Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

mercredi, février 22, 2017

L’agenda du passé


Au cours de notre périple nous avons rapidement dû faire plusieurs constats.
Tout d’abord nous sommes incapables de suivre un programme ou de respecter un agenda (si personne ne nous attend au bout du chemin, on ne pose pas des lapins quand même). Avant de partir je me souviens, j’avais fait un planning de notre premier mois de voyage. Nous avons respecté le programme pendant 2 semaines puis nous sommes partis en sucette. Fort de cette expérience j’ai revu mes objectifs à la baisse, j’ai fais mon programme sur 2 semaines et nous l’avons respecté 3 jours. Voilà, nous sommes capables de prévoir à peu près ce que nous allons faire le lendemain et c’est à peu près tout… 

Passons la vitesse lumière
Second constat, le temps semble… distendu ! Effectivement on se souvient de cette randonnée dans les Alpilles mais c’était il y a longtemps, nous n’étions pas les mêmes personnes avec le même vécu, les mêmes expériences de vie et… oui Céline ? C’était vendredi dernier, tu es sûre ? Voilà le genre de blague que nous joue le continuum espace temps (et pourtant Otto est loin de rouler à la vitesse de la lumière). Le fait est que : nos jours comptent triple, les semaines nous semblent être des mois et les années des éternités. 
Si on vous demande où vous étiez il y a 3 ans, le 12 avril, j’espère pour vous que vous n’en avez qu’une vague idée. Nous subissons le même phénomène mais en hyper contracté. J’ai donc pris l’habitude de prendre une note sur chaque journée de notre voyage, juste une petite chose ou deux, un fait marquant (comme on disait dans ma réunion d’équipe du lundi matin). Depuis que la Loutre apprend les jours de la semaine, ma note a pris l’habitude de se matérialiser sous la forme d’un petit dessin avant de se métamorphoser en lettres.

Ce petit agenda dessiné a posteriori, on commence à l’aimer alors voilà, on vous le présente. Je n’ai jamais été bon en dessin, l’espace est exigu et le feutre grossier, aucune chance d’en faire une BD mais ça me fait un fil conducteur pour vous faire le récit de notre semaine. Voici donc l’agenda de la semaine qui vient de s’écouler.
Voilà ce qu'on a fait cette semaine.

Lundi
Après 2 jours passés à arpenter le massif de Roquebrune, nous commençons à bien connaitre le sentier humide qui mène aux rochers rouges.
Les jours précédents nous avions exploré les chaos rocheux et les grottes du massif.
Mais nous sommes bien installés et pas pressés de repartir. En plus il y a ce sommet, avec ses croix que nous n’avons pas pris le temps d’aller voir, nous décidons donc d’aller les les voir de plus près. 180 m de dénivelé plus tard nous voilà donc avec les trois croix de Roquebrune.
Le massif de Roquebrune vue depuis les trois croix.
La Loutre a tout monté et même si elle a râlé pour faire les derniers mètres je crois qu’elle est contente d’avoir tout grimpé. Le reste de la journée est consacré à des jeux pour la Loutre et de la correction de roman pour Céline.

Mardi
Pour la Saint Valentin Otto nous sort le grand jeu ! Surchauffe dans les côtes menant sur les hauteurs de Grasse suivit d’une très grosse incontinence du circuit de refroidissement en arrivant à Cabris. Heureusement, pour revenir dans le thème, la Loutre nous découpe des coeurs qu’elle m’offre avec sa Maman dans une belle enveloppe. Une fois de plus, avec la Loutre et Jedi, on prend nos affaires et on va explorer le site d’escalade du coin. C’est plutôt sympa mais pas très dur.

Mercredi
Après un trajet à scruter l’aiguille de température, nous arrivons à Gourdon, un village forteresse perché sur un rocher avec une vue incroyable sur les Gorges du Loup, les montagnes et la mer méditerranée.
Gourdon et ses falaises.
Nous sommes au sommet des falaises, une grande prairie nous attend, le soleil est au rendez-vous, nous en profitons pour nous dégourdir les jambes avant de réorganiser les cailloux du coin pour faire un dessin. 
Séance de course poursuite pour tout le monde. 
Céline en pleine création de mandala.
L’après-midi nous visitons le village et nous nous engageons sur le chemin du paradis, le sentier menant au fond de la vallée 500 mètres plus bas. La règle du jeu c’est que je suis un lapin, la loutre aussi, Céline et Jedi sont des loups et le reste est un peu flou. Ce qu’il faut retenir c’est qu’on doit courir, sauter, manger et se faire manger pendant toute la descente. 
Ca ne se voit pas mais un loup essaye de me bouffer les pieds.
Le bon côté des choses c’est que j’ai a remonté un louveteau/lapin (je ne sais plus trop à ce stade) particulièrement calme.

Jeudi
Tout commence tranquillement, il fait beau (pour changer) et j’ai bien envie de trouver des grimpeurs pour découvrir les gorges du loup. Pour l’itinéraire les consignes sont simples : on descend tranquillement dans les gorges, on se gare à un endroit tranquillou et on ne prend SURTOUT PAS de grosse montée. Un demi heure plus tard Céline fait des burns dans les virages de Bar-sur-le-loup en me maudissant moi et mes chemins de tordu. C’est vrai que "chemin du pont cassé" c’était un peu louche, j’aurais dû me méfier. Jamais je n’ai emprunté de côte aussi raide, pas même avec une voiture qui tient la route. C’est pas la côte où tu descends de ton vélo pour le pousser mais celle ou tu laisses ton vélo en bas et que tu finis à pied.
Les gorges du Loup et leurs côtes à 72% réservées au moins de 13t.
Après cette mésaventure nous continuons notre chemin en oubliant l’idée de grimper dans ces gorges pour cette fois (et en empruntant des routes conventionnelles) jusqu’à La Colle-sur-le-loup. Dans les gorges, malgré tout le soin qu’elle prenait à éviter l’eau, la Loutre y a quand même trempé une chaussure.

