author image in post end author image in post
Widgets

Lui et l'incompréhensible.


Il avait tout de suite remarqué mes nouveaux gants oranges. Il montait les escaliers en sautant de rambarde en rambarde, quatre étages sans toucher la moindre marche. La couleur extravagante de mes gants ne lui a pas fait peur, j'aimais sa façon de monter jusqu'à sa chambre. Il m'a dit : "J'aime ce que tu écris." C'était le seul à comprendre mes mots. Je ne sais plus si je l'appelais déjà l'aviateur. Peut-être en secret. Parce qu'il était aventurier, parce qu'il avait l'esprit aussi libre que l'air. Parce qu'avec lui, je savais déjà que je pourrais être moi-même. Lorsque le train passait au raz de mes orteils, deux fois par semaine, entre la maison de mes parents et l'internat de ma classe préparatoire, j'avais une raison valable (enfin !) de ne pas avancer d'un petit centimètre supplémentaire. Jusque là, je ne savais pas pourquoi je vivais, et puis, avec lui, je connus la plus belle raison de ne pas mourir. Alors toute la puissance du train me portait, moi toute entière, dans une salle de classe, dans une chambre sans intimité, juste pour être auprès de lui. Je me disais : "Ne meurs pas, sans l'avoir pleinement aimé." et j'ai fini par trop y prendre goût, à la vie avec lui.

Lui, quand il était encore "jeune" et insouciant.

Il ne resta pas longtemps l'aviateur. Nous marchions sous la lune des marais, seulement séparés par les bras d'une amie qui surveillait nos deux coeurs, nous parlions l'un après l'autre et j'ai ressenti en lui la même curiosité, le même plaisir à percer l'air du monde à chacun de nos pas, la même envie de rire de chaque surprise, le même désir de vivre et d'aimer. Je n'avais pas envie qu'on nous voit, qu'on voit cet amour qui naissait en moi. Je ne voulais pas qu'on me dise : "Je vois bien, tu es amoureuse, c'est flagrant." Rien n'était évident. Rien n'était normal. Je ne voulais pas que quelqu'un comprenne à notre place. Il y a bien eu des petits malins qui se sont moqués, il y a bien eu des malignes qui nous regardaient avec condescendance, dans le genre : "Nous aussi, on connait ça…" Mais ils ne savaient rien. Ils ne savaient pas le plaisir que nous avions de nous avoir enfin trouvés. Ce plaisir qui se boit à petites gorgées, entre les herbes, entre les barques, entre les potagers, entre deux équations, entre nos rêves que nous n'oublions pas. Enfin, nous pouvions aimer par notre propre coeur, nous même, tels que nous étions vraiment. Nous nous ouvrions lentement, l'un à l'autre, l'horloge du monde impuissante à nous faire douter.

Il ne resta pas longtemps l'aviateur car je compris très vite qu'il était plus que cela. Plus qu'un simple garçon, plus qu'un homme dans ma vie, plus qu'une rencontre. Je l'appelai rapidement l'Explorateur car il me suffit encore de marcher côte à côte avec lui pour que le monde s'incline et nous dévoile, sur le dessus de son chapeau, toute sa majesté. Quel plaisir immense était-ce pour moi de laisser mon esprit vagabonder, sans craindre de l'impressionner, sans craindre de le vexer… ! Quel plaisir était-ce pour moi de découvrir une âme aussi grande et riche que la mienne… ! Peut-être un peu plus jeune, peut-être un peu plus sensible et fragile, mais aussi tellement plus sincère. Un jour, je lui ai dit : "J'ai de la chance de t'aimer. Sinon, je te jalouserai." Son naturel, son équilibre, reste toujours un objectif à atteindre pour moi. J'ai de la chance de l'aimer, j'ai de la chance de le laisser s'approcher de moi, j'ai de la chance qu'il m'accepte, qu'il accepte de me montrer par quelques remarques ou quelques larmes une plus belle vérité que la réalité.

Les choses se sont faites ainsi, sans que rien ne soit prémédité. Est-ce dû à ce que nous sommes ? A ce que nous étions ? Aux erreurs d'étourderie que nous avons commises ici et là ? Mais nous avons acquis tellement d'aisance, en amour, en émotions, en certitude, que nous devenons incompréhensibles. Je ne sais plus quoi dire pour faire de l'Explorateur ce qu'il est vraiment pour moi. Je pourrais énumérer toutes les choses incroyables qu'il fait chaque jour…

Sa façon d'introduire des rimes dans son répertoire téléphonique,
Sa façon de suivre wikipédia de lien en lien et de tout retenir, seulement pour me le répéter ensuite, pour qu'on s'extasie ensemble,
Sa façon de cuisiner avec des recettes comme si le moindre écart était un outrage suprême au goût,
Sa façon de s'écrouler sur le matelas lorsqu'il est fatigué, devenu aussi plat qu'une feuille de papier,
Sa façon de se tourner les cheveux pour qu'ils restent bouclés,
Sa façon de s'énerver quand je deviens pénible, sa façon d'avoir vraiment de la peine,
Sa façon de tourner les bêtises des autres en absurdité,
Sa façon de rester toujours honnête, et de dépasser tous ceux qui craignent de se faire manger en devenant eux-même,
Sa façon de ne suivre que la route la plus pure, se riant éperdument des dangers de fumée,
Sa façon de s'approcher toujours au plus près des précipices, de montrer à notre fille les vautours dorés, si prêts de leurs ailes qu'elle pourrait les toucher et les embrasser,
Sa façon de plonger parmi les poissons lune,
Sa façon de se concentrer, collé contre un rocher, à quelques centaines de mètres du sol,
Sa façon de courir, un loup blanc à ses trousses.


…mais c'est une oeuvre vaine. Chaque seconde est faite pour me rappeler combien cet Explorateur est une source de courage et d'intelligence intarissable. Et combien j'ai de la chance qu'on se sente si bien assortis. Lorsque je lis des histoires d'amour, je ne nous reconnais plus. Lorsque j'entends parler de couple, de plaisir et de passion, je ne nous reconnais plus. Lorsque j'entends parler de mariage, de l'homme de sa vie, de jalousie, d'amitié, de projets communs, je ne nous reconnais plus. Nous sommes autre chose. Le monde nous a absorbé et nous a fait tels que nous sommes compagnons de vie… sans sentiments extravagants, sans réfléchir, sans peur, sans le moindre doute. Comme si nous étions nés ainsi. Comme si nous avions simplement pris notre place. Ou comme si le monde lui-même avait peu à peu changé de forme pour nous dédié un espace, immense, rien que pour nous, un espace où notre amour a toutes les chances de s'épanouir. Nous ne nous aimons plus comme des êtres humains, même si au fond nous le sommes toujours, mais notre amour a déménagé dans un lieu incompréhensible.

Lui, l'Explorateur, jamais encore je ne vous en avais parlé. Je ne sais toujours pas quoi dire. L'Explorateur est un être qui me dépasse. Je ne comprends pas bien ce qu'il fait, quel est son rôle, je ne comprends pas comment j'ai pu en arriver là… Nous nous sommes trouvés. C'est peut-être simplement ça. Comme il est niais de parler d'âme soeur, parce que j'en ai d'autres des âmes soeurs de par le monde… ! Mais cet être-là, c'est autre chose. Quelque chose dont personne ne m'a encore parlé. Quelque chose que nous découvrons nous-même. Peut-être, oui peut-être qu'un jour nous saurons mais pour le moment nous avons trop à vivre pour prendre le temps de vous raconter. Alors, ce qui est entre nous le restera : incompréhensible.

