Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

jeudi, mai 11, 2017

L'insouciance d'exister

Le vent et le soleil frappent le haut du camion (j'ai replié le toit, tout va bien), Le Loup est allongé sagement devant la porte, La Loutre contourne sérieusement les contours et se ravit de ne pas déborder. J'ai replié le toit, tout va bien.

L'Explorateur grimpe dans les gorges. Peut-être avez-vous vu passer ses articles d'escalade. Des jours et des jours que nous étions sur ce parking si accueillant (on nous offrait l'eau, le soleil, le paysage, les sourires, l'herbe tendre sous un toboggan) quelque chose dans mon coeur gonflait GONFLAIT à en devenir insupportable. Notre camion aux pneumatiques lisses à en voir la ferraille nous a bien incité à rester sur place. Un garage a fait semblant de nous commander les pneus deux fois. François a fini par en appeler un autre qui n'était pas en capacité de nous aider (pour des biellettes et des rotules) pour être redirigé vers un autre encore — mais qui m'inspire confiance. Ce dernier garagiste nous promet des pneus dès le lendemain alors sans remord aucun, on laisse tomber le premier garage qui nous les promet pour la troisième fois dès vendredi.

J'attends donc le coup de téléphone qui m'indique que les pneus sont reçus comme promis. Mais plus dans le village ! Ah ah ! J'ai réussi à faire bouger tout le petit monde (surtout François qui tenait trop à ces gorges plutôt que de s'intéresser à la mienne, j'suis jalouse d'une falaise allez donc voir ailleurs si ça vous gêne) et nous sommes au bord du lac au camping sauvage interdit mais toit replié et à 10h presque du matin, c'est plus du camping mais un simple stationnement. Et j'attends.

Le vent souffle, les arbres remuent et la surface de l'eau houille un peu comme si c'était la mer. Une mer d'attol sans aucun doute vu la couleur. Le petit ilot en face est charmant à souhait.

Hier la Loutre en arrivant a demandé s'il était possible de se baigner le lendemain. J'ai dit « Même aujourd'hui en fait » sans y penser. Je l'ai entendue demander quand nous étions posés où était sa serviette, dans la case de papa ai-je répondu automatiquement, et puis je l'ai vue partir, la serviette sous le bras, vers le bord de l'eau. Elle a étalé sa serviette sur le sable, cachant les empreintes des caprins, puis a fait crachoter le tauky posé à côté de ma fesse droite. *tchouuk maman, j'ai besoin de ma pelle de mon râteau et de mon sceau tchouuk*

Le vent a finalement eu raison des envies de plage de la Loutre et les petits cailloux que nous avions posés sur la serviette pour qu'elle ne s'envole point n'ont pas suffit à réchauffer l'adorable, elle est donc rentrée rapidement. Nous lisions un nouveau magasine envoyé par sa mamie en poste restante quand soudain on entend des clochettes. Et puis leur odeur de paille et de crottins et finalement le Loup qui grogne pour se rassurer. On sort vite du camion et le pasteur et son troupeau passe devant nous avec ses chiens de berger. Ils flairent le Loup qui ne fait pas son malin (Hé mec ! Balise pas comme ça, ce ne sont que des chèvres ! — Elles font un bruit bizarre avec leurs gorges. — Tss tss tss, t'as de berger que le nom toi ! C'est une cloche ! T'es bête comme un mouton, toi ! Allez, à plus, y'a le boss qui me rappelle.) Ceci explique bien les vestiges de pattes du sable et les petits crottes rondes du chemin.

Une nouvelle rafale. La Loutre s'écrie : « J'ai peur pour la cabane ! ». Faut dire que je suis tout à l'heure vite sortie du camion pour courir après la niche du loup tandis qu'elle roulait droit vers la plage. Je n'avais surtout pas envie d'avoir à plonger dans le lac (même s'il est plus chaud que l'Hérault) pour la récupérer pendant qu'elle joue à l'optimiste. Finalement, je l'ai attrapée une première fois, elle a glissé de mes mains pour rouler plus vite encore et plus loin encore et plus proche encore du lac, j'ai accéléré et j'ai assuré ma poigne sur l'armature de la cabane avant de la ramener comme une ado malmenée jusque derrière le camion. Elle est à présent coincée entre le vent et Otto, je rassure la Loutre avec ça.

Je cherche à travailler pour septembre qui vient. Je me sens très fragile psychologiquement. Je ne supporte aucune incohérence, aucune injustice, aucune compétition dirigée par autre chose que le bon sens. Pourtant je suis très motivée. Et à priori très compétente. C'est dommage, je sens venir le gâchis de loin. François me dit « Tu es toujours très positive, reste-le et ça va aller. » je reprends courage avec ses idées, je les tente et voilà qu'on me renvoie toujours la même réponse incompréhensible à mes yeux Votre candidature n'a pas été retenue car le contrat proposé est réservé à des publics répondant à des critères particuliers. Pour une offre, je vous tiens au courant, destinée aux débutants avec pour unique pré-requis le niveau BAC ou équivalant. J'ai l'impression de chercher à parler à un ordinateur, avec une machine qui a honte de dévoiler son algorithme. A quel genre de -isme abject suis-je cuisinée ? Là, je n'avais pas postulé. J'avais simplement posé une question.

En attendant, messieurs mesdames, j'attrape les mouches à main nue. A force d'entrainement, le succès retentira peut-être quelque part et j'aurais probablement l'insouciance de ne pas m'en préoccuper. Quitte à ne pas exister de trop, autant que ça soit assumé et fait avec brio.

Sur ce, quelques images de mes deux chouchous : la Loutre et le Loup :-)
Jedi cherche un tout petit bout de bois.
Loutre et Loup jouant ensemble.
Loutre essayant mes nouvelles lunettes.
Camion admirant la vue.
Loup les pieds dans l'eau.

4 commentaires:

  1. coucou,
    toujours un plaisir de vous lire ,même si pour moi les termes techniques de l'explorateur sont du chinois...
    quelles belles photos et la loutre si belle ...je vous souhaite de garder votre belle énergie et vos idéaux. Et pour toi Céline, comme te le dis françois la confiance..je vous embrasse ...babette

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    1. Bonjour Babette !
      Nous sommes super contents d'avoir un message de ta part ! Je ne pensais pas que tu nous lisais ! François te fera peut-être un jour un petit cours sur l'escalade, il aime toujours autant discuter avec passion sur tous les sujets :-)
      Nous t'embrassons tous, toute ton absolument géante famille aussi !

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  2. Coucou Céline,

    Vous cherchez à vous poser pour septembre, que tu envoies des candidatures ? Bon courage en tout cas, c'est sûr que y'a de quoi perdre son positivisme quand on lit les réponses (et quand réponse il y a...).

    J'espère que vous avez reçu les pneus depuis !

    PS : tu dis que tu es jalouse des gorges de l'Explorateur, mais toi tu ne le mets même pas dans tes chouchous ;)

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    1. Oh mais l'Explorateur n'est pas un chouchou ! J'assume… C'est mon amoureux ! Rien à voir.

      Oui, j'aimerais débuter un nouveau projet en septembre (ou octobre). Je candidate pour un métier qui m'aiderait à me sentir utile (ce qui me manque le plus aujourd'hui). Mais si personne ne veut de moi, j'ai un plan B hyper cool !

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A bientôt !
Céline.

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