Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

jeudi, septembre 15, 2016

Pourquoi fait-on l’amour ?

C’était un sujet que je voulais aborder depuis longtemps déjà, sans réussir à me lancer sans support. Après avoir lu l’article de Melgane (pourquoi fait-on l’amour, justement), je me suis dit que c’était absolument le moment. De plus, actuellement, nous avons mis notre vie nomade en stand-by puisque nous sommes restés plus d’une semaine chez mes parents à l’occasion du superbe mariage de mon petit frère. Nous restons encore quelques jours à proximité de la famille de l’Explorateur en attendant que sa petite soeur vienne passer quelques jours en France et pour passer un peu de temps avec Papi Gaston (je pense que François écrira quelque chose à ce sujet, je n’en dirai donc pas plus)… autrement dit : ce n’est pas aujourd’hui que je vais rédiger mon (grandiose) article « la vie normale en combi. »

Alors, pourquoi fait-on l’amour ? Je souris un peu en lisant la question, ayant quotidiennement à mes côtés une petite loutre qui n’a parfois que ce mot à la bouche : pourquoi. D’écouter ma fille, j’en suis venue à la réflexion que pourquoi était finalement un mot très vague.

Déjà, pourquoi confond allègrement la cause et le but. Melgane ne nous a d’ailleurs rien précisé en nous posant cette question et lorsqu’on y répond, il vaut mieux être parfaitement clair sur ce point. Ma fille a du m’entendre en parler avec son père car elle a depuis quelques mois changer certaines de ces questions en « Pour quoi faire… ? ». Ma foi, avec cette expression, nous savons tout de suite à quoi nous en tenir.

Pourquoi-faire ?
Il me semble que c’est le plus facile à aborder. Melgane, si j’ai bien compris son propos, nous démontre dans son article que la réponse « pour se reproduire » a été longtemps appuyée par l’Eglise mais que tout démontre que c’est un peu rapide. Et effectivement, personnellement je fais régulièrement l’amour avec l’Explorateur et pourtant, je porte un stérilet. De toutes évidences, je ne fais pas l’amour pour me reproduire. Comme le dit également Melgane dans son article, ce n’est pas une évidence pour tout le monde et des confusions sont régulièrement faites. Pour ma part, je n’ai pas envie de m’éterniser sur ce sujet.

Donc : on/je ne fait/s pas l’amour pour se/me reproduire.

Faire l’amour pour moi est partager avec (au moins) une personne un moment agréable d’ordre intime et physique. Ces trois mots en gras sont importants car ils décrivent ce pour quoi je vais répondre. Agréable, cela signifie que les différents partenaires vont en retirer un plaisir. Intime, car ce qui va être fait pendant l’acte va devoir toucher les partenaires au plus profond d’eux. Physique, parce que échanger des confidences ou des mots doux, ce n’est pas faire l’amour même si ça s’en rapproche.

L’idée du plaisir pourrait à elle seule suffire à expliquer le pourquoi. Faire l’amour procure un plaisir quasiment imbattable. On pourrait faire l’amour toute la journée sauf que c’est quand même fatigant et puis en toute honnêteté je préfère parfois regarder le soleil se lever dans la rosée, que de faire l’amour. Ou plonger dans une mer déchainée que de faire l’amour. Ou —cela concerne plus l’Explorateur— remonter les falaises du Verdon en escalade, que de faire l’amour. Faire l’amour procure un plaisir quasiment imbattable, mais faire l’amour ne suffirait pas à remplir toute une vie.

Faire l’amour permet aussi de s’ouvrir à une relation avec ses partenaires qui soit à la fois intime et physique. Cela ne se fait pas autrement qu’en faisant l’amour et c’est probablement ce fait qu’utilisent les bonobos (ou les dauphins) dans leur société. Et que nous utilisons dans la notre aussi, même si nous n’en avons pas la pleine conscience.

Je ris souvent lorsqu’entre élèves des écoles ou collègues on cherche à savoir qui à coucher avec qui. A mon sens, on cherche à savoir qui a connu ça avec qui. Ca, ce truc si particulier et indescriptible qui a été de faire l’amour avec ! Il est important de le savoir, pour comprendre un temps soit peu les relations qu’entretiennent les uns et les autres, ce n’est pas un détail anodin.

On utilise parfois l’amour —et je l’ai fait— pour faire la paix. Parce qu’en faisant l’amour on ne peut que difficilement mentir, se cacher, ou même se moquer de l’autre, faire l’amour permet de remettre une relation sur le chemin de la sincérité.