Lui, une fois vieux et souciant… Avec la petite loutre.

10 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Si j'étais surdouée…


Je ne voulais pas en parler à voix haute. Parce que c'est intime, parce que c'est présomptueux, parce que c'est pédant, parce que ça ne se dit tout simplement pas. Non, on ne s'auto-proclame pas surdoué. Tant que ça reste une hypothèse, un petit fantasme au fond de sa tête (genre : je suis surdouée, ça explique tout…), ça peut rester pendant des heures, pendant des jours, voire même des années. C'est mon cas. Bien souvent j'oublie cette hypothèse, je la laisse tomber, mais elle revient toujours. Elle est prenante. Affolante. Tellement exigeante !

L'article de Melgane l'a de nouveau fait surgir en moi, de façon plus que pressante. Il me fallait une réponse, tout de suite ! Alors j'ai contacté une psychologue. Je ne savais pas quoi lui dire pour l'aborder. "Je me crois surdouée et j'aimerais être testée" aurait peut-être été la meilleure approche. Ou pas. Bah oui, après tout, qu'est-ce que ça aurait changé pour moi de savoir? Ca n'aurait rien arrangé à mon décalage permanent par rapport au monde, à mes problèmes de communication, à mon ennuis tellement délicat à gérer… Rien du tout. Ce n'était pas ce que je voulais. En vrai, je ne veux pas savoir si je suis surdouée ou non, je voudrais comprendre ce qui me bloque encore pour vivre toute entière. Alors je ne lui ai pas dit ça. Je lui ai parlé de communication et de décalage, de sentiment de défaillance.

Et elle ne m'a pas répondu. Je crois bien qu'elle ne me répondra jamais. Je me retrouve ainsi seule avec toutes mes questions, avec cette hypothèse qui tourne en rond dans ma tête depuis des jours : "Et si j'étais surdouée ? Et si c'était ça ?", même si je sais que ce n'est pas vraiment LA question. Je fais des tests de QI sur internet, pour passer le temps, pour avoir l'impression de faire quelque chose. J'obtiens de très bons scores et le doute demeure.

Alors je dis des bêtises durant mes cours. J'embrouille les élèves avec mes petites phrases : "Enfin, je te dis ça… après tout, je ne sais pas comment tu penses. …Vraiment ? Ca te convient ce que je te dis là ? Je ne veux pas imposer ma façon de penser, je peux te présenter le problème autrement tu sais…" J'ai peur, ça se voit, et mes élèves perdent patience.

Alors voilà comment je me retrouve à prendre ce blog pour mon psy. Même s'il n'est pas anonyme. Même si je ne comprends pas bien pourquoi je ressens le besoin de me livrer. De faire exister ce doute. De le faire sortir de ma tête. De l'ancrer dans le monde physique. Ainsi donc, je demande aux gens qui me connaissent de ne pas devenir trop durs avec moi, et si le sujet les dérange : qu'ils n'hésitent pas à laisser passer cet article sans le lire.

Aller, c'est parti et qu'on en finisse !

J'ai lu le livre "Trop intelligent pour être heureux". C'est un livre destiné aux adultes surdoués ou à ceux qui les côtoient. Dans ce livre sont décrits les différentes difficultés psychologiques que peuvent rencontrer les personnes surdouées. Je ne me suis pas reconnue. Je n'ai pas cette pensée permanente et envahissante qui est décrite. Je n'ai pas l'impression de continuellement analyser, je ne crois pas être envahie par mes idées. Et puis je suis heureuse, je vais bien. En lisant ce livre, j'avais l'impression que les personnes surdouées avaient nécessairement besoin d'être accompagnées, comprises, encouragées pour avancer (pour répondre à ce problème, je vous propose l'écoute de la vidéo suivante). Or, je ne le suis pas. Et pourtant je crois avoir bien grandi.

Dessin de couverture du livre "Trop intelligent pour être heureux".

Il y a aussi ce que je me souviens de mon enfance qui me fait dire que non, je ne suis pas surdouée. Je n'ai pas eu ce problème de prendre les mots, les consignes, au pied de la lettre. Je n'ai pas eu de problème pour comprendre le système. J'ai bien un souvenir, d'un jour, où la maitresse m'avait choisie pour dessiner la météo sur le calendrier de la classe. J'avais traversé la salle en sentant toute la jalousie et l'hostilité environnante. J'étais la nouvelle, la chouchoute parce que je savais déjà lire et comprendre ce que je lisais, et j'avais été choisie. On m'a demandé la météo. J'ai dit qu'il faisait beau. La classe s'est mise à rire, elle se moquait de moi. La maitresse m'a corrigé : "Non Céline, il ne fait pas beau, regarde, il y a des nuages. Dessine les nuages sur le calendrier." J'ai pris le feutre bleu foncé. La classe a ri plus fort. La maitresse m'a fait répété plusieurs fois les nuages sont gris, les nuages sont gris et m'a forcée à prendre le feutre gris. J'ai fait comme elle a dit.

C'était un matin du début de l'hiver. Le soleil se levait à peine et déjà on voyait au dessus de l'horizon d'imposants nuages. Ils étaient bleu marine dans un ciel tout juste illuminé d'ocre. J'ai toujours trouvé ce ciel magnifique.

Mais cette expérience n'a pas marqué la fin d'une scolarité réussie. Au contraire. J'ai su qu'il y avait des règles et j'ai appris à les comprendre. Je suis devenue excellente dans le domaine. J'étais parfaitement adaptée à l'école. L'école devint ce qui me convint le mieux. Je me sentais mieux en classe que dans la cours de récrée.

Et puis en tant que professeur j'ai rencontré une pensée différente chez l'un de mes élèves. Je l'ai vu réfléchir et j'ai découvert dans sa façon de faire quelque chose de jamais vu pour moi. Je ne connaissais encore pas bien le problème de la surdouance au moment où je l'ai eu en cours, alors j'en suis restée là : il pense très bien mais différemment. Maintenant je me demande : et si c'était ça être surdoué ? Etre comme lui ? J'ai pensé un moment à demander à ses parents s'il avait été testé et puis je me suis retenue. S'ils me disaient oui, il n'y aurait pas eu de problème. Mais s'ils me disaient non ? Non, il n'a pas été testé, vous pensez qu'il le faudrait ? Non, il n'a pas été testé, pourquoi le demandez-vous ? C'est important ? Quand les psychologues ont besoin de plusieurs séances pour repérer une personne surdouée et que certains ne les repèrent même pas, comment moi, en quelques cours, j'aurais pu le reconnaître ? C'est du n'importe quoi.

Les surdoués sont souvent appelés "Zèbres".

Toujours est-il que ma pensée ne ressemblait pas du tout à celle de ce garçon. Je pense de façon "ordinaire", comme on nous le demande à l'école, je décode chaque calcul et ces techniques me conviennent.

Non, je n'ai rien d'une personne surdouée.

