Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

mercredi, mai 10, 2017

Hybridoïde



Style : Terrain d’aventure
Dénivelé de difficulté : 280 m
Longueurs : 8
Cotation : TD+ 4b/5c/6b/6a/6a/6b+/6a/6a+
Site : Verdon
Grimpeur : Romain
Toujours Catsoyannis à l’ouverture de L3 à L5 et Pascal Faudou pour la suite. Les 2 premières longueurs de cette voie sont en commune avec une célébrité : L’Offre. Ensuite quelques spits indiquent le chemin jusqu’à L6 et L7 où là, l’équipement est béton et dense. Résultat on peut se demander si c’est encore du terrain d’aventure. Pour moi la réponse à cette question n’est pas simple, il est difficile d’être objectif étant donné que j’aimerais avancer dans ma liste TA et que ça m’arrangerait bien de cocher celle-ci. Néanmoins étant donné l’espacement entre les points dans les parties à compléter, si on part strictement avec du matos de voie sportive, on se retrouve à faire du solo avec une corde aux fesses. À partir du moment ou la pose de protection n’est plus une question de confort mais bien une question de sécurité alors je crois qu’on peut considérer qu’on est dans du TA. C’est subjectif, sujet à controverse mais ça permet aussi une bonne discussion autour des termes d’engagement et d’exposition.


L0

L’accès se fait en suivant le sentier Martel qui commence à l’entrée des gorges, au niveau du point sublime. On s’engage dans un tunnel obscur traversant la falaise et on en sort par une fenêtre (la deuxième) en enjambant la balustrade. De là on attaque directement la voie.

L1 - 4b

Cette fois je n’ai pas l’intention de me faire promener, je me propose donc pour commencer en tête. Cette longueur est très facile ce qui permet de se remettre dans le bain pour la pose des coinceurs qui est ici franchement facultative.

L2 - 5c

Romain pose quelques protections histoire de dire qu’il ne fait pas la longueur en solo. Encore une fois, la longueur est assez simple.

L3 - 6b

Je repars en tête mais cette fois le niveau est un cran au-dessus. Je suis assez content des protections que je pose. Avec quelques contorsions je parviens à mettre un de nos trois friend dans une belle fissure. Il s’agit d’un vieux friend que Romain a récupéré sur une paroi. Je m’engage dans la fissure, le prochain spit est encore loin. Je monte les pieds bien hauts et… je zip. Romain ne s’y attendait pas (j’avais pas mal de mou), moi non plus et je me prends donc un bon vol sur ce vieux friend de brocante. Il ne bronche pas et tant mieux. Si je ne l’avais pas mis, c’était le caillou qui m’arrêtait, c’est sûr. Pour cette raison et peu importe la qualité de l’équipement pour le reste de la voie, cette longueur justifie l’appellation TA. Je suis bien content qu’il m’ait retenu mais je n’ai pas envie de passer la journée dessus. Alors je rejoins vite mon friend et je réfléchis à la suite. Je ne me sens pas de retenter le coup à l’identique alors je décide de mettre un autre friend plus haut et de me faire une pédale (et tant pis pour la gloire). Dans mon envie d’atteindre le prochain point, je ne me vache pas à ma pédale. Si le friend se décroche, tout tombe dans le Verdon (à 65 € le friend ça fait un peu mal). Romain me répète de me vacher dessus mais je n’entends rien et mon cerveau refuse d’y penser tout seul. Heureusement il tient et je rejoins le relais sans encombre.


L4 - 6a

C’est au tour de Romain de partir en tête. Je lui redonne le matos et (je ne comprends toujours pas se qui s’est passé) le fameux friend qui avait échappé au vide lors de mon ascension se retrouve détaché du reste du matos et commence à dégringoler du relais. Avec Romain on se regarde, un billet de 50 vient de prendre son envol. Romain a vu où il était tombé alors il décide d’aller le récupérer. Je le mouline sur 80m, il le retrouve (ouf) et se retape les 80m en moulinette. Après ça je lui demande quand même s’il veut repartir en tête mais sa ballade l’a un peu fatigué et c’est donc moi qui m’y recolle. Cette fois il n’y aura pas de grosse difficulté, je prends mon temps et ça passe. Par contre je me surprends à retrouver les mêmes sensations que lors de mes premières voies en tête. Je sais que j’ai le niveau et la force pour passer les obstacles mais j’hésite à m’engager.


L5 - 6a

Comme à son habitude Romain est assez avare de protection, d’autant qu’il y a quelques spits dans la voie.

L6 - 6b+

Cette fois l’équipement est béton mais je rate une intersection et j’attaque tout droit dans une fissure que je me retrouve à devoir protéger. Pour revenir je devrais retraverser pour retrouver la ligne de spits. J’arrive sur une vire, je n’ai plus que 2 dégaines, le tirage et terrible et je prends donc la décision de faire le relais ici avec un cade et un spit. Romain commence à me rejoindre et en y regardant bien je me rends compte que le relais (le vrai) était finalement juste au-dessus de moi. Dommage, le tirage était de toute façon trop gênant.


L7 - 6a

Romain est visiblement frustré de trouver tous ces spits. Pour se venger, il n’en met qu’un sur trois, ça pimente un peu son ascension et ça m’oblige à bien m’appliquer dans les traversées (sinon un joli pendule m’attend).

L8 - 6a+

La dernière longueur est pour moi, dans le doute je prends les coinceurs et je fais bien. Les spits sont rares dans cette dernière longueur. On arrive enfin en haut, Romain ne parle pas beaucoup, il me confie qu’il a eu froid tout le long de la voie. 




Je le charrie un peu mais il faut bien avouer que les températures ne sont pas torrides. Le matin suivant les sommets alentour se sont tous recouverts de neige. Il avait peut-être raison finalement, c’est un peu frisquet la région en ce moment…


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