Faire l’amour a tout un tas d’utilités et vu que je ne sais absolument pas être exhaustive je ne vais pas tenter d’en faire le tour. Si votre imagination n’a pas de limite, prenez donc ma définition et vous verrez bien tout ce que vous pourrez en faire dans vos relations aux autres. A mon sens, faire l’amour est bénéfique. Je ne pense pas que tout le monde devrait le faire avec tout le monde, cela perdrait d’ailleurs de son caractère intime, et il me semble aussi qu’un couple peut très bien se construire sans le « passage au sexe ». De plus, comme faire l’amour ne suffit pas à remplir toute une vie, j’imagine tout à fait une vie qui vaut le coup sans avoir une fois fait l’amour… On ne fait pas l’amour pour réussir quelque chose, on le fait car on le désire et les circonstances nous le permettent.

Mais d’où ça vient ?
La question de la cause est toujours la plus délicate, et elle est souvent sujet de débat. La cause n’est pas une notion très bien définie et moi-même j’éprouve régulièrement le besoin de chercher la cause des causes.

Pourquoi fait-on l’amour ? Qu’est-ce qui nous pousse là-haut ?

Il y a plusieurs réponses d’ordre scientifique qui parleraient d’instinct naturel, d’hormones, de construction de la société… Comme le dit rapidement Melgane dans son article (si vous n’avez pas encore compris, je vous conseille vivement de lire son post avant le mien ^^), faire l’amour n’est pas propre à l’être humain. D’autres animaux —je crois uniquement des mammifères— connaissent le principe. Alors, oui, peut-être, que faire l’amour c’est inscrit dans nos gènes, quelque part, que, de toutes façons, ce n’est pas une invention, ni une découverte, que cela fait parti intégrante de notre espèce.

C’est peut-être du sentimentalisme, mais ces explications ne me suffisent pas. Pourquoi faire l’amour est-il apparu dans la Vie ? Parce que c’est une construction organique compliquée quand même ! (le fait qu’on puisse s’émoustiller comme ça, l’orgasme, les sexes qu’on peut toucher, … je vois mal des oursins faire l’amour autrement que philosophiquement lors de leur saison de reproduction !).

Et puis : mais pourquoi est-ce qu’on continue ? Pourquoi l’humain, qui a le pouvoir de se détacher de ses instincts par la pensée, continue-t-il à faire ce truc presque inutile ?

Je ne saurai pas vous dire pourquoi faire l’amour existe, d’où cela nous vient alors je vais me contenter de mon expérience personnelle.

Ce qui me pousse à faire l’amour, c’est déjà la conscience que mon corps a été prévu pour. Je ne sais pas bien pourquoi ni comment, mais voilà, je suis née comme cela. Je pense ici que c’est la base, pour faire l’amour avec qui que ce soit : il faut inévitablement avoir conscience de la capacité de son corps à faire l’amour. Cela ne nous oblige pas à tout savoir de nous, et il y a toujours à découvrir, mais un minimum est requis. Savoir que notre corps et nous tout entier aimons. Savoir ce que notre corps et nous tout entier réclamons. Savoir ce que notre corps et nous tout entier refusons. Sachant un minimum sur ces trois points clés, je me suis lancée avec quelqu’un qui y répondait aussi, et nous avons fait l’amour.

Ensuite, je fais l’amour parce que cela m’offre une relation avec l’Explorateur qui n’est pas que conceptuelle. Nous faisons l’amour et nous nous connaissons aussi comme cela. L’Explorateur n’est pas qu’un homme très intelligent, très drôle, très beau, très agile, très fort, humain au possible, l’Explorateur est aussi tout un corps qui réagit intimement au mien. Cette connaissance là n’a pas de prix.

Si je me contentais de ces deux réponses, il n’y aurait aucune raison pour que je ne fasse pas l’amour avec d’autres personnes. Et pourtant, c’est souvent le cas : quelque chose nous pousse à nous restreindre, à ne garder cet acte qu’à des êtres d’exception et puis même… qu’à un seul être sur Terre.  Alors oui, faire l’amour, c’est mystique, et c’est dit dans l’expression, cela est une des manières que nous avons à notre disposition pour concrétiser l’intuition la plus grande et la plus curieuse qui soit : l’amour.

10 commentaires:

  1. Décidément tu ne sais pas être exhaustive, je vais t’aider à compléter : très honnête, très perspicace, très organisé, très pédagogue, très courageux, très modeste,….