En lisant le livre du docteur Siaud-Facchin, je ne me suis pas reconnue en tant que surdouée, mais les pages ont fait écho à mes propres difficultés. Elles m'ont aidées à avouer ces lignes :

Oui, je m'ennuis lorsque je suis en compagnie. J'ai souvent envie de partir pour fuir cet ennui. Je n'arrive pas à suivre le fil des discussions. Je repère un petit mot, une petite phrase qui cloche et je reste fixée dessus longtemps. Le temps de prendre la parole, la discussion a bien avancé et je suis complètement à la ramasse. D'autres fois, j'ai l'impression que ça s'enlise dans la tête des autres. Ils mettent trop de temps à comprendre — pour ma patience. Je n'arrive quasiment jamais à participer aux discussions. Ces échecs répétés, je le sens bien, me donne une image distante et pète-sec. J'ai horreur de ça, parce que ce n'est pas moi.

Ce décalage, je ne le ressens pas seulement avec les autres, avec mon entourage, mais également avec la société dans son ensemble. Je suis susceptible, je suis colérique, je ne supporte pas ses absurdités et ses injustices. Je voudrais qu'elle soit autrement que ce qu'elle est. Je la ressens comme un être dévié, la société, comme un être qu'on ne respecte pas, qu'on ne laisse pas devenir ce qu'elle devrait être. Je souffre tous les jours de cette indignation refoulée. Et je m'enferme. Je crois que je m'a-socialise parce que je suis incapable de m'inscrire correctement dans la société. Je vis continuellement en dehors de tout. Comme une mouche sur un téléviseur. Cette phrase a-t-elle fait fuir la psy ?

Je suis toujours très sûre de mes réflexions et je m'appuis sans peur sur ma capacité à toujours m'en sortir. Je me dis que, quelque soit la situation, je trouverais toujours la manière de me sortir du pétrin. Ce n'est pas vraiment que je m'estime supérieure aux autres, pas du tout, mais parfois j'ai du mal à imaginer comment je pourrais ne pas avoir raison. Je me souviens avec quelle ferveur lors de mon stage ingénieur je suivais mes idées, me moquant royalement de ce que disait mon maître de stage. Seulement parce que j'estimais que ce qu'il pensait était faux et ce que moi je croyais était très proche de la réalité. Je n'avais pas peur de lui dire : "Tu as tort." Et je laissais tomber l'affaire, j'attendais qu'il revienne un jour ou l'autre dans mon bureau pour m'avouer que j'avais raison et qu'il fallait que j'abandonne ce qu'il m'avait demandé de faire. Ce qu'en fait, je n'avais jamais commencé, toujours très sûre de moi.

Je vis ainsi dans un merveilleux paradoxe : je me pose toujours mille et une questions, une interrogation en déclenche toujours une autre… et en même temps, je suis tellement sûre de mes pensées !

Enfin, vous n'êtes pas au bout de vos surprises niveaux paradoxe et contradictions

Je ne suis pas faible face à moi-même. J'aime la façon dont fonctionne ma pensée. Elle est confortable. Elle fait tout en "tâche de fond", je ne sens rien, elle ne me fatigue pas. Je me complais parfois chez elle, allongée sur un sofa moelleux d'idées. Nouvelles. Ordinaires. Sans importance. C'est comme de rêver. J'aime ma bonne mémoire, j'aime ma logique. Elles n'ont rien d'exceptionnel, mais elles sont bien vivantes et elles m'aident tous les jours à réaliser mes envies.

Et mon cerveau a une capacité de résilience incroyable. Je ne reste jamais fixée bien longtemps sur ce qui m'attriste, sur ce qui me fait souffrir. Je pardonne tout à la vie et je finis toujours par la remercier. Je suis facilement heureuse. Je vois de la beauté très facilement, quelque soit l'endroit où je vis. Les couleurs, les sons, les odeurs, me touchent personnellement et me rendent joyeuse. Je n'ai peut-être pas besoin d'aide, finalement.

L'autre jour j'étais partie chercher des oeufs avec l'Explorateur. C'était à moi, m'a-t-il dit, de prendre contact avec la dame. Je redoute toujours ces moments. Je me sens tellement loin des autres… Je comprends facilement ce que leurs coeurs veulent dire mais ce que moi je dois leur transmettre… c'est une autre histoire. Alors je n'ai quasiment jamais de contact, psychique, avec les autres. C'est frustrant.

Donc je cogne. On échange les politesses. Je la retrouve dans le garage pour les oeufs. Je réponds à ses questions du mieux que je peux. Et puis elle me dit : "Vous vous plaisez bien à Vauthiermont ?" C'est typiquement le genre de question qu'il ne faut pas me poser. Je ne sais pas quoi dire. Je réponds "Oui ça va", mais je pense à autre chose. A mes difficultés de voir l'Explorateur partir au travail. A ma fille qui marche gaiement sur les trottoirs du village. Au site web de la commune que je n'ai pas terminé, à ma peur de décevoir le maire. Tout ça en tâche de fond, rappelez-vous. Au premier plan, quand je regarde mon cerveau, c'est plutôt comme si j'étais vide.

La gentille dame continue : "Ah bon, c'est plutôt calme ici pourtant…" Je suis perdue. Je repense à Grenoble, au bruit des voitures, aux bibliothèques qui me manquent, au tramway, au bus de Belfort qui ne vient pas me prendre, aux vaches face à ma fenêtre, aux blaireaux, à la petite loutre qui cueille des pissenlits… C'est encore le vide, je ne sais pas quoi dire. Et puis une phrase vient au premier plan (enfin un truc dans ma tête !) : "Céline, tu es surdouée."

C'est une phrase qui m'a rappelée ma lecture, "Trop intelligent pour être heureux", j'ai revu comment fonctionne le cerveau d'une personne surdouée, comment l'auteur décrit cette pensée. Et là, j'ai fait comme si je jouais au casino. J'ai attendu un peu que toutes les phrases auxquelles je pensais tournent en rond les unes après les autres comme sur une roulette. Elles tournaient si vite que je ne pouvais pas les voir, et j'ai soudain tiré la manette. Avant de savoir quelle pensée avait été choisie, j'ai parlé : "Oh vous savez, on n'est pas des gens très excités non plus." C'était drôle. Enfin, ça a fait rire la dame, ça a fait rire François et pour une fois, je me suis sentie comprise, connectée. Moins seule parmi les autres.
Etre connectée au monde, aux autres, à soi-même… Quel sentiment de plénitude !

Au restaurant, je me suis dit la même chose : "Céline tu es surdouée." Et le fromage a changé de goût, j'ai apprécié plus que de raison le vin, j'ai aimé les peintures, les autres tablées, la serveuse au delà de sa réserve. J'ai même apprécié la vilaine sorcière mécanique qui bougeait la tête de droite à gauche ! La vie m'a paru plus belle, tout d'un coup.

Alors… Comment est-ce possible ? Comment puis-je être si certaine de moi quand je dis que je ne le suis pas, zèbre, et que dès que je me crois surdouée, avec conviction, sans penser à la possibilité que ce ne soit pas le cas, j'arrive à dépasser mes barrières ? Est-ce que je ne me crée pas un mode de pensée imaginaire ? Est-ce que je ne crée pas mon identité sur une base faussée par mon imagination ? Est-ce que je ne suis pas en train de me perdre ?

L'Explorateur a son avis sur la question : je suis lâche. Je suis tellement lâche que je préfère m'égarer dans mes idées plutôt que d'aller au devant de la réalité.

21 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Faut-il savoir ce que l'on est ?


