Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

jeudi, octobre 13, 2016

Le gouffre de Padirac


Même sous la terre, le monde continue de tourner. C’est comme lorsqu’on se découvre un nouveau muscle le lendemain d’une journée riche d’un mouvement nouveau. La courbature incongrue nous ouvre les portes vers une nouvelle connaissance. C’est comme lorsqu’on traverse une ville dont on n’a jamais entendu parler et qu’on y voit de l’activité. Mais comment tous ces gens ont-ils su que ça se vivait par ici ?

Même sous la terre, le monde continue de tourner. Et ma conscience s’ouvre un peu plus. Je mets toutes mes connaissances au service de ma conscience, toujours. Je ne sais pas si c’est un comportement commun, il me convient bien. Ce que j’apprends enrichit mon regard aveugle et mon écoute des odeurs. Je désintellectualise tout pour l’apprendre avec un esprit qui ne pense pas.

Même sous la terre, le monde continue de tourner. Chaque formule, chaque nom scientifique, chaque geste technique, chaque explication participent ainsi à ma sensation de l’Univers. C’est dans cette dimension mystique, quand ce qui m’est personnel et l’universel s’entremêlent sans chercher à se reconnaître, que les associations se font. Tout se permet. L’imaginaire sans volonté au service des réalités.

Même sous la terre, le monde continue de tourner. J’ai vu une vallée se creuser à l’abri du regard du soleil. J’ai senti la panique de quelques hommes lorsque la lumière, soudain, s’est éteinte dans l’eau froide de la rivière. J’ai entendu furtivement le feulement d’une échelle de temps qui ne me regarde même pas. J’ai gouté l’eau éclairée et son reflet sur les stalagmites. J’ai su que ma conscience était fine, mais si fine que le monde ne peut à peine y glisser un petit doigt.

Même sous la terre, le monde continue de tourner. Je ne saurai pas vous décrire le phénomène, je ne sais même pas s’il est vrai. Comme lorsque j’entre dans une pièce et qu’une vague piquante de sentiments m’éclabousse le visage. Qu’est-ce que j’imagine ? Qu’est-ce qui est vraiment ressenti, par les autres, par moi ? Qu’est-ce que je suis bien capable de comprendre et qu’est-ce qui m’échappe encore parce qu’il m’échappe encore ? (On ne sait pas ce qu’on ignore.)

Ce monde qui continue de tourner, même sous la terre, même partout et de mille façons différentes, à mille échelles, à mille temps incomparables, c’est une fractale beauté. Qui me touche à chaque fois autrement.

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Céline.

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