Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

lundi, octobre 05, 2015

Etre propre


C'est un article que l'Explorateur me propose depuis quelques temps. La propreté. Des bébés, je dis bien. C'est un article que je ne voulais pas écrire parce que… je crois que je n'ai rien à en dire. C'est quelque chose que je n'ai pas encore bien compris. D'un côté j'entends dire que les sphincters des enfants ne sont pas matures avant, environ, leurs 18 mois - et de l'autre côté je me suis bien intéressée à la méthode Hygiène Naturelle Infantile, où les parents ne mettent pas de couches à leurs enfants, et ce, dès leur naissance. Mais qu'est-ce que la propreté, après tout ? C'est quand l'enfant ne veut plus faire sur lui ? C'est quand il arrive à se retenir le temps qu'on l'emmène aux toilettes ? C'est quand il peut se retenir une heure ? Deux heures ? C'est quand il va aux toilettes tout seul ? C'est quand il s'essuie et tire la chasse d'eau seul ? C'est quand il n'y a plus jamais de fuite ?

Vous le voyez où, vous, le bout du chemin de la propreté ?

Cette histoire de propreté me fait un peu penser aux enfants qui font leur nuit. La petite loutre a fait ses nuits à un mois. Mais à neuf mois elle a recommencé à se réveiller pour téter. Et maintenant, à presque deux ans, elle se réveille encore la nuit, ne se rendort pas toujours très bien sans un petit bisou, et vient dormir au petit matin dans le lit de ses parents. Moi, quand je me réveille pour boire une gorgée d'eau ou pour me rendre aux toilettes, ou pour faire un bisou à l'Explorateur, je n'aimerais pas entendre mes parents dire : "Oh… Céline ! A 25 ans, elle ne faisait toujours pas ses nuits !"

A un moment, lui mettre des couches, ça m'a bien barbée. Alors je disais, innocemment : "Ma petite loutre, tu veux qu'on te mette une couche ?" et si l'adorable ne venait pas, elle restait sans. Mais elle n'était pas propre, looooin de là. Enfin, c'était l'été, il faisait beau, il me semblait qu'essuyer un petit pissou avec une éponge et changer un short étaient toujours plus rapides que d'attraper ma fille, la montée sur sa table à langer, me rendre compte que je n'avais pas de couche de prête, prier ma fille de ne pas tomber de sa table à langer, aller jusqu'au tancarville pour en attraper une rapido, changer la loutre après l'avoir nettoyée, attacher la couche, la rhabiller…

Très vite, les pipis les cacas et tout ça, c'est devenu sa responsabilité. C'était elle qui venait me trouver pour me dire : "Oh non ! Maman ! Là, caca…" Alors je me rendais compte, qu'effectivement, ça sentait un peu le caca dans la maison, et que, quand je la suivais jusqu'au lieu du drame, je trouvais un beau petit caca tout entouré de papier toilette parce que l'adorable avait essayé de le mettre dans les toilettes comme je le faisais. Sinon, elle avait aussi trouvé la technique Jedi qui consistait à appeler notre chien pour lui demander de tout faire disparaitre. Pratique ! Plus besoin de maman, la loutre gère la situation !

Et puis, une nuit, l'Explorateur a compris pourquoi notre adorable petite fille se réveillait en pleurant tous les jours et ne voulait pas se recoucher. Elle ne voulait pas faire pipi dans son lit, même si elle avait une couche. Il l'a mise sur un pot, elle a fait ce qu'elle avait à faire, et s'est rendormie. C'était super génial et à la fois méga nul. Super génial parce que, c'est bon, on avait une fille propre — nul parce que voilà, fallait se lever toutes les nuits pour elle. J'ai vite viré le verre de lait avant de se coucher, et là, c'était beaucoup mieux.