La vraie question est : "Faut savoir ce que l'on est lorsqu'on est heureux ?", sauf que voilà, je trouvais que ça faisait un peu long. Je n'aime pas particulièrement mettre des étiquettes sur les gens et je suis un peu agacée lorsque quelqu'un se présente à moi en me disant : "Je suis…" avec autre chose que son prénom derrière. Je ne pense pas que l'on puisse être quelqu'un d'autre que soi-même alors les "je suis migraineux" ou les "je suis allergique" me troublent pas mal. Ceux qui disent ça, pensent-ils vraiment être la personne qu'ils me disent être ? Je dirais plutôt des choses du genre : "Je suis atteinte de migraines", ou "je fais une réaction allergique à la noix de coco", ça me parait plus juste. Ca fait du moins la distinction entre leur identité, leur propre personne, et des caractéristiques qu'ils partagent avec d'autres. En plus, les migraines et les allergies, ça peut se soigner. Ils seront qui une fois guéris ? "Qui je suis" est une question de tous les jours que l'on pose à soi-même. "Ce que je suis", c'est autre chose. Le ce que se partage, le ce que ce n'est pas nous en entier mais plutôt ce qui nous rapproche de l'autre.

Je me demande si savoir ce que je suis a un quelconque intérêt. Parce voilà, je vois bien que je ne suis pas la seule à m'enfoncer dans ce paradoxe : je veux à la fois me différencier de l'autre et être incluse en lui. Je cherche à la fois à m'individualiser et à me trouver des points communs avec lui. Lui ou un autre d'ailleurs, le principal étant de ne pas rester unique et… vide parce que non décrite. Jusqu'à très récemment, j'avais horreur que l'on me dise "Je sais ce que tu ressens." Ca signifiait pour moi que mon expérience individuelle n'était pas si personnelle que ça. Que je ne faisais que suivre l'ordre des choses, l'ordre d'un être humain normal parmi tant d'autres. Et j'enviais les enfants de ma classe lorsqu'ils perdaient leur chat ou lorsque la voiture de leurs parents tombait en panne. Ca leur faisait quelque chose de différent. D'anormal. Une excuse. Et moi, je n'en avais jamais.

Un ami qui m'est très cher m'a reprochée pendant mes années de lycée de trop marquer ma différence. Il me reprochait de ne jamais vouloir être comme les autres. Sa critique m'a choquée. Je me voyais entourée de personnes qui désiraient être différentes en devenant rebelles, en s'habillant en rouge et noir, en se maquillant avec des couleurs nouvelles, en changeant de vocabulaire, tout ça sans qu'on ne leur dise rien, et moi, moi qui était tout à fait normale, tout à fait et continuellement dans la moyenne, on me disait que j'étais pénible car je ne faisais jamais rien comme tout le monde.

C'est vrai que j'ai toujours voulu être différente. En fait, c'est même un peu plus que ça : j'ai toujours espéré que quelqu'un arrive au dessus de ma vie et me dise : "Je crois que tu es différente." Ca aurait été un soulagement. Quelque chose dans mon coeur se serait enfin relâché. Mais ce n'est jamais arrivé. Depuis, je me suis fait une raison et je me suis dit que j'étais comme tout le monde. Même si je n'ai jamais rencontré personne dans tout ce monde ne me ressemble. Il y a bien deux-trois personnes avec lesquelles je trouve des points communs. Je suis attirée vers elles comme un papillon vers la lumière, et puis en les découvrant, l'illusion s'évapore. Non, elles sont bien différentes des autres, ces belles personnes, mais jamais, jamais, elles ne me ressemblent. C'est curieux de vivre ainsi dans un monde peuplé de différences et d'avoir l'irrésistible désir d'être différent. D'être différent de cette différence. D'être… encore plus différent.

Cependant, je vais bien. Même très bien. Je suis heureuse. Je vis ma vie, la mienne, sans souffrance. Sans peur. Sans regrets. Je suis bien. Alors pourquoi faut-il que cette question me revienne soudain en tête : "qu'est-ce que je suis ?" Pourquoi faut-il encore que j'attende cette reconnaissance ? Ce soulagement : "ah… enfin… je sais." Je sais, je sais… Je sais quoi en fait ? Rien de plus. Je ne saurais pas plus ce que je suis et comment continuer à l'être sans me perdre chez une autre. Ca ne m'apporterait rien de plus, vraiment. Mais d'où me vient ce désir, à la fin ??!!



Je n'ai pas de réponse à vous apporter. Rien. Je tourne en rond. Faut-il savoir ce que l'on est lorsqu'on est heureux ?

14 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Coup de gueule à propos d'éducation


Dès qu'on parle d'éducation, les foules montent au créneau. L'éducation, c'est un sujet dit "sensible". Au même titre que la politique. Pas du tout comme la météo, par exemple. Parce que voyez-vous, la météo, ça ne se choisit pas alors c'est très facile de casser un débat qui bat de l'aile : "Bon, heureusement qu'on ne peut pas choisir, sinon…" Heureusement, on ne choisit pas. C'est ce que je retiens. Voilà, comment briser les disputes infinies : on ne choisit pas et puis voilà, on est bien obligé d'accepter les vérités. Aujourd'hui il fait beau et hier il y a eu du vent.

…Le cerveau fonctionne mieux sans stress…

Hein ?! Qui c'est qui a dit ça ? Qui ? Qui ?? Une petite voix. Ma petite voix d'enfant qui s'appliquait à bien travailler à l'école. Mais aussi les réactions de ma fille, celles des enfants autour de moi. Ceux qui sont éduqués par les autres et mes élèves que j'instruis deux heures par semaine. Et la recherche scientifique. Les bonhommes en blouse blanche qui passent des hommes, des femmes, ou des enfants dans des tunnels (inoffensifs !) et qui testent leurs aptitudes.

Y'a plein de trucs évidents en terme d'enseignement et d'éducation. Des trucs qu'on ne choisit pas. Parce que le cerveau des humains est fait comme ça, comme les instabilités de l'air créent des nuages. Des trucs sur lesquels on ne peut discuter. Le stress, la violence, la compétition, tout ce qui brise la confiance des enfants, tout ce qui brise leur volonté, leur capacité de concentration… oui, tout ces trucs là sont anti-productifs. Et ça, ça ne se discute pas.


Les notes, qu'elles soient chiffrées ou lettrées, sont toujours données dans un langage ordonné. Qui dit ordre, dit aussi premier et dernier, qui dit ordre dit je suis avant toi, je suis loin derrière toi. On ordonne toujours les élèves entre eux. Compétition. Si vous croyez que la compétition permet de booster les élèves, vous êtes bêtes. Ca n'a jamais été prouvé. Ca permet de booster les élèves à se dépasser les uns les autres, à vivre de manière archaïque, mais jamais à devenir bons. Comment vous expliquer ça simplement… Disons que la compétition permet de faire des élèves qui réussissent parfois, tandis qu'une classe basée sur le partage et l'entraide fait des élèves excellents, bons partout, bons avec eux-même, bons avec les autres. Des élèves meilleurs que nous, les adultes. Ca vous gêne ?

Evidemment que toutes ces bêtises ne vous a pas tués, mais ce n'est pas ce que je veux pour vos enfants !

