Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

mercredi, décembre 03, 2014

J'ai testé pour vous : Refuser la péridurale !

Cinq personnes ont participé à mon sondage et les analyses sont formelles : l'article que vous avez choisi est celui qui traite de la péridurale.

Avant de parler personnellement de cette question très personnelle, je tiens à préciser que la grossesse de la petite loutre a été exemplaire. Pas la moindre douleur, une prise de poids plus que contrôlée, la patate jusqu'au jour J, une petite bulle tournée comme il se doit… Le rêve, quoi ! Donc, niveau accouchement et tralala j'avais entièrement le choix ! Ce choix n'existe pas forcément pour toutes les grossesses, j'en suis pleinement consciente, et je ne désire pas par cet article réveiller les foules.

La douleur de l'accouchement ne m'avait jamais effrayée. Je craignais les déchirures, la césarienne et la souffrance fœtale mais la douleur, pas du tout. Je voyais bien dans les films les femmes crier lorsqu'elles accouchaient, les cours de préparation à la naissance nous préparait à comprendre ces douleurs, et pourtant je n'y croyais pas vraiment. Un utérus qui se contracte, je vois bien, quand je fais du sport, j'ai mal, mais ce n'est pas une douleur inquiétante, ce n'est pas une souffrance, alors je peux l'accepter. Voici ce que je me disais. Alors le RDV d'information sur la péridurale, je l'ai un peu oublié. L'anesthésiste qui me demande si j'ai des questions, je lui dis "Pas vraiment, non." Finalement, la péridurale, je ne savais pas trop ce que c'était. Heureusement qu'il y a eu les cours pour la préparation à la naissance ou une gentille sage-femme nous a tout expliqué, ou presque. Voici ce que j'ai retenu.

La péridurale c'est une aiguille et un tuyau qu'on te place dans le bas du dos, c'est un anesthésiste qui le fait, par lesquels passent l'anesthésique. Voyez un peu les termes choisis, je suis un pro ! Hem… hem… Voilà voilà. Après ça, la femme est sou-la-gée. Alors il peut arriver qu'elle tremble de partout, c'est le contre-coup. Il peut arriver qu'elle ne sente plus ses jambes. Il peut arriver que le bébé mette plus de temps à sortir. Il peut arriver que la femme ne sache plus pousser. Il peut arriver qu'on ait besoin d'en remettre un coup (d'où la présence du petit tuyau qui reste en place). En fait, j'ai bien retenu qu'il pouvait arriver pleins de trucs pas forcément agréables. Finalement côté douleur ? Bah… Il peut arriver qu'il n'y ait qu'un côté anesthésié, ou que ça soit tellement endormi qu'on sente plus rien. La péridurale n'est pas dosée par la femme elle-même dans toutes les maternités. Là où j'ai accouché, c'est l'anesthésiste qui dose. C'est une femme ou un gars qui vous connait très bien parce qu'il ne vous a jamais vue. Donc, il dose au pif, je crois. Mais avec beaucoup d'humanité.

Ce que je ne savais pas, et heureusement que je ne l'ai pas découvert au cours de mon accouchement, sinon j'aurais paniqué : ils font sortir le papa pour la pose de la péridurale. Ah au secours ! Mon gardien ! Mon halo de courage ! Comment je fais pour surveiller ce qui se passe dans mon dos sans lui ??? Je n'aurai pas supporté ça. Sans lui, je n'aurais pas eu la force d'accoucher. Bon, j'aurais pas eu de bébé non plus…

En vrai : la péridurale me faisait peur. Bien plus peur que d'avoir mal. La péridurale c'était pour moi faire entrer un médecin là où il était la dernière personne que j'espérais voir. La péridurale c'était pour moi perdre le contrôle de mon corps et, de fil en aiguille, de mon accouchement. La péridurale c'était pour moi un bien, bien aléatoire, pour beaucoup de contraintes. J'ai dit NON ! (Surtout pas ça… par pitié…) Voyez un peu les yeux de la sage-femme.

Car oui, quand on refuse la péri, on est des fin-folles, mais courageusement admirablement… maso. Il paraît.