Partant du principe que notre fille était propre, nous lui avons acheté un réducteur de toilettes et un marche pied. Pendant une petite après-midi, j'ai vu ma fille installer le réducteur, le marche-pied, à la bonne place, s'installer aux toilettes, faire trois gouttes, s'essuyer, tirer la chasse d'eau, tout désinstaller dans le salon et… recommencer.

On ne pouvait pas faire plus simple.

J'ai du mal à comprendre les enfants qui préfèrent garder leurs couches. C'est lourd, parfois ça donne des irritations, ça gène toujours un peu lorsqu'on veut escalader des trucs, c'est assez inesthétique, ça fait bébé, il faut toujours être aidé pour les mettre, les enlever… Peut-être qu'aller aux toilettes ne leur plait pas. C'est vrai qu'ils ne sont pas toujours top, les toilettes. Bien souvent, je suis obligée de convaincre la petite loutre de faire dans des WC qui sentent un peu trop le pipi, où du papier se promène dans les coins et où la chasse d'eau éclabousse le sol tout autour. Je lui ai appris à bien nettoyer la lunette avant de s'installer, ça l'a un peu rassurée. Mais bon, à la maison il y a pleins de choses top à faire aux toilettes. On peut dérouler du papier à l'infini, le découper en tout petits bouts jusqu'à découvrir l'atome, on peut tirer la chasse d'eau et voir les bulles que ça fait dans la cuvette, on peut aussi tranquillement lire un livre ou écouter de la musique. Et après, il faut toujours se laver les mains ! C'est-y pas extra, ça, pouvoir se LAVER LES MAINS PLUSIEURS FOIS PAR JOUR ? Je sais pas pour vous, mais la petite loutre adore.

Sérieux : la propreté, c'est cool ! Ne leurs faisons pas croire le contraire !

J'ai lu des choses assez étranges sur la propreté. L'enfant ne voudrait pas devenir propre car c'est une manière pour lui de rester maître de ces parents. Alors là… Hum… Je ne suis pas psychanalyste mais si quelqu'un amorce une relation de dominant/dominé avec son enfant, je pense qu'il a d'autres questions plus urgentes à se poser que la propreté.

N'oublions pas que l'apprentissage de la propreté est davantage une histoire d'enfants que de parents. Ya pas de méthodes pour devenir propre, on nait propre parce que les humains sont comme ça. Ils ne font pas pipi et caca en marchant, n'importe où, sans s'en rendre compte. Ils choisissent où ils font et avec quoi ils se nettoient ensuite. C'est à l'enfant de révéler sa nature, propre, mais certainement pas au parent de lui dire quand le faire et comment. Il peut lui montrer l'exemple, aller aux toilettes avec lui (la petite loutre a-do-rait aller aux toilettes avec moi :-( Il n'y a que depuis quelques jours que je lui dis d'attendre son tour). Le parent peut aussi, je crois, lui montrer comment s'essuyer, comment se laver les mains ensuite, comment fermer la porte, comment installer la lunette… enfin, tous ces petits détails techniques. Mais ensuite, ce qui se passe au niveau du périnée et tout autour, qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse ?!

J'essayais bien, moi aussi, de dire à ma fille : détend-toi, relâche la pression, sois patiente, tu vas voir, ça va venir… Peut-être que ça l'a aidée (peut-être ?) mais je ne pouvais certainement pas lui montrer ce que MOI je faisais pour faire pipi, tout se passant à l'intérieur.

12 commentaires:

  1. Il est extra ton article ! Je ne sais pas ce que Cosminou me réserve comme innovations dans ce domaine mais j'aime beaucoup ta façon de voir les choses :) Je te sélectionne ! bises.

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    1. Une chose est certaine : la propreté ne représente pas la même chose pour nous que pour les enfants. On est bien souvent surpris par les réactions qu'ils peuvent avoir face à ça !