Vendredi
Arrivée à Nice, nous réalisons que notre plan pour dormir à La Trinité est en fait super foireux pour notre camion (maintenant on regarde les lignes de niveau avant de prendre une route). Petit détail auquel nous n’avions pas fait attention, ce week-end c’est le carnaval. Ca ne libère pas vraiment de place pour se garer… Après quelques heures à tourner nous trouvons enfin une place à l’extérieur de Nice "spéciale camping-car". A peine garé un homme indien vient nous voir : « No camping here! Parking only! If people see you, they take photos and call the police ». Ca commence bien… On décide finalement d’appeler la police nous même pour savoir ce qu’il en est : a priori il n’y a pas de problème, ce sera notre maison pour 3 jours. On a enfin retrouvé nos copains à Nice. Ils sont géniaux, on le sait avant de venir mais ça fait du bien de les retrouver et de rigoler avec eux!

Samedi
On débarque chez nos amis avec un plat de banana pancakes. On avait eu le temps de les préparer sans problème, pour une raison inconnue, Céline et moi nous étions réveillés, frais comme des gardons à 5h30. Et oui c’est ça de ne pas travailler, on peut se permettre de se lever à n’importe quelle heure… Les copains nous font découvrir Nice, on mange italien, on leur prête la Loutre et ils nous font gouter les fameuses pizza napolitaines (à ne pas confondre avec les vulgaire pizza italiennes).

Dimanche
On comprend enfin les dire de notre indien. Il habite dans un des camping-car garés et il ne veux surtout pas que des nouveaux venus attire l’attention des résident locaux et de la police (il faut dire qu’on est un peu voyant avec notre loulou et sa cabane XXL). Ce détail éclairé nous partons rejoindre nos amis l’esprit tranquille. Cette fois nos amis nous font découvrir les spécialités niçoises. Nous goutons la socca, manquons la pissaladière à cause d’une tarte tomate basilic appétissante et passons une formidable après-midi avec nos amis. La soirée se prolonge avec un curry improvisé, on voudrait rester encore et rigoler avec nos amis mais de la route nous attend demain et Jedi a faim. 

4 commentaires:

  1. Quel plaisir de suivre vos itinéraires chargés de découvertes et d'émotions!
    Les agendas et planning ne devraient servir que de références - difficile de les respecter. Souvent on s'impose des objectifs qui nous font perdre contact avec le temps et avec nous-mêmes. Pas intéressant!

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    1. De plus, le chemin parcouru est tout aussi important que l'arrivée et j'ai toujours tendance à l'oublier. Regarder avec François cet "agenda du passé" me rassure : ma vie est quand même bien remplie en fin de compte !
      Nos journées comptent triple, nos souvenirs s'entassent et se mélangent, ça aussi me fait prendre contact avec le temps. A moins que… ce soit ça, le "bon temps" ?

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  2. Ah, Gourdon ! C'est un plaisir de mettre une image sur cette ville évoquée dans la chanson de Jacques Higelin "Août-Put".

    Le but de votre aventure s'est aussi de se défaire des contraintes d'un agenda, non ? Ne pas avoir le stress de se dire, aujourd'hui il faut qu'on fasse tant de km pour tenir tel objectif (sauf si vous avez des rencontres de prévues, j'imagine).
    Le trajet a toute son importance dans un voyage. Michel Onfray l'explique très bien dans une de ses conférences. À l'époque de l'antiquité, le concept de voyage était vraiment lié au trajet que l'on faisait pour se rendre à un point, et pas le temps que l'on passait à ce point-ci. Le fait de vouloir se rendre toujours plus vite à un endroit enlève un peu de cette magie. C'est encore pire avec l'avion, où l'on parcours des milliers de kilomètres sans s'en rendre compte.
    Vos circuits, peu importe l'agenda, vous permettent de renouer avec la route. Ce n'est pas des kilomètres juste pour avaler des kilomètres, mais aussi pour le plaisir du trajet (détrompez-moi si je m'avance trop).
    Ca me rappelle mes grands-parents, qui pour faire un trajet Lyon-Martigues traînaient leurs enfants dans un voyage de dix heures même après la création de l'A7, pour le plaisir du voyage du départ en vacances. "On faisait parfois des détours de trois heures juste pour aller voir des vieux cailloux", raconte encore mon père qui lui fait désormais le voyage en 2h45, 3h avec une pause. D'un côté je le comprends (moi aussi à 10 ans je n'attendais qu'une chose, c'était d'arriver à la mer), mais d'un autre je me dis que j'aimerais bien aussi un jour partir faire de la route juste pour voir où cela me mène, sans agenda, juste pour le plaisir de découvrir des nouveaux endroits tout au long des kilomètres.
    Bonne nouvelle semaine à vous !

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    1. A notre départ, François éprouvait le besoin de se projeter. Le trajet, notre trajet, ne pouvait pas être trop anarchique… et puis il s'est fait contaminer par mon nihilisme ^^ Au fond, nous vivons parfaitement ce que tu décris via Onfray et les souvenirs de vacances de ton père. Cela va même plus loin puisque le voyage se confond avec notre vie. Ce n'est pas un événement spécial, le voyage, c'est tous les jours.
      Bonne semaine à toi aussi ! Merci pour ton message :-)

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Céline.

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