Les notes ne représentent pas seulement la compétition, c'est vrai. Il y a aussi le jugement. La valeur. L'absence d'analyse… que des trucs, ma foi, ab-so-lu-ment intéressant. La première chose à faire à l'école serait d'arrêter les notes. Ca serait un beau pas pour notre société. Et pour ceux qui me disent que dans la vie active, on est sans arrêt noté, je réponds facilement que nos enfants, s'ils étaient élevés dans la non-notation, ne continueraient certainement pas à appliquer ce truc idiot une fois adultes.

C'est vrai que rénover l'éducation c'est aussi se préparer à voir apparaître de nouvelles personnalités, de nouvelles idées, une nouvelle société.

Voilà pourquoi je m'applique, comme un grand nombre d'enseignants, à inventer une nouvelle éducation. Je mélange éducation et enseignement parce que je crois (et ça, je ne l'ai pas vérifié) que l'apprentissage est avant tout une question d'attitude. Pour apprendre il faut être concentré, curieux, ouvert, prêt à échanger avec son environnement. Et ça, ce n'est pas de l'enseignement mais bien de l'éducation. Et vous n'imaginez pas toutes les choses que nous faisons, toutes les choses qu'on fait généralement dans l'éducation nationale, toutes les choses que je fais, qui sont contraires au fonctionnement normal d'un cerveau humain !

On ne peut même pas s'imaginer les remises en question que cela implique tant qu'on n'a pas mis le nez dedans.

Les corrections des exercices qui viennent deux semaines après les erreurs. Cet enseignement toujours de haut en bas, le professeur parle et l'élève reçoit alors que… il n'a jamais été prouvé que le savoir était sujet à la gravité ! Mais l'élève ? Cet enfant qui devient adulte, et il le deviendra, ce n'est pas une hypothèse ! Donc, cet enfant, quand est-ce qu'on lui apprend à vivre ? A apprendre de lui même ? A chercher à se créer son propre monde, un environnement juste et respectueux ?

Finalement, le programme de l'éducation nationale n'est pas si mauvais. Moi je le trouve pas mal du tout ce programme. Ce qu'il faudrait changer c'est la manière de l'enseigner. J'aimerais bien qu'on commence à respecter les élèves. Je ne parle pas ici de leurs parler poliment mais de les considérer comme ce qu'ils sont réellement. Biologiquement et psychiquement. Les besoins des enfants, on ne les connaissait pas il y a quelques années mais c'est fini maintenant ! C'est fini cette ère archaïque où l'on ne s'intéressait pas aux enfants ! Je ne parle pas de faire des expériences, je parle ici de nous appuyer sur les dernières découvertes sur le fonctionnement de nos neurones. Enfin, quoi ? C'est pas la mer à boire ! Les nouveaux enseignants sont recrutés à BAC+5 maintenant. N'est-il pas possible de leur demander de lire 2 ou 3 documents scientifiques sur le sujet ? Sur leur métier ?

Pour les motiver, je dirais simplement que les résultats sont immédiats. Ils verront des sourires. De la discipline. Des élèves appliqués et lucides. Ils verront ce qu'ils ont toujours voulu obtenir dans leur classe. Et enfin, ils pourront tranquillement enseigner. Et on arrêtera de fabriquer des humains perdus.

J'ai poussé un élève dans ses retranchements, une fois, parce qu'il m'agaçait à rester passif devant ce que je lui disais. Il avait 16 ans. Il n'avait pas de hobbies. Il n'avait pas de passion. Il allait à l'école pour avoir un beau métier. Moi, messieurs, je ne fabrique pas des pantins. J'ai horreur de la normalité, et surtout de ces adultes qui se cachent derrière pour ne pas devenir heureux, de ces adultes qui transforment leurs enfants en eux-même parce que le bonheur, la création, la beauté de l'humain leur fait peur. Alors, cet élève, je l'ai secoué. Méchamment secoué. Je ne dis pas qu'à 16 ans on doit savoir ce qu'on veut faire de sa vie, mais à 16 ans il est important (vital ?) d'avoir des rêves. Des envies. Les maths, l'orthographe, l'ingénierie, oui, tout ça c'est bien joli. Mais ce n'est certainement pas ce qu'il faut apprendre aux enfants en premier. Il vaudrait mieux leur enseigner l'humanité avant tout autre chose.

J'ai l'air un peu utopiste. Vous n'y croyez pas ? Vous pensez encore que l'éducation, ça se discute ? Que c'est plus compliqué que ça ?

Je sais bien que chaque enfant est différent. Non, l'éducation n'est pas là pour effacer leurs différences, leurs libertés humaines. Chaque enfant est différent, c'est vrai, mais les enfants ont tous un nez, des bras et une paire de fesses… Ils ont tous un cerveau humain, avec des synapses, des connexions ici et là qu'on ne peut contrôler. Mais les enfants ont une chose sur laquelle on ne peut discuter : ce sont des êtres humains et ça, ça ne s'invente pas.

16 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Trouver le juste rythme


Je me lance dans quelque chose. Ca me paraissait facile, au début, mais je vois bien que plus les choses progressent, plus je galère. Ca n'avance pas assez vite et puis j'ai l'impression que le battement de l'horloge fait de la tachycardie… Mes mains et mes pensées s'affolent, c'est de pire en pire. Mes élèves me disent parfois qu'ils n'ont pas eu le temps de finir leur contrôle, qu'ils ont eu une mauvaise note à cause de ça. “J'ai été obligé de me dépêcher ! Je n'y arrivais pas !” Même si je ne suis plus notée depuis longtemps, c'est le même problème : nous n'arrivons pas à trouver le bon rythme.

Sommes-nous égaux devant le temps ?

J'avais tendance à croire il y a quelques mois encore qu'il n'existait pas de juste rythme. Je pensais que chacun allait à son rythme, comme s'il y avait temps alloué à chaque personne. Et puis, j'ai appris à faire des rouleaux de printemps. Il faut tremper quelques secondes une fine feuille de riz dans l'eau tiède, la remplir de crevettes, de pousse de soja, de carottes râpées… de tout ce que vous voulez… et puis la rouler très serrée. Si vous n'avez pas trouvé le juste rythme, la feuille de riz est trop souple, elle se déchire ou alors, au contraire, se casse, refuse de serrer la garniture. Le juste rythme ce n'est pas le rythme que l'on se choisit, ce n'est pas le rythme imposé par l'œuvre que l'on cherche à obtenir, le juste rythme est celui qui vous permet d'avancer régulièrement, sereinement, jusqu'à la réalisation.

Il n'y a pas de temps de pause donné pour une feuille de riz. Tout dépend de la température de l'eau, de la quantité de garniture qu'on cherche à y placer, de notre adresse, de l'épaisseur de la feuille…

Depuis que m'est venue cette idée, je suis consciente de l'importance de trouver le juste rythme. Lorsque j'effectue une tâche pour la première fois, je me force à ralentir, de façon à ce que mes mains et ma tête s'harmonisent. J'accélère doucement, parce que le juste rythme dépend aussi de la réalisation. Le juste rythme n'est pas nécessairement lent, il est surtout tranquille et reposant et il n'y a pas plus gratifiant que de voir le travail avancer. Si je vais trop vite, tout se casse, si je vais trop lentement, tout se déchire.

Avant le BAC, cette année, je vais demander à tous mes élèves de faire des rouleaux de printemps. Parce qu'arriver à sentir le juste rythme est primordial. Le juste rythme nous éloigne de la peur de l'échec, du stress causé par le temps qui passe et qui parfois nous échappe. Le juste rythme nous maintient dans un élan créateur. On avance vers la réalisation de nos ambitions sans fatigue ni dommages. Ce n'est pas qu'un simple état d'esprit, c'est une donnée cohérente avec le monde physique et nos compétences.