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  2. J'aime bien ta philosophie. Je ne sais pas si je serai aussi cool (surtout que ça ne me dérange pas trop, les couches) mais on va essayer ! L'épisode du chien m'a quand même fait un peu froncer le nez, et rire en même temps :)

    Merci en tout cas pour cet article en faveur d'un apprentissage de la propreté détendu, je l'ai partagé sur le fb de Dans Ma Tribu :)

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    1. Merci pour le partage ! C'est vraiment sympa ! J'espère que ça plaira aux lecteurs de Ta Tribut… Ca me met la pression oO !

      Oui, le coup du chien… ça m'a aussi fait bizarre. Je ne savais pas trop comment réagir. Enfin, maintenant tout ces petits épisodes sont terminés puisque la petite loutre fait les choses normalement, comme tout le monde. Ouf !

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    2. Ben il a eu pas mal de petits j'aime, alors je suis plutôt contente de mon choix :) C'est souvent le cas, d'ailleurs, quand je partage des articles qui m'ont plu. J'attends qu'Hellocoton me propose de rejoindre leur équipe de sélection :p

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    3. Ah super ! Merci !
      Je pense souvent à faire une chronique qui présente des articles qui m'ont marqué, un peu comme HC le fait. Dans les blogs, il y a tellement de chose qui méritent d'être lues … ! On pourrait en faire des compilations et imprimer des livres d'excellentes qualité. Mais ces bons articles sont tous voués à se perdre dans la multitude des pages internet… Quel gâchis !

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  3. A la crèche de ma fille, j'ai découvert leurs méthodes pour accompagner l'enfant dans le passage à la culotte. Déjà, l'idée de ne pas utiliser la notion de propreté m'a intinterpelléerpellé, car en effet, cela implique qu'avant, l'enfant est sale. Et puis proposer le pot ou des toilettes adaptées à leur taille, les guider dans leur autonomie et la notion d'intimité, que d'éléments pour que l'enfant soit serein dans l'apprentissage de son corps...!

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  4. Bonjour Laetitia, merci pour ton commentaire !
    Je ne sais pas trop ce qu'est devenu ton message… Mais je te réponds quand même ! Si tu veux que je le re-publie (si tu ne l'as pas volontairement effacé), n'hésite pas à me le demander.
    Je pense que dans la crèche de ta fille, ils ont une super démarche. Déjà, ne pas parler de la propreté en ces termes, je n'y avais pas pensé, mais c'est vraiment très intéressant. N'oublions pas qu'un apprentissage ne va jamais seul. Qui dit propreté (bon, je l'utilise encore, je ne sais pas comment dire autrement), dit aussi exprimer un besoin, se déshabiller, comprendre comment fonctionne son corps, etc. Ca fait beaucoup finalement, ne négligeons pas tous les efforts de nos petits pour y arriver !

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    1. (En effet, j'ai été surprise de voir mon commentaire disparaître, tu peux le remettre si tu en as la possibilité!)
      Tout à fait d'accord, ça fait partie d'un apprentissage global, tout en nous mettant face à notre propre notion de pudeur, intimité, "propreté"... Sujet vaste et intéressant que nos enfants :)

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  5. A la crèche de ma fille, j'ai découvert leurs méthodes pour accompagner l'enfant dans le passage à la culotte. Déjà, l'idée de ne pas utiliser la notion de propreté m'a interpelée, car en effet, cela implique qu'avant, l'enfant est sale. Et puis proposer le pot ou des toilettes adaptées à leur taille, les guider dans leur autonomie et la notion d'intimité, que d'éléments pour que l'enfant soit serein dans l'apprentissage de son corps...!

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  6. Très appétissant tout ça hahaha non sérieusement cest quand même super instructif mine de rien. Je ne m'étais encore jamais posée la question... sûrement parce que je ne suis pas encore maman. Cet article me sera sûrement utile plus tard ;-)

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    1. Peut-être… peut-être pas… ! Tes enfants seront peut-être tellement différents de ma petite loutre que cet article ne voudra plus rien dire pour toi si tu le relisais. :-)
      Merci pour ce petit commentaire Mlle Thea, à bientôt !

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A bientôt !
Céline.

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