que moi, si. » Il allait dans les bois pour y trouver un petit coin. Une branche le frappe au front. Paf ! Il fulmine quelques secondes puis se reprend. Allez, il reste calme, ce n'est qu'une branche, il ne va pas s'énerver contre une branche quand même ! Il avance de quelques pas, très content d'avoir su se contenir quand… Une nouvelle branche le frappe plus fort que la première !

J'ai beaucoup ri en écoutant son histoire. Il ne faut pas attendre que le monde nous félicite pour nos bonnes actions. Ce n'est pas parce qu'on a pris une bonne résolution qu'il ne pleuvra plus pour nos tours de jogging, que les magasins bios seront ouverts le jour où l'on y passe, que la voiture fonctionnera pour se rendre à l'association où l'on a décidé d'être bénévole…

Ca ne tient à rien, que tout se passe comme il faut. Par contre, ce qu'on a à l'intérieur, doit être plus solide qu'une coïncidence. Ce n'est pas parce que je suis prête à être bien, que les jours seront faciles. Mais tout me sourira quand même. Parce que les bonnes connexions se sont réveillées. Je vais les faire gagner.

Ce n'est parce que je suis prête à trouver de nouveaux amis, à faire des rencontres salvatrices, qu'ils surviendront dans ma vie. Pourtant, parce que les bonnes connexions se sont réveillées, m'ouvrir à eux va m'aider.

Peut-être trouverais-je une oreille. Une oreille diplômée, ou une oreille amicale. Ou des yeux. D'autres yeux. Les vôtres… ? Des mots à moi, à vous, qui nous comprendrons. Toujours est-il, les bonnes connexions se sont réveillées, ça va aller. Je vais bien.

6 commentaires:

  1. C'est magnifique, la vie, n'est-ce pas ?

    Tu résonnes chez moi, Céline, en ce moment. Tellement. Quand je te lis, c'est comme si j'entrais dans un alter-ego. Ca peut sembler fort comme terme, mais je trouve que c'est juste. Je fluctue et mes articles s'en ressentent. Et du coup, certaines personnes croient vraiment que je vais mal alors qu'en fait .. Non ! C'est passager. Je devrais peut-être leur dire aussi !

    Tu sais, c'est pour ça que j'écris. Ecrire me permet de faire ce travail d'acceptation, de compréhension sur mes sentiments, sur ce qui doit sortir, et pourquoi. A chaque fois, avant d'écrire j'ai le coeur gros. Pendant, parfois je pleure. Ca prend du temps, c'est long. Après, je suis soulagée. Et enfin, grâce à cette aide venue des mots des autres, je suis réconfortée. Quelques heures/jours après, le "problème" a disparu. Je suis au clair. Et je vais bien :). Alors je te crois !

    Ce que tu as dit à Ars Maelle, concernant les thérapeutes ... Je ne crois pas que tu aies un ego énorme, comme tu en as peur. On m'a conseillé mille fois de me faire aider pour divers soucis. Jamais pu. Pas confiance. Et surtout, la certitude que je ne trouverais pas une personne assez solide, capable de déjouer mes mises à l'épreuve, capable de VRAIMENT comprendre, au fond du fond, ce que je VEUX dire. J'ai l'impression que je suis consciente de mon fonctionnement "trop" et que personne ne pourra vivre ce "trop" avec moi ... Ils ont beau avoir des diplômes, ils n'en restent pas moins des personnes comme les autres. Je sais que ça peut paraître condescendant, ce que je dis, mais je pense que tu comprendras.
    Ca me pose un vrai souci en ce moment pour un autre sujet. Il faut que je trouve un spécialiste précis, c'est déjà compliqué. Mais en plus, j'ai l'impression que je pourrais lui faire dire ce que je veux sans effort, et que donc, ce sera inutile.

    Quant au côté "deux réflexes" de la chose, ça me fait beaucoup rire ! La majorité du temps, je choisis le côté "bonheur". Parfois, par auto-sabotage, je choisis l'autre alors que je sais ... Comme si j'étais à un carrefour indiquant "tristesse" et que j'y allais de plein gré pour me perdre un peu. Sont-ce deux personnalités ? Parfois, ça donne le vertige, on se croit complètement fou ! C'est rassurant de voir que d'autres osent parler de fonctionnements aussi intimes. Et qu'ils collent avec les nôtres. Alors merci.