Pour bien écrire, il ne faut pas que les pensées aillent plus vite que les lettres, il ne faut pas que le stylo ralentisse les idées, ni que notre tête freine le grattement du papier. Il faut que mains et création avancent ensemble et régulièrement. Sinon les idées s'évaporent, se bloquent, l'encre oublie l'orthographe en vous attendant, et la page de ne teinte plus…

Pour que notre vie ne s'envole pas en fumée, il faut bien qu'on avance sur son chemin, n'est-ce pas ? Ni trop vite pour ne pas la manquer, ni trop lentement pour la voir s'enfuir loin devant. Il faut prendre le juste rythme. Celui qui ne fera pas s'enfuir les journées et les années, celui qui ne nous fera pas regretter le temps où nous étions naïfs et enfantins. Chaque chose en son temps, précisément le temps qu'il lui faut, et les journées se remplissent, épanouissantes, justes. On s'endort le sourire aux lèvres, sans la moindre lassitude pour le lendemain.

Non pas (pour une fois) parce qu'on a pris une bonne résolution à 1000 balles, faire du sport, cuisiner, se maquiller. Ni parce qu'on a tout jeté par la fenêtre, la télé, nos erreurs, nos frustrations et nos rêves d'enfant. Ni même parce qu'on a déposé notre coeur sur le bord de la fenêtre en espérant qu'il prenne un peu le soleil, ou l'eau. Pour une fois, on a pris la peine de s'harmoniser au monde.

Et si nous faisions des rouleaux de printemps ?

Poulet, vermicelles, salade, menthe, crevette, sauce soja…
Pour plier : roulez l'ensemble une fois, rabattez les cotés pour finissez de rouler.

2 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Et si j'étais (pas) payée ?


Je ne suis pas une petite sainte. J'ai une très grande estime de moi-même —mais bon, quand ton QI dépasse de loin la moyenne, il faut bien ça pour survivre— et je méprise royalement les gens quand ils font les idiots. En plus, j'ai tendance à salement rayonner alors rares sont les personnes qui me trouvent désagréable. Dans ceux qui résistent y'a mes frères et mes parents. Depuis le temps qu'ils me côtoient, ils ne sont plus dupes. Heureusement pour moi, un truc magique me protège de leurs jugements : l'amour. Je me dis que, de toutes façons, ils m'aiment donc je n'ai pas besoin de leurs plaire. Mon amoureux n'est pas dupe non plus, mais avec lui, c'est différent : j'ai envie qu'il me trouve super ! Alors, quand je suis avec lui, je suis bien obligée de me corriger. Mais sinon, avec les autres, avec vous, c'est fastoche la bidoche.

Si je vous dis tout ça, ce n'est pas seulement pour vous provoquer (hein ?) mais plutôt pour vous faire comprendre que je n'ai pas l'intention ici de vous écrire un article tout rose et tout mielleux genre "Je suis une femme parfaite", NON ! J'ai envie de réfléchir avec vous d'un sujet qui me travaille. Je n'arrive pas à me décider. Voilà : je ne sais pas s'il faut ou non que je demande à être payée. Bizarre comme question, n'est-ce pas ?

 Mon papa me disait souvent (il me disait ça comme une vérité indéniable) : tout travail mérite salaire. Je suis d'accord sur un fait. Quand tu travailles, quand tu bosses, quand tu fais des trucs que tu destines aux autres, tu n'as pas à crever sur les berges de la Seine*. Parce que quelqu'un qui fait profiter son existence à une société a le droit d'avoir un retour de la part de cette dite société. Ou de la part d'une autre société quelconque, le principal étant le retour. Parce que sinon c'est pas juste. Par contre, là où sa petite phrase ne m'aide pas du tout, c'est dans le mot salaire. Qui dit salaire, dit salarié. Et quand t'es pas salarié et que tu travailles quand même ? Est-ce que tu as toujours droit à un salaire ?



Moi, je crois que oui. Oui, je crois avoir, moi aussi, droit à un salaire. Mais voilà, je le demande à qui mon salaire ?

Quand je donne des cours en dehors de l'école et que je vois bien que les élèves qui ont le plus besoin de moi sont ceux dont, justement, les parents ont peu de moyens : je le demande à qui mon salaire ?

Quand j'écris pour ce blog, que je milite pour la fin de la violence faite aux enfants, que je soutiens quelques personnes en partageant des morceaux de ma vie (allaitement, éducation, réalisation de soi…) : je le demande à qui mon salaire ?

Quand j'écris un roman, que ça me réclame un millier d'heures de travail, quand je fais tout ça pour diffuser de la connaissance, des réflexions, un produit de l'humanité : je le demande à qui mon salaire ?

Il m'arrive bien souvent de dire à un parent qui me demande, un peu tremblant, le prix d'un cours : "Oh, ça va, laissez. Pour cette fois, je ne vous demande rien." Vous voyez un peu comme il est content ? Comme il est soulagé ? Comme il sert son enfant contre lui en lui demandant, tranquillement : "Et alors ? Tu as bien travaillé ?" Franchement, ça vaut le coup de rien demander en échange parfois. Et après, je regarde mon livre de compte en souriant. Je n'ajoute pas de ligne avec de petite bulle au bout, non, je voudrais pas qu'on m'accuse de ne pas faire mes déclarations, alors ce cours gratuit, ce cours offert par plaisir, il disparait. Sans salaire. Sans rien. C'est un cadeau offert à la société.

Pour mon livre, j'ai longtemps pensé (et je pense toujours) proposer une version numérique gratuite. Mon entourage en entendant mon projet est vite monté sur ses grands chevaux : "Quoi ? Mais non Céline ! C'est n'importe quoi ! Ton livre va être pris, lu, échangé et tu n'auras rien, RIEN ! Même pas de retour, même pas de merci, tu ne sauras même pas qui l'a lu…" Tant de travail et ne rien gagné en échange : quelle erreur ! Bah oui. Bah non. Je ne suis pas certaine que ça soit une erreur. Et pourquoi est-ce que je devrais absolument demander à mes lecteurs de me payer, hein ? Pourquoi eux ? Eux, qui peut-être, ont aussi des problèmes avec l'argent, eux qui, peut-être, ne sont pas certains d'aimer mon livre, de le finir.

Oui mais voilà, après tout ça, je le demande à qui mon salaire ? Mon droit de vivre dignement ? Dans une maison ou ailleurs ? De manger correctement et avec plaisir ? De m'habiller avec un minimum de goût ? D'éduquer ma fille dans de bonnes conditions ?



Y'a en France un truc qu'on appelle le RSA. C'est un revenu qui te permet, quand tu as des revenus personnels trop faibles, de les compléter un peu. Quand tu reçois le RSA on t'accuse de profiter, de devenir un assisté, et on te fait passer dans certains départements des rendez-vous réguliers pour bien voir si tu fais quelque chose pour t'en sortir. Je n'ai encore jamais été à l'un de ses rendez-vous (et je rassure ma famille qui se pose peut-être des questions : je ne reçois plus le RSA depuis longtemps. Merci l'Explorateur !) mais je me demande souvent : qu'est-ce que je lui dirait au gugus ? “Heu… J'ai pas beaucoup d'argent parce que je n'en demande pas. Je fais des cours gratos, j'ai écrit un roman du feu de dieu mais je le distribue gratuitement… Et puis franchement monsieur gugus, faire tout ce pataquesse pour 400 €, dites, c'est-y pas exagéré ?”