J'ai bien fait je crois. Dès que je me suis retrouvée seule dans la salle dite de travail avec l'Explorateur mon amoureux la douleur bah… pfft ! Partie ! Bon, je sentais bien les contractions venir, très très fortes mais un, ça ne durait jamais longtemps et deux, la descente (de la contraction) c'était… c'était… ah… comment dire ? C'était… bien. Je ne veux pas en rajouter, c'est trop impudique. J'étais bien en fait. Je me sentais terriblement vivante et puissante. Je n'avais pas peur, je subissais sans souffrance les douleurs, je me sentais un peu comme une reine magnifique persuadée de ne jamais pouvoir perdre une bataille. Et puis, je le savais bien, cette "douleur" que je ressentais n'avait rien de destructeur. Ce n'était pas mon corps qui se scarifiait, rien à voir avec les fois où petite je m'égratignais le genou car dans ce cas là, je suis d'accord, ça me faisait mal.

Petite info technique : la poche des eaux n'était pas percée, il parait que ça rend les sensations plus douces. J'étais très heureuse qu'il en soit ainsi.

La sage-femme me dit qu'il faut que je demande la péridurale maintenant, sinon je ne l'aurai pas pour la fin. L'autre sage-femme que j'aimais beaucoup lui dit qu'elle n'est pas gentille de me dire ça et que ce n'est pas vrai. Moi je planais. Je n'écoutais pas.

"Je vois la tête maintenant ! Allez-y, votre bébé n'est pas bien là !"
Après, ça s'est gâté. Le service de la sage-femme qui s'occupait de moi prenait fin dans 30 min, je lui avais déjà refusé plusieurs fois de percer cette fabuleuse poche et puis je voulais pousser. Elle me disait que je n'étais pas tout à fait prête et, un peu fatiguée peut-être, je l'ai crue. Je l'ai laissé me percer la poche des eaux. La petite bulle est sortie trop vite. J'ai souffert. J'ai souffert parce que j'ai été déchirée. Fin de l'histoire. Et la sage-femme n'a même pas pu sortir à l'heure !

Au final je garde un très bon souvenir de cet accouchement. Sauf les 15 dernières minutes où je me suis arrêtée d'accoucher et j'ai laissé faire la sage-femme. Mon corps a alors réagi très violemment et je me suis blessée.

Je n'ai pas refusé la péridurale en connaissance de cause. Je l'ai refusé car on m'a permis de la refuser, que rien n'empêchait mon accouchement dit "naturel". Je reste persuadée que ce refus était tout à fait en accord avec ma personnalité, mon seuil de douleur et mes capacités mentales et physiques. Je ne pense pas que toutes les femmes devraient essayer de la refuser, à quoi bon essayer d'avoir mal ? La péridurale est un soulagement qu'il ne faut pas négliger. Cependant, à celles qui se disent qu'elles aimeraient faire sans, qu'elles aimeraient découvrir ces sensations, qu'elles voudraient apprendre à ce connaitre via cette expérience sans risque et très naturelle, à celles qui comme moi ne veulent pas laisser faire les autres et sont persuadées qu'on accouche toujours mieux par soi-même, à toutes celles-ci je conseille de refuser la péridurale. Je ne crois pas qu'elles sont maso car elles n'apprécient pas ici la douleur causée par quelque chose d'extérieur, je pense qu'elles font simplement confiance à leur corps.

[Autre chose : dans un cas général, n'espérez pas que les sage-femmes soient là pour vous aider lors de votre accouchement (comme pour l'allaitement). Elles sont là pour faire sortir un bébé vivant, c'est tout.  Pour accoucher, la plupart n'en savent pas plus que vous. Je dis bien la plupart car lors de mon parcours j'ai rencontré des sages-femmes formidables. Mais elles ne travaillent pas tous les jours (heureusement pour elles) et leurs consoeurs ne se sont pas toutes aussi bien formées. C'est un peu la loterie.]

PS : dès à présent, vous pouvez survoler avec votre souris les images des mes articles, un message devrait apparaitre !

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Avez-vous également refusé la péridurale ? Comptez-vous le faire ?
Comment cela s'est-il passé ?
Quelles sont les raisons qui ont guidé votre choix ?

2 commentaires:

  1. Je voulais accoucher sans péri, j'ai eu une césa pour la 1ère... (siège). Je voulais encore accoucher sans péri, on m'a dit "utérus cicatriciel, pas possible", résultat, l'accouchement a été super rapide et j'ai fait tout le travail avant d'avoir les effets de la péri. La péri a fait effet pour la poussée, j'ai donc poussé n'importe comment... alors pour la 3ème, je compte bien faire sans ! ;-) Merci pour cet article encourageant.

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    1. Comme ton expérience le montre bien, malheureusement la femme n'est pas seule dans la décision : le personne médical et l'enfant dans son ventre ont également leur mot à dire.

      Je suis en tout cas ravie que mon article a su t'encourager dans ton choix.

      Merci pour ce commentaire !

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A bientôt !
Céline.

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