Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

vendredi, janvier 15, 2016

Trop plein, avoir trop

Je ne pensais pas que je descendrai si vite. Il est là, il n'est plus tellement là, il suffit alors de trois déceptions pour que rien n'aille plus. Et je me hais. Je me hais de cette couleur-là, de celle qui fait un peu semblant de n'être pas tant toucher par rien, de pleurer même quand il cherche à me plaire. Et encore une colère féroce qui me prend dès qu'on essaie, même gentiment, de me toucher le coeur. Il ne trouve pas les mots, je crois que personne ne peut les trouver. Oui, je crois ça, comme je crois qu'on ne retrouvera jamais ça ou ça et que je suis fatiguée de tourner en rond pour le chercher.

Mais je me hais de cette couleur. Je sais bien qu'il faut que j'use de bienveillance… Non, je ne suis pas dépressive, mais parfois ça en a tout l'air. C'est quand la solitude bat son plein. Quand je ne crée rien pour la vaincre et pour m'ouvrir au monde. Et j'ai peur qu'il ne m'aime plus, car il m'aime tant quand je rayonne !

J'ai fait un dessin, c'est vrai, mais à qui le donner ?

Je me dis : il faut que tu te remettes à écrire, il faut que tu dépoussières tes plumes. François me propose de faire des listes, que même si je ne fais pas tout, que je raye des choses le soir. Que je vois que mes journées ne tournent pas dans la semoule. C'est fade la semoule, sans épices, c'est pour ça que je dis ça comme ça. J'ai fait une liste aujourd'hui. Et j'ai tout coché, sauf “un autre dessin”. Je voudrais être heureuse d'avoir réussi. Mais je voudrais écrire. Je crois que je vais le faire. Il me faut du temps pour souffler en moi-même, l'écriture est un alibi en or.

Quand faut y aller… Faut y aller ! Hop !

J'ai reçu un courrier surprise, un petit chat dont j'admire la finesse. Il est blanc, blanc légèrement doré, le soleil l'illumine mais je vois bien qu'il n'échappe pas à l'ombre sur les côtés de son corps et dans le creux de ses oreilles. J'aime déjà ce petit chat. Je l'aimais avant de le recevoir, je ne l'avais pas oublié, mais je ne savais pas qu'il était pour moi. Ou alors je l'avais oublié, pour qui il était. Et c'est un espoir pour moi. L'espoir que tout n'est pas perdu. Que de déceptions en déceptions, je trouverais peut-être de quoi, vers qui, m'ouvrir en grand, enfin.

En juin nous partons. Nos travaux n'avancent pas très vite, mais je ne suis pas inquiète. En juin nous partons, et je m'en fiche de ne pas tout savoir comment tout se passera, j'ai grand espoir de respirer un peu mieux. Parce qu'aujourd'hui, je lutte quelque part dans mon esprit, dans mon cerveau dans mon coeur pour ne pas me ternir entièrement avec cette couleur que je déteste. Elle ne me va pas. Je ne comprends pas comment elle arrive à me toucher autant, en si peu de coups de pinceau. Mais même les pinceaux les plus fins sont comme des fouets aujourd'hui.

J'ai vu que quelqu'un s'était dévoilé il y a peu, parmi mes belles lectures de blog préférées. Elle va mieux je crois. Je crois qu'elle réussit à dépasser ce que les événements avaient faits d'elle. Je crois qu'elle va réussir à devenir elle-même, avec tout le beau dont elle est capable.

Moi je m'excuse, je culpabilise. J'aurais tout, tout pour être merveilleuse moi aussi. Et aujourd'hui, enfin hier, je suis retombée.

2 commentaires:

  1. Le chat t'a adopté, ou était-ce l'inverse quand tu t'es exclamé de quelques mots et que j'ai senti cette couleur là passer devant moi entre ce chat et toi. Je n'ai pas dit qu'il était alors tout à toi, tu ne l'as pas oublié :) C'est lui qui s'est fait oublier, et là je me dis que la raison sans doute, c'est qu'il choisissait son instant.

    C'est normal, cet effondrement. C'est un passage, simplement ? Je vois ça comme le deuil un peu tu sais, de ce qu'on a été vers la personne qu'on devient, de ce qu'on voulait (relations, personnes, etc) et de ce qu'on voit clairement comme étant différent de cette vision qu'on a eue. Un deuil nécessaire, je suppose.
    Je te réponds bientôt Dame.

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    1. Oui, Ambre, tu as raison, ce n'est qu'un passage. Un peu comme un deuil, peut-être oui parce qu'il y a aussi là quelque chose de définitif. Quand j'aurais décidé d'aller clairement mieux (bon, j'ai déjà décidé de faire ça, mais ce n'est pas encore incarné), je ferai une croix sur l'avant moi qui m'a menée jusqu'à ce mauvais passage.

      Merci pour ton message ici, j'attends évidemment ta réponse. La neige aussi me détourne de mes préoccupations existentielles. Bisous !

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A bientôt !
Céline.

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