Ca tient la route comme discours, vous croyez ?

L'année prochaine, vous le savez peut-être, je pars à l'aventure avec toute ma famille. Durant ce voyage je compte bien garder mon activité professionnelle mais… j'ai eu une idée. Je ne vais pas être payée. De façon officielle. Je vais proposer mes cours génialissimes de maths et de français sans rien demander en échange de garanti. Je vais proposer le troc (une douche chaude ? quelques légumes de votre jardin ? un carré de terre pour installer le van tranquilou ?…), un salaire libre (20 centimes ? Ok !) ou juste un sourire et une tasse de thé pour les plus chanceux. J'ai envie. Et cette idée me remplie de joie.

Et de quoi je vivrais au delà de ça ? Peut-être alors des 400 € que la société voudra bien me donner. Et je les aurais durement gagné.

_____________
*Voyez un peu comment je m'adapte à mon lectorat parisien !

14 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Etre propre


C'est un article que l'Explorateur me propose depuis quelques temps. La propreté. Des bébés, je dis bien. C'est un article que je ne voulais pas écrire parce que… je crois que je n'ai rien à en dire. C'est quelque chose que je n'ai pas encore bien compris. D'un côté j'entends dire que les sphincters des enfants ne sont pas matures avant, environ, leurs 18 mois - et de l'autre côté je me suis bien intéressée à la méthode Hygiène Naturelle Infantile, où les parents ne mettent pas de couches à leurs enfants, et ce, dès leur naissance. Mais qu'est-ce que la propreté, après tout ? C'est quand l'enfant ne veut plus faire sur lui ? C'est quand il arrive à se retenir le temps qu'on l'emmène aux toilettes ? C'est quand il peut se retenir une heure ? Deux heures ? C'est quand il va aux toilettes tout seul ? C'est quand il s'essuie et tire la chasse d'eau seul ? C'est quand il n'y a plus jamais de fuite ?

Vous le voyez où, vous, le bout du chemin de la propreté ?

Cette histoire de propreté me fait un peu penser aux enfants qui font leur nuit. La petite loutre a fait ses nuits à un mois. Mais à neuf mois elle a recommencé à se réveiller pour téter. Et maintenant, à presque deux ans, elle se réveille encore la nuit, ne se rendort pas toujours très bien sans un petit bisou, et vient dormir au petit matin dans le lit de ses parents. Moi, quand je me réveille pour boire une gorgée d'eau ou pour me rendre aux toilettes, ou pour faire un bisou à l'Explorateur, je n'aimerais pas entendre mes parents dire : "Oh… Céline ! A 25 ans, elle ne faisait toujours pas ses nuits !"

A un moment, lui mettre des couches, ça m'a bien barbée. Alors je disais, innocemment : "Ma petite loutre, tu veux qu'on te mette une couche ?" et si l'adorable ne venait pas, elle restait sans. Mais elle n'était pas propre, looooin de là. Enfin, c'était l'été, il faisait beau, il me semblait qu'essuyer un petit pissou avec une éponge et changer un short étaient toujours plus rapides que d'attraper ma fille, la montée sur sa table à langer, me rendre compte que je n'avais pas de couche de prête, prier ma fille de ne pas tomber de sa table à langer, aller jusqu'au tancarville pour en attraper une rapido, changer la loutre après l'avoir nettoyée, attacher la couche, la rhabiller…

Très vite, les pipis les cacas et tout ça, c'est devenu sa responsabilité. C'était elle qui venait me trouver pour me dire : "Oh non ! Maman ! Là, caca…" Alors je me rendais compte, qu'effectivement, ça sentait un peu le caca dans la maison, et que, quand je la suivais jusqu'au lieu du drame, je trouvais un beau petit caca tout entouré de papier toilette parce que l'adorable avait essayé de le mettre dans les toilettes comme je le faisais. Sinon, elle avait aussi trouvé la technique Jedi qui consistait à appeler notre chien pour lui demander de tout faire disparaitre. Pratique ! Plus besoin de maman, la loutre gère la situation !

Et puis, une nuit, l'Explorateur a compris pourquoi notre adorable petite fille se réveillait en pleurant tous les jours et ne voulait pas se recoucher. Elle ne voulait pas faire pipi dans son lit, même si elle avait une couche. Il l'a mise sur un pot, elle a fait ce qu'elle avait à faire, et s'est rendormie. C'était super génial et à la fois méga nul. Super génial parce que, c'est bon, on avait une fille propre — nul parce que voilà, fallait se lever toutes les nuits pour elle. J'ai vite viré le verre de lait avant de se coucher, et là, c'était beaucoup mieux.

Partant du principe que notre fille était propre, nous lui avons acheté un réducteur de toilettes et un marche pied. Pendant une petite après-midi, j'ai vu ma fille installer le réducteur, le marche-pied, à la bonne place, s'installer aux toilettes, faire trois gouttes, s'essuyer, tirer la chasse d'eau, tout désinstaller dans le salon et… recommencer.

On ne pouvait pas faire plus simple.

J'ai du mal à comprendre les enfants qui préfèrent garder leurs couches. C'est lourd, parfois ça donne des irritations, ça gène toujours un peu lorsqu'on veut escalader des trucs, c'est assez inesthétique, ça fait bébé, il faut toujours être aidé pour les mettre, les enlever… Peut-être qu'aller aux toilettes ne leur plait pas. C'est vrai qu'ils ne sont pas toujours top, les toilettes. Bien souvent, je suis obligée de convaincre la petite loutre de faire dans des WC qui sentent un peu trop le pipi, où du papier se promène dans les coins et où la chasse d'eau éclabousse le sol tout autour. Je lui ai appris à bien nettoyer la lunette avant de s'installer, ça l'a un peu rassurée. Mais bon, à la maison il y a pleins de choses top à faire aux toilettes. On peut dérouler du papier à l'infini, le découper en tout petits bouts jusqu'à découvrir l'atome, on peut tirer la chasse d'eau et voir les bulles que ça fait dans la cuvette, on peut aussi tranquillement lire un livre ou écouter de la musique. Et après, il faut toujours se laver les mains ! C'est-y pas extra, ça, pouvoir se LAVER LES MAINS PLUSIEURS FOIS PAR JOUR ? Je sais pas pour vous, mais la petite loutre adore.

Sérieux : la propreté, c'est cool ! Ne leurs faisons pas croire le contraire !

J'ai lu des choses assez étranges sur la propreté. L'enfant ne voudrait pas devenir propre car c'est une manière pour lui de rester maître de ces parents. Alors là… Hum… Je ne suis pas psychanalyste mais si quelqu'un amorce une relation de dominant/dominé avec son enfant, je pense qu'il a d'autres questions plus urgentes à se poser que la propreté.

