Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

vendredi, août 04, 2017

Le dos d'âne



En ces jours caniculaires, les routes et les bâtiments rayonnent la chaleur comme s'ils la vomissaient. Heureusement pour nous, il existe encore par ce monde des zones d'ombre fraiche. Les couleurs de la carte correspondent à peu près à celles que l'on peut trouver dans la nature. Du gris pour la caillasse (ou tout ce qui a un comportement proche de la brique réfractaire) et du vert pour l'herbe tendre et les feuillages salvateurs. C'est évidemment vers ces derniers que nous nous dirigeons et des premiers que nous nous méfions.

Le Loup, lui, a trouvé sa place au frais !
Je suivais la carte des yeux, l'Explorateur suivait mes indications. Les rues étroites et à sens unique de la ville (brûlante, tout volet clôt) me faisaient peur. François cherchait des yeux les rues que j'évoquais et soudain ! mon fauteuil m'éjecta ! L'Explorateur à côté était chamboulé tout autant et la Loutre ouvrait grand ses yeux brusquement sortis de leur sommeil. Comment le Loup vécu la chose, je ne puis le voir. Je criais au conducteur « Mais bon sang, tu ne pouvais pas regarder la route ! » et le conducteur vociférait contre toutes les communes qui jalonnent leurs routes d'obstacle aussi infranchissable quand soudain… Je le vis dans le rétro extérieur en même temps que François le criait : les vélos !

Les dos d'âne sont une véritable hantise pour notre camion. Nous les passons au pas, le compteur n'était pas assez précis pour nous dire à combien de km/h en dessous de 20 nous nous situons alors. L'avant monte, hop, on avance un petit peu, puis l'arrière, hop, les vélos oscillent et nous accélérons de nouveau (si on ne nous dépasse pas sauvagement entre temps). Notre lenteur énerve, c'est certain, mais les contraintes que vit Otto doivent être bien différente de celles des pseudo catcat des élus municipaux. Autrement dit : nous n'y pouvons rien et nous pestons bien souvent contre cette grande mode de faire des routes des parcours d'obstacles. Les dos d'âne se trompent de cible, je vous le dis. On ferait mieux de planter quelques arbres autour et au milieu de la route, ça rafraichirait le cerveau de tout le monde.

Le bond sur le dos d'âne était tel que notre porte vélo s'est décroché d'un côté ! François arrête tout de suite le moteur, il court pour soutenir le porte vélo qui, de son dernier bras valide, tente de soutenir la lourde charge. Il m'appelle au secours. J'arrive, nous tentons une réparation express, que nenni, le porte vélo a l'épaule démise. Alors, je descends les vélos pendant que l'Explorateur soutient toute l'affaire et nous allons nous garer un peu plus loin pour réparer tout ça. Notre plaque d'immatriculation est tordue et une belle surface de peinture a quitté la carrosserie. François parvient à redresser les bras du porte vélo, je ne suis pas d'attaque à lui remonter le moral pour les autres dégâts. Je me réjouie que l'accident ne nous ait pas coûté une vitre ou un éclairage. Cette petite mésaventure nous broute un peu de bonne humeur, surtout que dans la foulée, nous brisons la vitre de l'écran de notre tablette. Il ne sera pas si facile de la réparer, je pense…


Loutre nous faisant la cuisine


Dans la Saonne et Loire, nous passons à côté de véritables châteaux de princesse qui ravissent notre Loutre, grande fan des châteaux forts et autres. Nous traversons la Loire, esquivons avec soin le paquet de noeuds d'autoroutes de Lyon (que nous rejoindrons lorsque nos amis seront disponibles !), et nous nous arrêtons au bord de l'ombre, juste sur une herbe miraculeusement moite. Ici, notre Loutre cuisine pour nous.

J'ai l'impression qu'une multitudes de choses nous échappe, entre elle et nous. Je nous surprends à user de phrases autoritaires qui n'appellent qu'à la rébellion et à la justification. L'Adorable réagit automatiquement. “Oui mais…” devient son début de phrase favori et elle ne manque pas de faire le contraire de ce que l'on voudrait. Pourtant, l'Adorable reste fidèle à elle-même, en dehors de nous. J'essaie d'introduire un peu de distance entre elle et le couple parental que nous sommes, puisque nous représentons de toute évidence l'élément déclencheur de sa rébellion.

Elle s'endort deux heures après qu'on l'ait couchée… Pourquoi en faire une guerre puisque c'est elle qui nous lève tous les matins ?
Elle refuse de travailler de façon formelle avec nous… Pourquoi en faire une guerre puisqu'elle est capable de mener une tache jusqu'au bout et ne manque pas une occasion de nous poser questions sur questions ?

J'apprends (encore ! ça ne finira donc jamais ?) à lâcher prise et à remplacer mes « Je veux que tu… » par des « J'ai besoin de faire… ». Je fais attention à ne plus donner d'ordre mais à nous placer devant une situation à résoudre, ensemble. Je ne veux pas d'une relation conflictuelle et autoritaire, je veux de l'entraide et une confiance mutuelle. Des dos d'âne, il n'y en a pas que les rues. La vie de parent en est jonchée.

Et ne fais pas mine d'être surprise ma fille…

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Céline.

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