    Merci de nous dire que tu vas bien. Merci d'être aussi sincère. Merci pour tout. Je suis heureuse de te lire aujourd'hui.

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  2. Cet article fait plaisir à lire, il donne de l'espoir, que c'est possible de rebondir, de canaliser sa volonté dans quelque chose, de DECIDER quelle partie de son cerveau on écouter et arrêter de se contenter de suivre celui des deux qui parle le plus fort. Et en même temps tu es très lucide, consciente que cet état est probablement éphémère et que rester sur ce chemin pourra s'avérer bien compliqué, certains jours... Je te souhaite en tout cas de garder ce cap et de t'épanouir dans cette nouvelle énergie, d'y puiser des choses bénéfiques et de la sérénité. Bon courage pour la transition camion-maison.

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    1. J'étais contente de lire tes mots Cléa, j'ai pris du temps pour te répondre par crainte de dire des bêtises. J'ai vraiment très peur que ce nouveau "je vais bien, tout va bien" s'arrête… alors tout ce que je pourrais écrire sera mensonge. Honnêtement, entre mon cerveau qui va encore mal, et celui qui me rend "bien", ce n'est pas moi qui choisis. Là d'ailleurs réside toute ma faiblesse. Je ne sais pas exactement ce qui fait que la "bonne" voix s'est enfin réveillée. Jusque là, je suis ton souhait, je garde le cap. J'arrive à rester moi, la moi joyeuse et créatrice de joie comme je sais le faire. Malgré tout ! Il n'y a rien de logique là dedans, c'est de la psychologie en fait :-)
      J'espère aussi avoir de tes nouvelles. Je sais que tu connais aussi dans ta vie un grand changement.

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  3. Mensonge vraiment ? Je le vois plutôt comme une vérité dans un contexte donné. Ce qui est vrai pour toi en ce moment ne le sera probablement plus demain. Ce sera juste une vérité qui a cessé d'exister, pas un mensonge.

    "entre mon cerveau qui va encore mal, et celui qui me rend "bien", ce n'est pas moi qui choisis". Ah, cette phrase... Je sais qu'on te l'a beaucoup dit ces derniers temps dans les commentaires... Mais cette phrase, elle me parle, c'est moi. Je ne l'ai jamais dit comme ça, évidemment, mais cela décrit parfaitement ce que j'appelle mon spleen. Des vagues de mélancolie contre lesquelles je ne peux lutter. Je m'étais disputée avec A. à ce sujet. Il trouvais que je me complaisais dans cet état, sans comprendre vraiment que je n'avais pas le choix de m'y trouver, et que je préférais l'accueillir plutôt que le combattre inutilement et y perdre de l'énergie.
    Tant mieux si tu arrives à conserver ton toi joyeux. C'est quand même moins triste ainsi :)
    Peut-être est-ce aussi que tu es entourée des personnes qui font ressortir cette joie en toi ?

    Oui, le changement... Je pensais que ce serait un tournant radical, mais il s'étale sur plusieurs mois (j'avais écris au début "plusieurs moi", sans s, drôle de coquille), c'est un long virage maintenant. J'essaie de rester patiente et de ne pas le brusquer. Ca me parait horriblement long, mais j'ai besoin de cette lenteur. Je crois...

    Amitiés, Céline :)

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    1. Pas un mensonge dans l'instant, pas pour moi ni pour toi, tu as raison. Mais un mensonge pour ceux qui sont susceptibles de venir lire ce qui est écrit ici. Plus le blog perdure, plus il a de chance de devenir incohérent. De dire une chose, d'y croire, d'y faire croire, puis d'en dire une autre bien différente. J'essaie de faire attention, de ne pas déclarer de vérités. "Je vais bien", ça me semble aussi important que "je vais mal".

      Mais voilà, aujourd'hui je n'entends plus du tout la mauvaise "voix" dans ma tête. Elle s'est tue depuis des jours ! C'est merveilleux :-) Le virage (pour reprendre ton mot, parce que je le trouve bien pour mon cas aussi) a été long : plusieurs années !

      Mes amitiés à toi aussi :-D

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Céline.

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