N'oublions pas que l'apprentissage de la propreté est davantage une histoire d'enfants que de parents. Ya pas de méthodes pour devenir propre, on nait propre parce que les humains sont comme ça. Ils ne font pas pipi et caca en marchant, n'importe où, sans s'en rendre compte. Ils choisissent où ils font et avec quoi ils se nettoient ensuite. C'est à l'enfant de révéler sa nature, propre, mais certainement pas au parent de lui dire quand le faire et comment. Il peut lui montrer l'exemple, aller aux toilettes avec lui (la petite loutre a-do-rait aller aux toilettes avec moi :-( Il n'y a que depuis quelques jours que je lui dis d'attendre son tour). Le parent peut aussi, je crois, lui montrer comment s'essuyer, comment se laver les mains ensuite, comment fermer la porte, comment installer la lunette… enfin, tous ces petits détails techniques. Mais ensuite, ce qui se passe au niveau du périnée et tout autour, qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse ?!

J'essayais bien, moi aussi, de dire à ma fille : détend-toi, relâche la pression, sois patiente, tu vas voir, ça va venir… Peut-être que ça l'a aidée (peut-être ?) mais je ne pouvais certainement pas lui montrer ce que MOI je faisais pour faire pipi, tout se passant à l'intérieur.

12 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Les femmes, les hommes, et leurs hormones ont bon dos…


Bien souvent, lorsque j'entends parler des femmes, je tique. Il y a des phrases, des réflexions, qui me mettent mal à l'aise. On a déjà beaucoup parlé du machisme ordinaire, des "C'est normal, c'est une femme après-tout" que vous pouvez entendre lorsque vous cognez un petit poil une voiture ou lorsque vous n'arrivez pas à comprendre un plan ou une notice, et de ces petites phrases qui nous font sentir toujours moins bien que les hommes. Evidemment, quand j'entends ce genre de chose, un truc s'enclenche en moi, un système d'auto-défense mental qui protège mon image des jugements. Ce dont je voudrais vous parler aujourd'hui est de toute évidence lié, cependant il ne s'agit plus ici de comparer les femmes aux hommes (non, ça c'est bon : on a compris, c'est out) mais de comparer les femmes aux… êtres humains ! Voyez un peu la subtilité ? Il ne s'agit plus d'égalité hommes-femmes maintenant, mais de rapport femmes vs êtres humains.

Connaître sa nature profonde, c'est aussi la clef de la liberté !

Ma gêne a débuté lorsque je me suis approchée de la maternité, lorsque je suis subtilement passée du statut de fille à celui de femme. Quelques mois auparavant j'étais une jeune étudiante qui s'apprêtait à entrer dans la vie active, une débutante, et voilà qu'en fait j'entrais dans un hôpital pour accoucher. J'ai entendu parlé du baby blues en ces termes : c'est la chute d'hormones, c'est parce que la femme ne veut pas accepter que son enfant ne lui appartient plus… Je n'avais jamais considéré la petite loutre comme ma propriété, alors ces histoires d'attachement et de partage je n'ai pas trop accroché du départ. Mais lorsque je me suis confrontée à une vraie naissance, j'ai vu tout autre chose.

Ces messages qu'on reçoit comme si on roulait sur l'autoroute (fatigue = faites une pause / chute d'hormones = baby blues) cachent une réalité bien plus dure. Et la fatigue alors ? Et la douleur alors ? Et la solitude alors ? Parce que laisser une mère seule chez elle ou enfermée dans une chambre dégueue à la maternité avec des visites inopportunes, avec toute la responsabilité d'un tout petit être humain, sans truc bien cuisiné à manger, ça suffirait pas à expliquer le baby blues ? Ok, les hormones, je veux bien… Un peu… Et si, en fait, les femmes étaient aussi des êtres humains, capables de souffrir devant une tâche immense à accomplir, capables de souffrir parce qu'elles se sentent seules et incomprises ? Et jugées ?

Vous avez déjà relevé comment on parle de l'orgasme féminin ? Puissant, mystique, … Il parait que les hommes nous l'envient, il parait que les artistes (masculins) n'arrivent pas à le représenter. Mais parle-t-on souvent du travail sur elles-mêmes que doivent parcourir de nombreuses femmes pour l'atteindre ? Comment leurs apprend-t-on le lâcher prise ? La conscience d'elle-même ? En jugeant les femmes qui ne le connaissent pas, en leurs appliquants le terme de "frigides" en leurs faisant bien comprendre qu'elles, qui étaient déjà moins qu'un homme, sont aussi moins qu'une femme ?

Je me dis souvent que si les femmes étaient réellement considérées comme des êtres humains à part entière, des êtres capables de se réaliser eux-mêmes, sans ne faire que suivre leurs instincts et leurs prédispositions, on arrêterait de les idolâtrer comme s'il s'agissait de dieux. On les apprécierait pour tout le travail qu'elles effectuent, tous les jours, pour devenir ce qu'elles sont. Une femme qui rend un enfant heureux ? C'est l'instinct maternelle. Une femme qui réussit en affaire ? C'est l'intuition féminine. Une femme qui comprend le monde mieux que personne ? C'est sa nature sensible.

J'ai lu aujourd'hui un article très doux et tendre écrit par Lovely-Poppies qui parlait du désir d'enfant. Tout de suite, elle s'est défendue contre la fameuse "horloge biologique". L'horloge biologique, je ne nie pas son existence. Comme pour les hormones, je me dis : pourquoi pas. Mais Lovely-Poppies a évoqué dans son article tout autre chose : l'amour. Oui, car figurez-vous, une femme est capable d'aimer et cet amour peut engendrer des envies. Par exemple : quand j'aime l'Explorateur, je veux faire l'amour avec lui. Et oui, très probablement, j'ai une ribambelle d'hormones qui se mettent en branle à ce moment là, mais le chef d'orchestre de tout ce remue-ménage c'est l'amour. Ne l'oublions pas.

Je vois également que les hommes ne sont pas en reste niveau discrimination. Il y aurait surement tant à dire sur leur compte à eux aussi. Qu'ils m'excusent de ne pas davantage m'étaler sur leurs sujets, je ne voudrais pas faire de cet article une série d'exemples. Je voudrais avant-tout, et parce que c'est le plus important, vous rappeler ce qu'est un être humain.

Un être humain est un être à la fois d'oeuvre et de spiritualité. Il est capable de penser à des choses que ses sens ne perçoivent que s'ils sont reliés à son âme. Il est capable de transformer ce qui l'entoure. De créer. D'apprendre. De se dépasser chaque jour, d'aller droit vers ses aspirations. Alors, non, un être humain n'agit pas seulement parce que ses hormones font ci ou ça, parce que son instinct lui dicte d'aller là ou là, ils le font, c'est certain, mais un être humain a les capacités de croire en des choses plus grandes, des choses qui le dépassent et qu'il ne contient pas nécessairement. Et de ce fait, un être humain a des besoins propres à sa nature. Besoin de contact. Besoin d'échange. Besoin de nourriture psychique. Quand on oublie la nature humaine des hommes et des femmes, on ne les respecte plus, on ne respecte plus leurs besoins spécifiques. Et on produit des êtres moins qu'humains. Perdus. Violents. Dévastateurs. Capables à peine de percevoir leurs instincts. Des êtres défectueux.


Respecter la nature humaine d'une femme, d'un homme, d'un enfant, c'est aussi ça la bienveillance.

Et croyez-moi ou pas, un esprit bienveillant ça ressemble à ça : c'est puissant et léger.

14 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Fourni par Blogger.
LeftContent Ends
Footer Starts Footer Ends
'It is your responsibility to notify your visitors about cookies used on your blog. See http://www.blogger.com/go/cookiechoices for more details.'