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    1. Merci François ! J’avais oublié le plus important : les trois petits points ! :-D
      Au fait, tu veux encore un pancake ?

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  2. Article que j'ai trouvé intéressant, léger tout en étant plein de vérités. J'aime ces trois mots que tu définis, et cette idée qu'il est important d'accepter cette réalité de notre corps, et la part physique de ces relations entre deux personnes qui s'attirent et se complètent.
    J'ai juste une petite remarque de l'ordre de l'intime à rajouter. Nous faisons l'amour avec des mots et des gestes tendres qui ne vont pas jusqu'au rapport sexuel parce que c'est notre choix. Justifié par nos passés physiques douloureux, nous préférons laisser à nos corps le temps de s'exprimer pleinement et de se découvrir tout doucement.

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    1. Bonjour Julie, merci pour ton petit message ici !
      Il existe mille façons de faire l’amour et il y a bien une chose que je ne pourrais jamais faire : visiter l’intimité d’un couple afin de juger de quelle façon ils le font. Le niveau d’intimité et de proximité physique que l’on accepte d’accorder au moment est une chose très personnelle qui ne peut d’aucune manière être critiquée.
      Je pense qu’il faut être parfaitement tranquille avec ça. Faire l’amour, c’est entre partenaires et c’est aux partenaires de trouver les gestes justes. Tu parles de votre passé douloureux, moi je pourrais te parler aussi de pleins d’autres choses qui influenceraient la façon dont j’accepte de faire l’amour. Et personne n’a absolument rien à me dire à ce propos.
      A bientôt Julie, j’ai vu que tu avais publié un article, je vais trouver le moment pour te lire.

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  3. Je sais, je sais, j'ai dit que je viendrais plus tard mais comme je suis lancée... ^^'
    Sur la question du mot pourquoi je ne suis pas d'accord. "Pourquoi" est le but et "pour quoi" est la cause ! Parce que "pour quoi" sous entend le faire (en gros "pour quoi (faire)"). "Pourquoi" c'est la cause, et "pourquoi (le) faire" nous ramène au but, mais on est obligé à l'oral de préciser le "faire" puisqu'il n'y a pas de différence de sonorité entre "pourquoi" et "pour quoi".

    A part ça je n'ai absolument rien à ajouter (en gros je chipote sur un mot et je m'en vais, pardon !).

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    1. Roh la la… C’est pas comme ça que tu vas avancer sur tes devoirs !! :-P

      Je suis d’accord avec ta correction orthographique et je pense qu’au début de ta phrase tu as inversé ce que tu voulais me dire. Pourquoi -> la cause et pour quoi (faire) -> le but.

      Mais je ne pense pas que cette distinction orthographique convient à toutes les questions. « Pourquoi marches-tu ? » Si ta réponse commence par pour c’est une histoire de but, mais si c’est parce que tu parles de la cause.

      Alors lorsque que tu demandes « pourquoi fait-on l’amour ? » et que tu réponds par « pour se reproduire… » j’en déduis que tu t’interrogeais non pas sur la cause, mais sur le but.

      Enfin, je comprends tout à fait que tu chipotes, la cause et le but sont finalement deux notions assez subtiles et presque… sphériques ! Je m’y perds un peu.

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  4. Haha enfin un article avec lequel je ne suis pas d'accord ! Mais je ne sais pas par quoi remplacer ta réponse : moi je ne comprends pas pourquoi on fait l'amour !

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    1. Bonjour Oriane, je suis contente de te lire ici :-)
      En fait, c’est peut-être ça ta réponse : en vrai, on ne sait pas pourquoi on fait l’amour mais on le fait quand même.
      Ou bien, es-tu vraiment en désaccord avec ce que j’ai dit ?

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  5. Héhé je ne pense pas que c'est vraiment un désaccord intellectuel, c'est plutôt que moi je n'y vois pas d'avantages ! Ni même de besoin physique ! Je trouve ça étrange et quand les gens en parle, j'ai l'impression de venir d'une autre planète !

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    1. Personnellement non plus je ne pense pas que « faire l’amour » soit avantageux, dans le sens où le faire permet plus que de ne pas le faire. Faire l’amour ouvre une autre porte à la relation. N’es-tu pas d’accord avec cela ?

      Mais à l’échelle d’une espèce, scientifiquement parlant, l’avantage peut être décrit. Pour le besoin… la vie ne répond jamais au besoin, c’est une invention de l’intelligence ça !

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A bientôt !
Céline.

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